‹ Dictionnaire des locutions vicieuses du Canada avec leur correction [microforme]Chapitre 53 sur 110 · V. A, AN · texte numérisé non relu

V. A, AN

Anpauvrir,

Corr. de appauvrir. v.

a. Rendre pauvre.

Août.

L'usage veut qu'on ne prononce pas la première et la dernière lettre de ce mot. Donc, il faut prononcer ou, et non a-ou.

11 me semble entendre miauler des chats, disait M. de Belièvre, lorsqu'on prononce autour de moi ‘‘ la mi-a-oû,' pour la mi-oû *’ (mi-Août).

Il y a cent ans, dit Féraud (Dict. crit.), que l’a a disparu de la prononciation d'août, et il tient toujours bon dans l’orthographe !

. Rem. — Il y a ici une grande contradiction. On prononce ou, dans Août, tandis qu'on doit prononcer a-ow dans les dérivés aoûter, aoûteron, aoûtement.

Pareillement, on prononce krist dans Christ et kri dans les dérivés Jésus-Christ, antéchrist. Voilà bien carrément deux poids et deux mesures, blanc et noir, oui et non tout à la fois ! Quelle belle leçon de logique pour les enfants de nos écoles! Et l’on s'étonne après cela d'entendre le peuple parler mal? Soyons justes : Ce n’est pas ici le peuple qu’il faudrait corriger, mais l'orthographe qui veut se donner des airs, et qui, n'étant au fond que l'écorce de notre langue, voudrait cependant se faire passer pour l'amande. Elle badigeonne tellement ses tableaux que parfois il n’y a plus moyen de les reconnaitre. Sous

prétexte de nous conserver par ci, par là, quelques lambeaux étymologiques, elle nous engendre, par contre, toute une légion de locutions vicieuses dont le présent Dictionnaire n’est qu’un faible témoin, sans compter les contresens et les et aœætera qu’elle nous fait faire.

Au risque de déplaire et méme de scandaliser nos vénérables étymologistes nous écris vons ici bien cordialement et d’une main très ferme: L'orthographe est la plus grande ennemie d'une langue !....., ‘ Oui ! oui ! oui ! faut-il donc cent [fois vous le redire.

Aparcevoir, aparç'oir.

Corr, de apercevoir. v.a.

On s'n aparçoit

est une phrase ridicule ;

ça saute aux yeux

On s’en aperçoit.

Nous allions oublier :

À! s'n est pas aparçue D s'n est pas aparçu

pour :

Elle ne s'en est pas aperçue Ti ne s'en est pas aperçu.

...a8né! isné! onsné!...,,

Ceci doit ressembler un peu à certains sons de quelque langue savante !

A part.

Cette locution se met

quelquefois au commencement de la phrase, et alors elle signifie : Æxceplé.

A part sa vivacité, on ne

peut qu'être satisfait de son caractère. (Acad.)

Nous, nous disons :

À part de sa vivacité. ....…..

Comme nous disons :

A part de ça, c'est un bon garçon.

Quelques -uns, amoureux de de, disent :

A part de d'ça!

Cette dernière faute est plus particulière à la classe ignorante, mais la première remonte plus haut. V. DE,

*Apénouyir, apinouyir.

ml RS “ST, ts

me © +

Corr. de l’angl. Happy new year (Bonne année).

On va féter l'apénouyir, l'a- Pinouyir.

Qui vous empêche de dire :

On va fêter le nouvel an, la nouvelle année ?

A pic.

Loc. adv. qui signifie Perpendiculairement.

Cette montagne tombe à pic, est à pic. (Acad.)

Le Canadien,employant une figure hardie comme lui, attache une autre signification à cette locution :

Une personne & pi, c'est une personne Aaulaine, susceptible, irrascible, colère, raide, fière, dédaigneuse, etc.

20, Ne dites pas :

l'omber d'à pic nais :

Tomber à pic.

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