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qu'el.o est nombreuse. Mais quelque risque qu'il puisse y avoir à se déclarer contre ces opôtres «le la tolérance, les plus intolérants des hommes dès qu'on se refuse à leurs opinions, nous remplirons le ministère qui nous est confié, avec l'ntrépidité que donnent la défense de la vérité ot l'amour du bien public...
« Non, il ne nous est plus permis de garder le silence sur ce déloge d'écrits que l'irréligion et le mépris des lois ont répandus depuis quelques années L'impiété féconde les esprits, elle fait lever chaque jour des semences nouvelles non moins pernicieuses que les premières et lo ijours répandues avec la même impunité. Elle dédaigne déjà la précaution de s'envelopper sous des voih-s ; ses blasphèmes éclatent, les dépôts d'irréligion sont dans toutes les mains , on les met à plus haut prix pour exciter la curiosité et leur donner plus d'importance el plus d'altrait. Les femmes elles-mêmes s'initient à ces connaissances d'impiété ou de scepticisme ; et négligeant les devoirs qui leur sont propres et qu'elles seules peuvent remplir, elles passent une vie oisive dans la méditation de ces ouvrages scandaleux.
« A peine sont-ils devenus publics dans la capitale, qu'ils se répandent comme un torrent dans les provinces et dévastent tout sur leur passage. Il est peu d'asiles qui .soient exempts de la contagion ; elle a pénétré dans les ateliers et jusque sous les chaumières.: bientôt plus de loi, plus de religion et plus d<? inœurs: l'innocence primitive s'est altérée, le souffle brûlant de l'impiété a desséché lésâmes et a consumé la vertu. Le peuple était pauvre, mais consolé; il est maintenant accablé de ses travaux et de ses doutes. H anticipait par l'espérance sur une vie meilleure, il est surchargé des peines de son état et ne voit plus de terme à sa misère que la mort et l'anéantissement...
« S'il n'était que des esprits nés droits et bons, incapables d'être séduits par les sophismes, nous aurions peut-être gardé le
silence sur des écrits aussi monstrueux
Mais les esprits qui ont leur sauvegarde en eux-mêmes sont trop rares, les passions dont la plupart des hommes sont le jouet, leur ignorance ou leur faiblesse, l'indépendance même qu'on a voulu leur inspirer et à laquelle ils ne sont que trop enclins, tout les entraînerait en foule dans l'abîme caché dont l'impiété leur aplanit la pente.
« Dans la situation actuelle, une sévérité salutaire peut seule remédier à la témérité des auteurs, à la frénésie d'une secte dangereuse, à l'avidité même des imprimeurs et à la fermentation qui se renouvelle sans cesse dans les esprits... Quelques menaces que puisse faire l'impiété, elle ne trouvera qu'un ennemi redoutable et vigilant dans le corps dépositaire des lois. Rien ne pourra suspendre le cours de la
justice. Le poison ues nouveautés profanes ne peut corrompre la sainte gravité de mœurs qui caractérise les vrais magistrats. Tout peut changer autour d'eux, ils restent immuables avec la loi. »
Dans ces réquisitoires, comme le dit de Querlon en rendant conque de celui de Séguier [729), « on reconnaît le caractère des magistrats publics chargés de la cen- >uie des mœurs, obligés conséquemment par état d'avoir sans cesse les yeux ouverts sur tout ce qui pourrait les corrompre et troubler l'ordre civil. Ils ne peuvent donc rien dissimuler. Il faut qu'ils éclatent, qu'ils tonnent, qu'ils dénoncent avec courage, avec force, sans aucun de ces ménagements inconnus dans les tribunaux de justice, et que l'intérêt public ne comporte point tous les abus, tous les excès qu'il importe de réprimer. »
L'arrêt intervenu sur le réquisitoire de Séguier en a aussi suivi les conclusions sur k nécessité » de prendre les mesures les plus efficaces pour airêter la contagion, déconcerter les progrès de cette fausse et allière philosophie qui ne veut s'empare.1 des esprits que pour les mouvoir à son gré, qui ne cherche h les instruire que pour les égarer, et qui ne réclame la liberté do I enser que [tour s'affranchir de toule dépendance civile et politique.»
Ces vices de l'incrédulité sont bien exposés et combattus dans l'instruction pastorale que le clergé de Fiance, assemblé à Paris en 1770, a donnée sous le titre (T Avertissement aux fidèles du royaume.
Un peu de ph tosophie, dit Bacon, peut éloigner de Dieu, mais une connaissance approfondie ramène à la religion. Les incrédules ne sont donc que de faux philosophes, puisqu'ils sont discordants entre eux sur la nature de Dieu, de l'âme humaine et du monde. Il n'est pas d'artisan chrétien, qui, sur ces objets ne soit meilleur philosophe qu'eux, puisqu'il connaît Dieu et qu'il peut le faire connaître aux autres. Deum quilibet opijex Chrislianus et invenit et oslendit. (Tertul. , Apolog. ,c. 46.)
Arrêt du parlement, d'il 22 avril 1761.
« Ce jour, les gens du roi sont entrés, et M' Orner Joly de Fleury, avocat dudit seigneur roi, portant la parole, ont dit :
« Que M' Etienne-Adrien Dains, bâtonnier des avocats, demanJait d'être entendu.
« Lui mandé et entré avec plusieurs anciens avocats, ayant passé au banc du barreau, du côté du greffe, a dit: