BOR
et les représentations de la Bazoclie ; nous i.ous contenterons de parler des plus importants. Le 16 juin 1526, la Cour de parlement ordonna « une somme de 60 livres aux Bâte zoehiens, pour leurs jeux et sottises en fa- « veur du retour de François I" (842). »
« Le soin que prenait le parlement de ne rien laisser passer dans les pièces que jouait la Bazoclie qui pût offenser la réputation et les mœurs, engagea ceux-ci à mettre des masques qui représentaient les traits du visage des personnes qu'on désignait, et quelquefois on ajoutait des écr.ileaux, pour donner le véritable sens à plusieurs discours obscurs répandus dans les farces et qui étaient justement les endroits cynique;. Pour arrêter ces nouveaux abus, le parlement manda le chancelier et les trésoriers et leur tit défense « de faire monstralions de spectacle, « ne écriteaux taxans ou notans quelques « personnes que ce soit, sur peine de prison « et de bannissement (813). »
«L'obéissance que la Bazoclie marqua aux ordres qu'elle avait reçus, fut cause que le parlement, en 1538, lui permit de jouer en la manière accoutumée, avec ordre pour l'avenir de remettre à la cour les manuscrits de leurs pièces quinze jours avant la représentation (383*). L'année 1540 fut très-différente pour les Bazocbiens, puisqu'on leur défendit déjouer leursjeux sous peine de la hart(9kk). Une maladie, qui se répandit à Paris en 1545, et qui y fit beaucoup de progrès, obligea le parlement à refuser aux Bazocbiens la permission de représenter leurs jeux (845). Ce dernier arrêt nous conduit presque au temps où les confrères de la Passion cédèrent leur théâtre de l'hôtel de Bourgogne à une troupe de comédiens... »
BERGER ET DE LA BERGÈRE (Le jeu bu). — Le Jeu du Berger et de la Bergère a été signalé parmi les monuments dramatiques du moyen âge (Cf. Legrano d'Aissy, Fabliaux, contes, fables, etc.; Paris, Renouard, 1829, 5 vol. in-8% 1. 11, p. 203.)
a ordonné et ordonne àlleivi de Haërqnesinon, re eeveor des exploits el amandes d'icelle Cour, bailler el délivrer aux receveurs de la Bazoclie 60 liv. parisis pour les aider à supporter les frais et mises qu'il leur convient taire pour les monstres et jeux qu'ils ont faicts en ce mois de may. i
(84-2) Registre 61 du Parlement.
(813) i Du samedy 20 may 1536. Ce jour, la Cour a mandé les chanceliers el receveurs de la Bazoclie, et le chancelier avec l'un desdicls receveurs venus, leur a fait deffenses de ne jouer à la montre de la Bazoclie prochaine, aucuns jeux, ne l'aire monstration despeclacle, ne escriteaux, laxans ou notans quelque personne que ce soit, sons peine de s'en prendre à eux, et de prison el bannissement perpétuellement du Palais ; et s'il y a quelques-uns qui s'efforcent de faire le contraire, les escriveni, el baillent par escript leurs noms à Iadicle Cour, pour en faire les punitions telles qu'il appartiendra. >
(843") i Du mercredy 23 janvier 1538. Après avoir vu par la Cour le cry ou le jeu présenté à icelle, par les receveurs de la Bazoche, pour jouer jeudy prochain ; Iadicle Cour a permis audicls receveurs iceluy cry ou jeu faire jouer à la table de marbre en la manière accouslumée, ainsi qu'il est à présent ; honnis les choses rayées ; leur a (ail tieffenscs, sous
M. Mommerqué n'y voit qu'une récitation dramatique; M. Acb. Jubinal qu'une pièce du théâtre de famille et de feslins du moyen âge (Cf. OEurr. compl. de Rulebeuf. t. 1", p. 424.)
BOtf PAYEUR {LE).— Le bon payeur et le sergent boiteux et borgne, farce nouuelle a nu personnages, c'est a scauoir :
Lucas, sergent bouett ix et borgne Le bon païelr
Fine myne, femme du sergent , Et le vert galant.
Cette pièce est conservée dans le manuscrit du commencement du xvi' siècle de Ja Bibliothèque impériale, fonds La Vallière, n° 63, attribué sur de faibles preuves à Pierre Tasser ve.
MM. Leroux de Lincy et Francisque Michel en ont publié l'unique édition qui existe encore (Voy. Recueil de Farces).
Le sergent Lucas redemande de l'argent prêté au bon payeur; celui-ci semble peu disposé à s'acquitter :
Lucas le borgne, hélas! lu voyes Que ie me leue el mon ami, Je siivs encore lout endormy, Que je ne seay ou est ma hource.
Ce seroyl chose bien rebonree Que de bailler argent sy malin
Au lieu d'argent, il donne à son créanoior. un avis qui est que sa femme !e trompe. Lucas surprend en effet Anceline Fine, mais celle-ci, mettant la main sur l'œil de Lucas qui est borgne, fait échapper le vert galant.
BORDVORS R1BAVZ (Les h).— Le fabliau des deux Ribauds date du xinc siècle (846).
Il est conservé dans les mss. de la Bibliothèque impériale, u° 1830 Saint-Germain, et n° 7218, sous le titre de laGengleau Bibaul'et la Contregengle.
M. Ach. Jubinal l'a édité dans son Recueil de contes et Fabliaux.
peine de prison, et de punition corporelle , de taire jouer autre chose que ce qui est honnis lesdictes choses rayées. Et pour l'advenir à ce que lesdicis receveurs ou leurs successeurs ne se niellent en liais fruslraloirement, Ladicte Cocr leur a inhibé cl défendu faire faire aulcun cry ou jeu (pie premièrement ils n'ayenl la permission de re faire de ladite Cour ; el à celle fin baillé quinze jours auparavant leur requesle à Iadicle Cour. >
(814) Registre 81 du Parlement.
(843) < Du 11 mars 1313. Ce jour, après avoir vu par la ('ourle jeu présenté à icelle parles receveurs el trésoriers de la Bazoche. cl pour aucunes considérations à cela mouvaiis,jL,A dicte Cour leur a deffendu et inhibé procéder à l'exécution d'iceluy , attendu l'indisposition du teins, el péril des maladies ayant de présent cours : et ce sur peine de s\'n prendre à eux, et de punition telle qu'il appartiendra, i
|8i6) Ou peut rapprocher de re poème le Pater nostre au ribaus. (B.'.rbasan, Fabliaux, I. IV, p. 415.) Li (lizdes Ribaus de Grâces de Rulebeuf {OEuvr. convoi: de Rut., par M. Ach. Jub., t. I" p. 2C9V Le l'aier nostre aux guuliardois (Wrigut, W aller Mapes, inlrod., p. xl), el l'excommunication des liibauds (Wright, Auecdota tiueraria; Lond., I84i, in-8', p. d«).