‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1264 sur 1429 · COS · texte numérisé non relu

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l'Hôtel de Bourgogne cherchaient à s'affranchir du droit qu'ils payaient aux maîtres et gouverneurs de la Passion, pour avoir celui de représenter sur leur théâtre. Ces premiers ne voulaient plus dépendre d'une société qui, par succession de temps, était devenue le réceptacle des plus vils artisans, plus méprisables encore par leurs débaurhes tpie par leur profession. Ils se crurent d'autant plus autorisés à taire éclater leurs mécontentements, que le roi (Louis XIII) les avait nommés ses comédiens, et que, conséquemment à celte grâee, ils affichaient dans Paris avec le titre de Troupe royale. C'est pourquoi ils ne balancèrent plus à demander la révocation des privilèges accordas aux confrères, par une requête qu'ils présentèrent au Conseil, que nous allons rapporter en son entier, comme une pièce nécessaire à l'histoire du théâtre :

Remontrances au Roi et à Nosseigneurs de son Conseil, pour l'abrogation de la confruirie de la Passion, en faveur de la troupe royale des comédiens.

« Après un préambule qui contient un éloge de la comédie, ils continuent :

«Ainsi, vos comédiens, Sire, qui, par « leurs bonnes qualités, ont acquis des amis « assez puissants pour leur faciliter l'entrée « de votre cabinet, elassez zélés en leur inté- « rôt, pour les favoriser de leur présence, ils « s'adressent de plein vola Vostre Majesté, « sans aucune autre recommandation ni as- « sislance que leur bon droit, dans lequel « ils ont eslabli l'espérance de leur vic- « toire.

« Leurs prétentions, Sire, à présent, ne « sont autres que celles mêmes qui ont « donné lieu au différend qui se mût, il y a « quelque temps à votre Conseil, entre vos « comédiens et les soy-disans maistres de « la confrairie de la Passion , lors duquel « Vostre Majesté trouva bon d'adjuger à « ceux-là l'Hostcl dit de Bourgogne, pour « trois ans seulement, par provision, etaui « charges portées par l'arrest, attendant la « décision du principal (865), laquelle vos « comédiens poursuivent aujourd'hui ; et

bêles, qu'il n'aroit jamais étudié qu'en la philosophie cynique, qu'il n'étoii sçavant qu'en lu faculté dos bas souhaits; que c'éloil mu: leste creuse, unecouconrde éveillée, vuide de sens, connue une canne, un cerveau démonté, qui n'avoii ni ressort, ni roue dans la lesle, qui se ehangeoit connue une lune; bref, qu'il ëloit si sol, que l'on en pou voit l'aire le Dieu îles Stoïciens, i

(8d-">) Nous u'avuns point de renseignement au sujet du procès dont il esl ici parlé, ei antérieur à la requête que nous rapportons, île irois aimées ; nous trouvons au contraire une confirmation îles privilèges de l.i confrérie île la Passion, donnée au mois de décembre 1614, par le roy Louis XIII, registre au Parlement le 20 janvier IGI3, dans lequel enregistrement il esl dit que < Yen par la Cour les lelii es patentes du roy, signées Louis, et sur le reply, par le K./y, la reine régente sa mère, présente. UE Lovik.niis, ele, par lesquelles, et pour les causes y contenues, ledit seigneur continue, cl confirme tous ci chacun les privilèges, libertés, exemptions, et

« pourcet effet, supplient humblement Vostre « Majesté, en exécutant les ordonnances de » nos rois, vos prédécesseurs, qu'il lui plaise « abroger celle confrairie de la Passion, « comme inutile, préjudiciable et scanda- « leuse à la religion, à l'Etat et au particu- « lier, avec deffenses aux soy-disansconfrè- « resdela continuera peine d'être convain- « eus de leze-majesté, et en conséquence, « ordonner que les biens et revenus de la- « dite confrairie seront unis et incorporés « au domaine des pauvres, ou de l'Hôtel- « Dieu, ou des Petites-Maisons de Paris, à « la réserve néanmoins dudit Bostel de Bour- • gogne, lequel demeurera perpétuellement « affecté à la troupe de vos comédiens, en « payant par eux annuellement toutes les « réparations, renies et charges foncières, « dont ils demeureront chargés, la somme « de cinq cens livres, ou telle autre que « Vostre Majesté arbitrera ès-maics du re- « ceveur à ce commis, de quartier en quar- « tier, et à la charge de bailler par eux et « leurs successeurs bonne et sûre caution, « pour assurance desdits payements et char - « ges. Il est vrai que d'abord cette requeste « semblera aucunement estrange; mais Voso ire Majesté, qui pesé les intérêts com- « muns d'autre sorte que ne font les parli- « culiers, qui ne s'attachent jamais à l'utilité « publique, sinon en tant que la leur s'y a trouve meslée, jugera que cette demande « est raisonnable et juste, puisque l'exécu- « tion d'icelle est utile et nécessaire. Juste, « d'autant qu'elle est fondée sur tant do « saintes ordonnances et de si bons exemples; utile, d'autant que les pauvres « en tireront tout le profit, qui leur est « beaucoup mieux deub qu'à ces gorges du a Diolime(866); nécessaire, parce que c'est le « vrai moyen de retirer de la débauche tant « de malheureux artisans, qui ayant souci vent mis femmes et enlans en chemises, « pourarriveràcesmaîlrises,où leurviesem- « ble assurée, négligent tout à fait le soin do

a leur pauvre famille Il est même sans

« diliicullé que la comédie a l'avantage du a teins sur cette confrairie, laquelle encore « n'a jamais obtenu aucun establissement ni

fragilises cy- devant donnez et octroyez par ses prédécesseurs rois, aux maistres et gouverneurs de la confrairie de la Passion : ladille cour a ordonné cl ordonne que lesdilles lettres seront enregistrées es registres d'icelle ; Ouy le procureur général du roy, pour en jouir par les impelrans de l'effet el conleiiii en icclles comme ils en ont cy-devant bien el dûment joui, et usé, jouissent cl usent encore de présent. >

Cel arrêt ne r:iil aucune mention des comédiens qui jouaient à l'Hôtel de Bourgogne ; ainsi il est à présumer que ces derniers ne présentèrent leur requête au Conseil qu'a la majorité du roi Louis XIII. Un en voit la preuve par le litre de celle même requête, qui n'esl poinl adressée à la reine mère.

(86lî) Diotime esl le nom d'un laineux .ivrogne d'Athènes que l'on surnommait ['entonnoir, à cause que souvent il se faisait mettre uni entonnoir dans la bouche, et ensuite on lui versait une prodigieuse quantité de vin qu'il avalait ainsi luut d'une haleine. \Ei.if.n, Hhiouct ilit-enes, liv. n, cliap. 4L)

« privilège dont elle ne soit redevable à la «comédie, puisqu'ils n'ont été accordez « qu'alin «l'entretenir le peuple, par les re- <i présentations qui se faisoient en ce temps- « là, et pour donner courage à d'autres « d'entrer dans la confrairie, et monter sur « le théâtre. »

« Ensuite, les comédiens rapportent différentes ordonnances des rois François I", Henri H, Charles IX et Henri III, et plusieurs arrêts du parlement, qui ont abrogé différentes confréries, comme illicites, el ajoutent, au sujet de celle de la Passion :

« Celle confrairie est du tout préjudicia- « ble aux mœurs et au bien des familles.

o Aux mœurs, pour autant qu'en elle re- « pose le fondement de la débauche de tous « ces prétendus confrères, lesquels despen- " sent inutilement l'argent qu'ils amasspnt « sans peine, et dissipent librement le fonds « pour lequel ils n'ont jamais beaucoup « sué; car il est vrai qu'ils mangent annuel- « lement entr'eux quatre à cinq mille lift vies qu'ils ont de revenus, à la réserve « seulement de ce qu'il faut pour l'entrete-- « nement d'une messe tons les dimanches; « e! laquelle, s'il est permis de le dire, sert « de prétexte, ou pluslût de rendez-vous, i pour passer aux débauches tout le reste » de la semaine; cependant que la plusparl « des femmes et des enfans de ces confre- « res, à l'imitation de ceux dont parle Jé- « rémie, demandent inutilement du pain « pour sustenter leur vie ; au reste, entre les « pots et les tréteaux, Dieu sait si les es- « cols se passent sans médisances, sans blas- « phèmes, sans jeux et sans ivrogneries.

« Au bien des familles, parce qu'aujour- « d'hui l'avarice a corrompu les lois et les « plus saintes ordonnances, en sorte que <> pour arriver aux maîtrises de celte con- « iVairie, il faut faire tant de dépenses, de « beuvettes et de festins, que tous, ou la « plusparl demeurent incommodez le reste «'de leur vie. »

« Après cela on trouve un éloge de la comédie et des acteurs qui la composaient

alors, el la requête finit par ce qui suit : « Celte confrairie, au contraire, n'a ja-

« mais reçu ni produit que de gros artisans,

« comme on le voit par leur institution, et

« dans le contrat d'acquisition de l'Hostel

« de Bourgogne, quelque vanité qu'ils se

« donnent par leurs escriplures, en se qua-

« lilians honesles gens et bons bourgeois,

« honorez, la plusparl, des charges des pa-

« roisses et du quariier: aussi tels honneurs

« répugnent-ils à leur prolession, qui les

« oblige la pluspart de mendier leur vie du

<• ministère de leur main, au moyen de quoi

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« ils ne peuvent sçavoir beaucoup d'hon- « neur, ni de civilité, comme dit Aristoie; « par conséquent sont incapables des hon- « neurs et des charges publiques, et indi- « gnes du litre de bourgeoisie, par la raison « des anciens qui faisoient marcher les es- « claves de pair avec les artisans. »

« Cette requête, qui paraîtra sans doute assez mal arrangée, mais qui était passable alors, fut assez favorablement écoutée. Les comédiens furent maintenus à jouer sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, sans craindre d'être dépossédés par les confrères, et les premiers continuèrent le procès qu'ils avaient commencé. Enfin, en 1629, ils présentèrent une nouvelle requête, à laquelle les confrères répondirent, et sur lesquelles intervint un arrêt du conseil.

« Au Boy cl à Nosseigneurs de son Conseil.

« Sire,

« Robert Guénn, dict La Fleur; Hugues Guéru , dict Fleschelhs; Henry le Grand, dict Belleville; Pierre le Messier, dict Bellerose, et leurs associez, tous comédiens de Vuslre Majesté, Vous remonslrenl très-humblement que depuis qu'il «uroit plû au feu Boy, que Dieu absolve, et a Vous, Sihe, les retenir pour leur représenter, et au public, la comédie, ils se seroient, à l'exemple de leurs prédécesseurs, servis d'une maison seize en vostre ville de Paris, vulgairement appellée l'Hostel de Bourgogne, qu'ils avoient louée de quelques particuliers prenans la qualité de maislres de la confrairie de la Passion et Bésuirection de N. S. J. C, qu'ils disent leur appartenir, lesquels ayant fait croire que par quelque laps de temps, que c'éloit le lieu seul destiné pour représenter touies histoires et comédies ; et ont souventes fois empesché, non-seulement les supplions, mais leurs devanciers, et autres eu»tnédiens estrangers de représenter ailleurs, pour s'attribuer de grands profits et deniers qu'ils tirent et exigent, tant pour ledit louable de ladicte maison, que pour Ja réserve de plusieurs loges qui sont en icelle, en sorte qu'il se rencontre ordinairement que lesilicls prétendus maislres profilent du travail desdiets comédiens, qui bien souvent se sont trouvez sans prolit, toutes charges faites et payées , et non conlens de ce et dudict profit qu'ils tirent de leur bail, elle s'est encore trouvée ainsy louée par les comédiens italiens, et autres estrangers, qui en payent grande somme outre les exactions ; ils ont, par sentence, fait deflVndre le théâtre auxdicts supplians, qui s'accomuiodoient en autres lieux, s'il ne leur esloit par eux payé un écu par jour (867), lesquelles con-

(867) Par sentence contradictoire du 16 février i 022, et pour les causes y contenues , Etienne Rulin dit La Fontaine, Hugues Guéru dit Fle&chelles, Robert Goérin dit La Fleur, Henry le Grand dit Bellenille, et autres leurs compagnons, comédiens représeulans à l'Hôtel d'Argent (lllôiel de Bourgogne étant alors.'oecnpé par 'd'autres comédiens), sont condamnés à payer aux doyen, maîtres, et gouverneurs de la Passion, trois livrés tourneis par cha-

cun jour de représentation, el aux dépens. Laquelle S2nlence a éle exécutée. Précédemment à celte sen tence, les confrères en avaient obtenu une aune, le 15 novembre 1621, portant défense à Etonne Robin, mailre du jeu de paume du .Moutardier, rut; du Bourg-l'Abbe, de louer son jeu aux comédiens pour y représenter : el en cas de contravention, permis d'abattre le théâtre. Le i mars 1622, auire sentence oui défend audit Robin et a tuus aune*

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