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PAT
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Mon bon seigneur, tout desvoyé, Qui tenoil un fouet sans corde.
M'a dicl : mais je ne me recorde Point bien au vraj ce que peuleslre :
Il m'a parlé de vous, mon maistre.
Et ne sçay quelle adjournerie.
Quant à moy, par saincie Marie, Je n'y entends ne gros, ne gresle :
Il m'a brouillé de pesle mesle, De brebis, et de relevée, Et me a fait un grand'levée De vous, mon maistre, et du bouclier.
LE D1UPP1ER.
Si je ne te fais emboucher.
Tout maintenant devant le juge.
Je prie à Dieu que le déluge Courre sur moy, et la tempeste :
Jamais tu n'assommeras besle Par moi, qu'il ne l'en souvienne; Tu me rendras, quoiqu'il advienne, Six aulnes... dis-je, l'assommaige Que tu m'as faicl depuis dix ans.
LE BERGIER
Ne croyez pas les médisans,
Monseigneur, accordons ensemble, Pour Dieu, que je ne plaide point
LE DRAPPIER.
Va, ta besongne est en bon point :
Va-t'en, je m'en accorderay Pardieu, ne l'en appointera; Qu'ainsy que le juge fera.
LE BERG1ER
Adieu, sire, qui vous doint joye.
(A pair.) Il fault donc que je nie deffende.
Y a-t-il ame la?
(Frappant à la porte de Pallielin.)
PATnELIN.
Dieu te gard, Compain (938). Qu'il te faillir
LE BERG1ER
On me piquera en deffault Si je ne vois à ma journée', Monseigneur a de relevée, Et s'il vous plaist vous y viendrez, Mon doulx maistre, et me deffendrez Ma cause : car je n'y sçay rien, El je vous payeray très-bien, Partant si je suis mal vesiu.'
PATnELIN.
Or viençà, parle, qu'es-lu?
Ou demandeur, ou deflendeur?
LE BERGIER
J'ay à faire à un entendeur; Entendez-vous bien, mon doulx maistre, A qui j'ay longtemps mené paislre Les brebis, et les luy gardoye, Par mon serment, je regarduye Qu'il me payoit petitement.
Diray-je tout?
PATHELIN
Dea sûrement , A son conseil doit-on tout dire.
LE BERGIER
Il est vrai, et vérité, sire, Que je les luy ay assommées, Tant que plusieurs se sont pasmées Mainlesfois, et sont cbeutes mortes,
Tant fussent-elles saines cl fortes ; lit puis je luy faisois entendre.
Alin qu'il ne m'en peust reprendre.
Qu'ils mourroient de la clavelée :
Ha! fait-il, nesoilplus ineslée Avec les autres, geile-là.
Voulemiers, fais-je, mais cela Se faisoil par une autre voye, Car par sainct Jehan, je les mangeoye, Qui scavoye bien la maladie.
Que voulez-vous que je vous die?
J'ay cecy tant ronVinué, J'en ay assommé, cl lue, Tant qu'il s'en est bien aperçu, El quant il s'est trouvé déçu, M'aisl Dieu, il m'a l'ait espier.
Car on les ouist bien crier, Entendez- vous, quant on lesçail; Or j'ay esté prins sur le faict, Je ne le puis jamais nier.
Si vousvoudroye bien prier (Pour du mien, j'ay assez finance) Que nous deux luy baillons l'advance; Je scay bien qu'il a bonne cause, Mais vous trouverez bien clause Se voulez, qu'il l'aura mauvaise.
PATIIELIN.
Par la foi, seras-tu bien aise Que donras-lu, si je renverse Le droit île ta partie adverse, Et si je te renvoyé absouz.
LE BERGIER
Je ne vous payeray point en soulz, Mais en bel or à la couronne.
PATIIELIN.
Donc, lu auras ta cause bonne.
Si lu parles, on le prendra
Coup à coup aux positions;
Et en lelz cas, confessions
Sont si très-préjudici;rbles
El nuisent tant que ce sont diables.
Pour ce, vecy que tu feras,
J'à lost, quant on t'appellera,
Pour comparoir en jugement,
Tu ne repondras nullemeui
Fors bée, pour rien que l'on te die;
Et s'il advient qu'en te mauldie,
Eu disant, hé cornarl, puant,
Dieu vous mette en mal, truanl.
Vous moquez-vous de la justice?
Dy, bée. Ha! feray-je, il est nice,
Il cuide parler à ses besles :
Mais s'ils dévoient rompre leurs testes,
Qu'autre mot n'isse de ta bouche,
(larde-t'en bien.
LE BERC1F.R.
Le faict me louche Je m'en garderay bien, vraymenl, Et le feray bien proprement :
Je vous le prometz, et afferme.
PATIIELIN.
Or l'en garde, liens toy bien ferme, A moy-mesme, pour quelque chose Que je le die, ne propose.
Si ne repondz poinl aultremenl.
LE BERGIER
Moy, nenny, par mon sacrement, Dites hardiment que j'affolle
(938) Comptiin, compagnon.
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NOTICE SIR l.R THEATRE iJBKK.
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