‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1274 sur 1429 · F.NT · texte numérisé non relu

F.NT

d'or, dénotant le S. Esprit; laqucllo colombe descendoit nu milieu dudit eschalTaut, où il y «voit une jeune dame, représentant lad K te dame; et la colombe lui posoit laditte couronne sur son chef, puis s'en reniontoit au ciel ; et à dextre et à sénestre de ladite dame, estoient six dames du Vieil Testament, nommées Rachel, Rebecca,Esther, Lia, Sarra, et Lucresse, et au bas de cet eschaffaut cstoient quatre autres dames; c'est a sçavoir, Justice, Magnanimité, Prudence, et Tempérance (907).

«De plus, à la fontaine du Ponceau , nommée la fontaine de la Reine, avoit un beau jardin, et au milieu un lys et à dextre et à sénestre une salamandre, et une hermine; et eniprès (908) dudit lys esloit une jeune dame, et deux jeunes pucolles, laquelle dame tenoit en sa main une pomme d'or, dont il saillait eau de tous costez arrosant ledit lys.

« Devant la Trinité y avoit un eschaffaut, sur lequel au plus haut cstoient six personnages; sçavoir un roy couronné, une reine, et deux jeunes datnoiselles, et un nommé lion Conseil, tenant un papier; et l'aut-.e Bon Touloir, tenant l'eslendart de Vertu; et au bas dudit eschaffaut estoit un heau jardin, nommé le clos du Repos, au milieu duquel estoit un lys que deux personnes gardoic-nt ; l'un se noramoit le Boston de Prouesse, tenant une lance, et l'autre le Boston de Concorde, tenant une espée.

o Item, à la porte aux Peintres, y avoit un autre eschaffaut, sur lequel au plus haut estoit un grand soleil d'or, et dedans ledit soleil, unejeune dame vëstuë de blanc, les mains élevées au ciel, nommée Dame Charité; et au-dessous cstoient cinq déesses; et au milieu estoit la dame des déesses, tenant un long haslon; et au bout y avoit un escu, auquel estoit pourlrailes les armes du Pape et du roy de Fiance; et à dextre et à sénestre, estaient lesdittes quatre déesses: et au bas de cet eschaffaut esloient six personnages, sçavoir le le Pape à main dextre, avec deux prélats en pontificat (909J, tenans lasses, et présenlans à boire au Pap.e (910); et à sénestre estoit l'empereur, le roy, et un nommé Ammotanus, tenant une tasse, et présenianl à boire ù l'empereur et au roy.

(007) L'auteur de la Relation de celle entrée, inserée dans le Cérémonial français , p;ig. 482 el 485, h j o 1 1 1 e que ces quatre Vertus représentaient les i quatre veuves qui régnent au royaume de France, sçavoir Madame d'AnguuIcme , meve du Roy, Madame d'Alençon, fille de Lorraine, Madame de Bourl.on et Madame de Vendosme; aussi estoit au-dessus de la nuë eseril ee qui en suit, Attendue a facic irœ columbœ. »

(908) Auprès.

(!;09) Lu haldls pontificaux.

(910) L'auteur (pie nous venons de citer, rapporte ceci un peu autrement : < Au bas dudil eschallaul , •iil-il, cstoient six grands personnages, le Pape à dextre, et deux prélats tenans des tasses, dedans lesquelles distilloiont d'une pliiolc, quclrhoit au-dessus d'eux un petit cuf.int nommé Tantalus , plusieurs

(o) Porcia.

« A la fonlnine des Sainls-InnocensesloiJ dressé un eschaffaut, au milieu duquel y avoit un grand chœur fermé, dedans lequel esloient trois jeunes dames nommées , Amour divin. Amour naturel, Amour con/'itj/«/(9ll);el au bas dudit eschaffaut, estoient le roy David, la reine Abigaïl, et la reine Lia, tenant en sa main une paix.

« Devant le Chaslelet de Paris, y avoit un eschaffaut, sur lequel estoit un arbre a trois branches; au milieu et au plus haut duquel estoient un roy et une reine couronnez; représentans le roy François, nostredit seigneur, et la reine Claude sa femme, à présent régnante; et à dextre et a sénestre estoient au milieu et au lias plusieurs autres rois et reines, ducs et comtes, démonstrans la généalogie de laditte dame, et la lignée dont elle est descendue.

« Item, devant la porte royale du Palais- Royal du roy nostre sire, y avoit un eschaffaut, dedans lequel estoient au plus haut trois personnages, sçavoir un roy couronné, représentant S.-'Louis, et une dame représentant la reine Rlancho sa mère ; et une autre dame tenant une espée, représentant Dame Justice : et au lias dudit eschaffaut estoient trois autres personnages ; un Avanturier tenant une lettre; un Laboureur portant une houë sur son col; et un Pauvre mendiant tenant une requeste h dextre, et à sénestre deux escus, l'un aux aimes do France, et l'autre mi-parti aux armes du roy et de la reine; et plusieurs chantres, lesquels chantoient mélodieusement. »

Représentations faites à l'enirée de la rpine Eléonore d'Autriche, sœur de l'empereur Charles Ouiiit, et seconde femme de François premier, à Pans le jeudi seizième jour de mars 1530 (912).

« Et pour honorer et récréer laditte dame, on avoit fait el dressé plusieurs eschaffauts avec mystères et ligures, par les lieux où elle devoit passer.

« Premièrement, un à la porte Saint-Denis, où il y avoit un mystère de Paix et Accord, avec autres Vertus et personnages, qui présentèrent les clefs de la ville h laditle daine. A la fontaine du Ponceau y en avoit un aulre, où se présentoit une morisque (913) de satyres, dansans aulour de laditte fontaine: et au derrière sur deux au-

rayons d'eau. > {Cérémonial français, p. 482.)

(911) L'auteur cité ci-dessus écailreitee passage, ajoutant < qu'au lias dudit eschallaul esloit le roi David, el devant lui à genoux une daine nommée Abigaïl, laquelle lui préscnloil plusieurs vivres, el présens, cl esloit (boitement sous Amour divin. Sons Amour conjugal estoient deux dames, c'est à sçavoir Jnlia, tenant une paix, en laquelle esloit figuré le Monde; l'autre dame esloit nommée Phorcia (a), qui tenoit un plat plein île charbons ardents, qu'elle prenoit en sa main, el 1rs av.dnil. Dessous Amour naturel, esteil un prince nommé Carinlanus (b) et devant luy une dame veuve Iny mnnsiranl les inammelles. > (Cérémonial français, p. 483.)

(912) Cérémonial français, p. 502.

I.9IÔ) Celle danse était ordinairement accompagnée de récits de chant.

(b) Coiiulanus.

ENV

très pcliis escbaflauts, csioient plusieurs Vertus el personnages parlans, et donnans louanges a ladilte dame. Devant l'église do la TriDité y avoit une bergerie moralisée, avec plusieurs autres personnages sur uri autre eschaffaut. A la porte aux Peintres estoient les neuf Muses, jouans de tous insti'iimens, harmonieusement, avec plusieurs autres personnages. A la fontaine S. Innocent y avoit un autre mystère des quatre Estais, ausqucls nne dame d'honneur donnait la paix. A la porte du Chastelet, qu'on dit autrement la porte de Paris, estoit un grand mystère plein de plusieurs personnages, signilians et représentans la reddition de Messeigneurs les Dauphin et duc d'Orléans, enl'ans du roy (9U). » — (Cf. Histoire du théâtre français ; Paris, 1735, in- 12, 15 vol., t. III. p. 163.)

EXTREPENEUR DE SPECTACLES (L) M. Magnin a publié dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes (Paris, 1839-18i0, gr. in-8% t. I", p. 517-535, des fragments u'utc pièce de théâtre qu'il date du vu' siècle. Ce serait, selon le savant critique, un des premiers monuments du théâtre moderne, issu de l'ancien, par la tradition et aussi par l'association du mime italique au barde germain. Ces fragments sont un dialogue eniru Térence et un entrepreneur de spectacles. Ils sont conservés dans le manuscrit latin de la Bibliothèque impériale, n" 8069. Leur date est fixée par la barbarie de la syntaxe et do la prosodie qui indiquent une époque postérieure au moins d'un siècle a Fortunat;el oar les imitations nombreuses quoique malhabiles des poêles anciens, notamment de Térence, Ovide et Virgile, qui confirment cette donnée, car il faut chercher une époque postérieure au vi' siècle, et antérieure à l'éclipse totale des lettres qui précéda le règne de Charlemagne. Le manuscrit, d'ailleurs, semble, du x' siècle; il est au plus lard du xi*.

Selon M. Edelesland Duméril. le Dialogue anonyme entre Térence et un entrepreneur de spectacles semble bien plutôt une déclamation philosophique contre le théâtre ancien que le prologue d'une pièce représentée au vu* siècle. (Cf., Orig. la t. du th. mod.; Paris. 18V9, in-8% p. 21.)

ENVYE, ESTAT ET SIMPLESSE. - Envye, Estât et Simplesse, moralité à trois personnage» , c'est à scauoir :

EMVYE , ESTAT ,

ETjSIMl'I.ESSE.

Celte pièce a été éditée par MM. Leroux de Lincy et Francisque Michel, dans leur

(01 i) Colle entrée, comme on pcnl en juger aisé ment, fui l'une des mieux entendues, el des mieux exécutées. Ouire que le goût s'était beaucoup opuré, c'e~t qu'on avait encore eu le soin de Taire choix dos plis habiles gens de ce temps, et nous apprenons par les registres de l'hôtel de ville, que los maîtres de la Passion de la Tririilé, les maîtres de la Trinité en l'église des Saints-Innocents, los maîtres des mystères, maure Joan du Pont Mais, Mcssire Mathee el sis compagnons décorateurs el peintres italiens y Dictions, des Mystères.

Recueil de farces (Paris , Téchencr, 1831- 1837, i vol., petit in-8%1 , d'après le manuscrit du xvi* siècle de la Bibliothèque impériale (fonds La Vallière, n" 03).

SIMPI.ESSE.

timidement à tous je surviens; bstat, escoute ma parole :

lamais Enuye ne valut riens; Tous ses dis ne sont que friuole; El court el voile Pour tous decepuoir...

ERBERIE RUSTEBUEF (L'). — Voyez il i mu un r>E Rltebeuf (L').

ESMORÈE. — Une traduction d'Esmorée a été publiée sous ce titre : Le jeu dEsmorée, fils du roi de Sicile, drame du xiir siècle, traduit du flamand (915) , par E.-P. Serrure , Gand, imprimerie de D. Du vivier (ils, 1835, in-8% de 35 pages, plus un feuillet de titre.

M. Magnin a cité ce drame sous la même date du xiu' siècle, dans son cours à la Faculté des lettres. (Cf., Journ,gén. del'instr. publ., 1836, lijanv., p. 172.)

M. Edelesland Duméril traite YEsmorée.

de pièce purement littéraire ; il en déprise l'influence sur le temps où elle parut. (Cf. Orig. lat. du th. mod.; Paris, 18i9, in-8° , p. 36.).

ETE ET L'HIVER (L). — Voy. Printemps et l'Hiver (Le).

ÈTHOPEE DRAMATIQUE (L). — M. Magnin cite, sous la date de 1341 , en Orient , VEthopée dramatique, dialogue entre la Raison et Phile, sur les vertus de Jean Canlacuzène qui, en 13i6 , usurpa l'empire. L'Ethopée est du poète Phile, et parait composée pour quelque fête de palais. (Cf., Journ. gén.de l'inst. publ., 1836, 3 janvier, p. 150.)

EXTRAVAGANT (L'). — Au.yone(Ep. llj, cite en ces termes l'Extravagant d'AxiusPaulus : « Delirus tuus in relenuinon tenuiter laboratus : ton Extravagant , qui, malgré la légèreté du sujet, n'est pas une œuvre légère... »

On s'est accordé à voir dans ces mots la mention d'une comédie, la lettre d'Ausone remémorant plus bas les planipèdes, les mimes, les comédiens et les histrions, et une autre lettre au même Paulus parlant de comédies.

Axius Paulus était Gaulois et vivait au iv" siècle.

M. Edelesland Duméril est d'avis que l'Extravagant, malgré sa forme dialoguée, n'élail certainement qu'un mime. (Cf., Origines lutines du théâtre moderne; Pans, 18i9, in-8% p. 13).

furent employés. (Cérémonial français, p. 783.)

(915) CI. pour le vieux théâtre allemand: I" Ilorrm\n von Falluisleben, AUniedertaendische Sclianbnehne. Abele Spelen onde Sotternien. lleraitsgegeben; Breslau , 1838 , iu-8°. — i° Ou même auteur, Horat Belgka (pars quinta) . fo/i Spej van Laruloot van Iknemerkcn aide die scone tanariin. — 3° Mone, llebersichi lier Niederlaendischen Votks-Literatur aeticrer Ze.il ; Tubingen, I838.gr. in-8», p. 55l-3(i8.

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