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rigoureuse, étaient récompenses.
« Pharles VI étant mort en 1422, le dauphin, sun GJs, qu'on nomma Charles VII, conquit avec autant de bonlieur que de courage les Etals que son père et la mauvaise intelligence des princes du sang avaient laissé prendre aux Anglais. Il força ces derniers h se retirer du royaume, et revint à Taris, vainqueur de tous ses ennemis, où il fut reçu avec des acclamations universelles (833).
« La paix qui suivit des exploits si glorieux donna les moyens de réprimer les abus qui s'étaient introduits pendant les troubies passés. Ceux des théâtres ne turent pas mis au dernier rang. Le parlement, en accordant aux clercs de la Bazoche la permission de continuer les jeux de farces et de sottises , leur enjoignit d'en retrancher !es termes contraires à la pureté des mœurs, et tout ce qui pouvait offenser ou préjudicier à la réputation de qui que ce fût. Ces défenses n'ayant pas été observées aussi exactement qu'elles auraient dû l'être, on les renouvela, et on y ajouta qu'à l'avenir les Bazochiens ne représenteraient leurs pièces qu'après en avoir obtenu l'ordre du parlement.
a En 144-2, les clercs de la Bazoche ayant représenté leurs jeux malgré la défense qui leur en avait été faite, le parlement, pour punir celte désobéissance, rendit un arrêt le 14 août de la même année, qui condamna les acteurs à quelques jours de prison, au pain et à l'eau.
e Le 12 mai 1473. le parlement en pro-
(835) Alain Cliarlier, dans son llislcire de Charles VII, p. 11)9, dit (parlant de l'entrée de ce roi à Paris en l'année 1437) que i loin an long de la grande rue S. Denis, auprès d'un jet de pierre l'un de l'autre, éloieni fails eschaffàullz bien ei richement tendez, où esioient faicts par personnages l'Annonciation Nosire-Dame, la Nativité Nostrè-Seigneur, sa Résurrection, et Pentecbste, et le Jugement qui séoil nés-bien : car il se jnïioii devant le Chastelet, où est la justice du roy, et emmy (a) la ville avoil plusieurs jeux de divers mystères, qui seroient trop longs à racompter; et là venoient gens de tomes parts criants Noël, et les autres pleuroienl de joye. >
(854) i La Cour, pour certaines causes à cela mouvans, a deffendu et deiïend à ions clercs et serviteurs, tant du Palais que du Chasielet de Paris, de quelque eslat qu'ils soient, que doresnavant ils ne jouent publiquement audict Palais ou Chasielet, ni ailleurs en lieux publics, farces, solies, moralités, ne autres jeux à convocation de peuple, sur peine de bannissement de ce royaume, et de confiscation de tous leurs biens; et qu'ils ne demandent congié de ce faire a laditte Cour, ne autres; sur peine d'eslre privez à tousjours. tant dudict Palais, que rludict Chastelet. Faict en Parlement le 15 niay 1476. i
(855) i Du samedy 19 juillet 1447. Vu au Conseil, en la. Grand'Chambre, les Chambres assemblées, vue par la Cour la requeste baillée à icelle par les clercs des présidens et conseillers de ladicle Cour, c: aussi les avocats et procureurs d'icelle, la Cour a défendu et défend à Jehan l'Esveillé, soy disant roy delà Bazoche, Martin llous-,y, Theodarl de Coainan-
'a] Emnij-, au milieu.
nonça un autre, dont Je motif était tout contraire , puisqu'il ordonnait à la Bazoche l'exécution de ses jeux, et à ne se départir de cet usage, que par une permission ex^ presse de la cour.
<■ Nous ignorons les causes qui firent interdire à la Bazoche la continualion de son spectacle, mais nous trouvons un arrêt du parlement en date du 15 mai 1476, qui défend à tous clercs, tant du Palais que du Châtelet, non-seulement de représenter des jeux de farces, sottises et moralités , mais même d'en demander la permission (834).
Jean l'Eveillé, roi de la Bazoche, ne laissa pas l'année suivanle de demander celte permission au parlement, qui, par son arrêt du 19 juillet 1477, réitéra les défenses, sous peine, aux conlrevenants, d'être battus de verges par les carrefours de Paris, et bannis du royaume (835). Cette suspension du spectacle de la Bazoche s'étendit jusqu'à la fin du règne de Charles VIII, qui mourut en
■< fouis XII, qui lui succéda et qui fut nommé à si juste titre le l'ère du peuple, rétablit tous les théâtres el les libertés dont ils avaient joui avant les règnes des rois Louis XI et Charles VIII, el, pur une raison particulière, il permit aux poètes de reprendre dans leurs pièces les vices el les défauls de toutes les personnes de son royaume, sans aucune exception (83GJ. Les Bazochiens ne furent pas les derniers à éprouver les bontés de Louis XII; enlre autres grâces qu'il leur fit, il leur accorda la permission de dresser leur théâtre (toutes les fois qu'ils joueraient) sur la table de marbre (837) qui
pian, et autres ayans personnages, de jouer farces, moralités ou solises au Palais de céans, ne ailleurs, jnsipies par ladiele dur en soit ordonné, sur peine d'eslre battus de verges par les carrefours de Paris, el de bannissement de te royaume. A aussi dellendu et deiïend audict l'Esveillé, soy disant roy de la Bazoche, et Martin Iloussy, à leurs personnes, qu'ils ne soient si hardis de jouer farces, moralités, publiquement au Palais, ne ailleurs, sur peine d'eslre hatius de verges par les carrefours de Paris, et bannissement de ce royaume. >
(8">6) s Le bon roy Louis XII, se plaigninl que de son tems personne ne luy vouloil dire la vérité, ce qui éloil cause qu'il ne pouvoil sçavoir comme son royaume esioii gouverna El pour que la vérité put parvenir jusqu'il luy, il permit les théâtres libres, et voulut que sur iceux on joûast librement les abus qui se commelloienl, tant en sa cour connue en son royaume; pensant par-là apprendre et sçavoir beaucoup de choses, lesquelles autrement il luy csloit impossible d'entendre. » (Guillaume Bouchet, treizième série , pag. 18 el 19 de l'édition in 8° imprimée à Rouen chez Louis Laudel en 1655.)
(837) Celle laide de marbre que Louis XII prêta aux clercs de la Bazoche, avait été construite et posée dans la grande salle du Palais pour un usage bien différent, puisqu'elle servait aux feslins somptueux que les lois de France donnaient aux empereurs el rois étrangers. Sauvai parle de celle table de marbre dans les lermes suivants : c Autrefois dans la grande salle du Palais, qui fut consumée en 1618, il eloil dressé une lable qui en occupoU près que toute la largeur, et qui de plus porloit tant de
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