‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 1308 sur 1429 · LE CDOEIR DES GRECS · texte numérisé non relu

LE CDOEIR DES GRECS

Rurmann semble douter que la Mort d'Achille appartienne à Mussato; l'infériorité du

style, des idées, des connaissances historiques et littéraires le porterait h y voir la main d'un autre pjëte encore inconnu.

M. Magnin, en 1833, dans son cours professé à la Faculté des lellres, mentionne la Mort d'Achille, et l'allribue a Mussato sous la date de 1261-1329. il renvoie aux éditions du padouan données à Venise et à Leyde. (Cf. Journ. yen. de i'hisl. publique, 1833, 29 nov., p. 67.)

M. Edelestand Duméril considère les draines d'Achille et d'Eccérino comme des compositions purement littéraires, Irès-probablement étrangères à toute idée de représentation dramatique, et sans influence sur leur temps. (Cf. Origines latines du théâtre moderne; Paris, 1849, in-8°, p. 36.)

MORT D'ECCERINO ( La ). La tragédie d'Eccérino date du xm" siècle; elle a pour auteur Alberlino Mussato, poêle padouan, mort vers 1320.

Quatre manuscrits, dont un a Venise et trois à Padoue, connus, les deux premiers sous le litre de Codices Mussnrotum, et lo dernier sous celui de Codex Pignorii, oat été signalés.

Une édition du théâlre de Mussato a été donnée à Venise en 1636, in-folio; une autre à Leyde en 1722, par J.-G. Grœvius et P. Rurmann. (Cf. Thés. ant. Hislor. Ital.; Leyde, 46 vol. in-fol., t. VI, 1721, pars secunda.)

L'Eccerino est divisé en cinq actes; les deux premiers ne contiennent qu'une scène, le troisième en offre quatre, le quatrième deux, et le cinquième une seule.

Les personnages sont au nombre de neuf, donl voici la liste :

adhelf.ita, mère d'Ecce- llcas,

rino et d'Allieiic, 4NSEDISI,

eccerino, lilsa'Atlheleila soldats,

ALBERI.C, >d. , MESSAGER,

zibahons; garde, le cuoeir.

Rurmann s'est arrêté à la critique d'Eccerino. Le sujet se prêtait peu à une tragédie, selon lui, en ce que le seul sentiment de la terreur y pouvait régner, et que, sans contraste, le drame est nécessairement languissant. L'action est dispersée en plusieurs années sans liaison. Le Lieu change constamment. Les caractères sont plus fortement tracés. Eccerino est dur, terrible, contempteur des cieux et des choses d'ici-bas, voué au mal et au démon, audacieux, incapable de repentir, et tout pétri de scélératesse ei de cruaulé jusqu'au dernier soupir. Le

UOO NOD NOTiCE SBB LE THEATRE LIBRE. NOU 1410

chœur proche le bien, [In justice, la pitié pour qui estaient autour de luy, fiiire laides gri-

Pinfortune, le châtiment de l'orgueil; il en maces, se prit à rire. Le patient pour qui

appelle sans cesse à Dieu. tout cola se faisoit, demanda à sa femme,

Quant à la barbarie du style, c'est un dé- que c'ostoit qui estoit sur la table; laquelle

faut du temps où le drame tut écrit, et ce répondit, qui' c'estoil le corps de son neveu

n'est qu'un litre de plus à la curiosité du décédé, — .Mais, répliqua le malade, com-

DÔlre. ment seroit-il mort, veu qu'il vient de rire à

Murnlori mentionne VEccerinis do Mussa gorge déployée? La femme répond que les

de Padoue (ou Alberlin); il date celte pièce morts rioicnt. Le malade en veut faire l'expé-

de l'an 1320. (Cf. Antiquit. ital. med. œvi, rience sursoy, et pour ce, se fait donner un

sive Dissertât.; Milan, 1732, in-fol., t. Il, miroir; puis s'efforça de rire; et connoissant

Dissert. 20. col. 850.) qu'il rioit, se persuada que les morts avoient

M. Magnin, dans son cours professé' à la celle faculté, qui fut le commencement do

Faculté des lettres, en 1835, cite aussi la sa guérison. Cependant le jeune homme,

Mort â'Eccelino, tyran de l'adoue, mais on- après avoir demeuré environ trois heures

tre 1261 et 1329; il renvoie aux éditions de sur cille table estendu, demanda h manger

Venise et de Le.yde. (Cf. Journ. gén. de l'instr. quelque chose de bon : on luy présente un

publ., 183,'i, 29 iiov., p. 07.) chapon qu'il dévora avec une pinte de bon

M. Edelestand Duméril ne croit pas que le vin; ce qui fut remarqué du malade, qui rie-

tli àtre de Mussalo ;iit élé destiné a la repré- manda si les morts mangeoient. On l'assura

Sentation; il n'en croit pas l'influence consi- que ouy : alors il demanda de la viande,

derable. (Cf. Origines latines du théâtre mo- qu'on lui apporta, dont il mangea de bon

dénie; Paris, 18'»9. i;i-3", p. 36.) appétit. En somme, il continue à faire toutes

MORTS V1VANS (LesL — Les frères Par- actions d'homme de bon jugement, et peu

fait ont donné, dans leur Histoire du lhéa~ à peu celle cogitation mélancholique lui

tre français (t. III, p. 562), la noie suivante, passa. Cette histoire fui réduite en fore im-

relative à la faire des Morts virants, qu'ils primée, laquelle fut jouée un soir devant le

datent de 1573, et dont ils déclarent l'auteur Roy Charles neufviesme, moy y estant (928).»

inconnu: ce morceau est extrait des Diverses MUSSATO ALBERTINO. — Pétrarque

leçons^ de Louis Guyon (t. 1", liv.it, ehap.2â): vante dans Albertino Musalo la connaissance

« En l'an 1550, au mois d'aoust, un avocat de l'histoire; Pierre-Paul Vergerie, le génie

tomba en telle mélancolie, et aliénation de la poésie. Son nom original aurait été

d'entendement, qu'il disoit, et croyoil eslre Musso, et sa gloire en eût fait Musato, l'é-

mort : à cause de quoi il ne voulut plus par- lève des Muscs, lîernardini Scardeoni voit en

1er, rire, ni manger, ni mesme cheminer, lui le restaurateur des lettres romaines en

mais se tenoit couché EnQn il devint Italie, le promoteur de la renaissance que

si débile qu'on attendoit d'heure à heure Pétrarque porta ensuite au plus haut point

qu'il dût expirer : lorsque voicy arriver un d'élévation.

neveu de la femme du malade, qui, après II vécut à l'adoue, cl mourut vers 132!) avoir lâché à persuader son oncle de man- On cite de lui une Histoire d'Henri VII, ger, ne l'ayant pu faire, se délibéra d'y ap- divers écrits polémiques, des poèmes, do porter quelque artifice pour sa guérison. nombreuses pièces de vers, et ses deux dra- Parquoi il se lit envelopper en une autre nies, dans l'un desquels, a-l-ondil, s'élevant chambre d'un linceuil, à la façon qu'on contre lat yrannie des frères Accioiini et Aiagence ceux qui sont décédez, pour les in- brici, il atteint la hauteur de Sophocle et humer, sauf qu'il avoit le visage descou- surpasse 'l'antiquité.

vert, et se lit porter sur la table de la eh.im- Ses œuvres ont élé réunies dans le Thuau-

bre où éloit son oncle, et se fit mettre quatre rus antiquitatum historiarum li/diœ de J.-C.

cierges allumés autour de lui, et avoit coin- Giijevius et P. Buiounn; Leydc, in-fol.,

mandé aux eufans de la maison, serviteurs 40 vol., t. VI, 1722, pars seconda.

et chambrières de contrefaire les plorans Muralori le cite avec éloge dans ses Anti-

autour de lui. Somme, la chose fut si bien quitates italieœ medii œvi, sive Dissert.; Mi-

exéculée, qu'il n'y eut personne qui eut pu lan, 1732, in-fol., t. Il, diss. 29, col. 850.

se contenir de rire, mesme la femme du M. Magnin l'a mentionné avec ('■loges. (Cf.

malade, combien qu'elle fut fort affligée, ne Journ. yen. de l'instr. publ., 1833, 29 nov.,

s'en pût tenir, ni le jeune homme inventeur p. 67.) — Yoy. Mort d'Acuillk et Mort

de cette affaire, appercevant aucuns de ceux d'Eccerino.

NOUVEAU MONDE (Sottise du). — La Une édition du Nouveau Monde a élédon-

Sotisc du nouveau monde a été attribuée à née à Paris, chez Guillaume Eustace, in-8*

l'an 1503 parles frères Parfait (But. du. th. île 28 feuillets, contenant envon 1400 vers.

/'/ .. t. III, p. 205-216). ,< Pour être au fait, disent-ils, du sujet de

Ils se sont servis pour leur analyse cotte pièce, il faut se transporter au temps

d'un manuscrit de la Bibliothèque du roi, où elle fut composée, et se rappeler les

COté V, 3121. circonstances qui y ont donné lieu. Avant

(928) Comme nous ne connaissons cette farte que volume de ses Diverses leçons, nous uvojis cru do*

uar le récit qu'en a fait Louis Guyon au premier voir placer la date de sa reiircsenlaiiou vers lb7i.

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