LE CHEVALIER MARION
MARIONS
Biau sire, traies- vous ensus De moi, si ferés grant savoir.
LI CUEVALIERS.
Demisele, non ferai, voir; Ains vous enmenrai aveuc moi, Et si ares je sai bien coi.
Ne soiiés envers moi si fiere , Prendés cest oisel de rivière.
Que j'ai pris ; si en inengeras
MARIONS
J'ai plus chier mon froumage cras Et'men pain et mes bonnes pouines Que voslre oisel à tout les plumes; Ne de en ne me poés plaire.
Ll CHEVALIERS.
Qu'est-che? ne porrai-je dont faire Chose qui le viengne à talent?
MARIONS
Sire, sachiés certainement, Que nenil riens ne vous i vaut
LI CHEVALIERS
Bergiere, et Diex vous consaut!
Certes voirement sui-je beste, Quant à ceste besie m'areste.
Adieu, bergiere.
MARIONS
Adieu, biau sire.
Lasse! ore est Robins en grant ire, Car bien nie cuide avoir perdue.
ferez preuve de
Beau sire, relirez -vous, vous bon sens.
LE CHEVALIER
Damoiselle, non pas, vraiment; je veux vous emmener avec moi en un endroit où vous ne manquerez de rien. Ne soyez pas si sauvage à mon égard; tenez cet oiseau de rivière, que j'ai pris, et mangez-le.
MARION
J'aime mieux mon fromage gras et mon pain cl mes bonnes pommes que voire oiseau avec ses plumes; vous ne pouvez me plaire en rien.
LE CHEVALIER
Qu'est-ce? ne pourrai-je donc faire chose qui te plaise?
MARION
Sire, en vérité, rien ne vous réussira.
LE CHEVALIER
Bergère, et Dieu vous conseille ! Je suis une bètc de în'arrêter à celle-ci. Adieu, bergère,
MARION
Adieu, beau sire. Hélas! Robin esl maintenant fort en peine, car il croit bien fermement m avoir perdue.