SCÈNE I
THÉOPHILE, Seul
TnÉorniLE. Hélas! hélas! Pien, roi de gloire, je vous ai eu toujours si présent à Pespril, que j'ai tout donné, dissipé, partagé entre les pauvres, el qu'il ne me reste rien de la valeur même d'un sac. L'évêque m'a liien dit échec, il m'a »in(<? dans un coin, et m'a laissé tout nu sans avoir. Or il me faut mourir de faim, si je n'envoie ma robe en échange d'un pain. Et mes gens que feront-ils ? Je ne sais si Dieu les nourrira. Pieu! oui! qu'en a-t il affaire? H me faillies mener en un autre lieu, car Pieu me fait la sourde oreille, il se soucie bien de mes ennuis. Mais je lui lerai la moue à mon tour. Honni soit qui se loue de lui ! II n'est rien que je ne fasse pour redevenir riche et je me moque bien de Pieu et de ses menaces. Irai-jcme noyer ou me pendre? Je ne puis m'en pren Ire à Pieu, car on ne peut arriver jusqu'à lui. Ah! celui qui, maintenant, pourrait le tenir et le bien battre en retour, aurait certes fait une bonne journée. Mais il s'est mis en si haut lieu, pour éviter sesamis, que ni trait ni lance n'y atteint. Si maintenant je pouvais le disputer, me hallrc et m'escrimer, je lui ferais frissonner la chair. Il est, à cette heure, là-haut dans sa béatitude, et moi, hélas! imbécile, je suis dans les filels de la pauvreté et île la souffrance. Voici bien mon illusion poétique brisée, on peut dire que je n'étais qu'un sot, et ce sera le mol de tout le monde, Je n'oserai voir personne ni me montrer au public, car l'on me montrerait au doigt. Mais que fane? Je ne sais. Certes, Pieu m'a servi-la un bon plat de son métier.