‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 170 sur 1429 · C.MK · texte numérisé non relu

C.MK

niC.ÏÎO.NNAlKE DES SIYSTERLS.

OHE

CATHERINE [de Sienne, du Mont-Sinai ?] (Sainte). — On lit dans uno chronique manuscrite de Melz, composée au xv* siècle par le curé de Saint-Euchairc, l'une des paroisses de la ville, et intitulée Histoire de Metz véritable: « L'an 1434, le 15 juin, fust faict le Jeu de la vie saincte Catherine en ehainge, et duroit trois jours et fust Jehan Didier ung notaire saincte Catherine, et Jehan Matthieu le plaidous, enincreur Maxiinian. »

Les frères Parfait [Hist. du théâtre français : Paris, 1733, in-12, 15 vol., t. II, p. 331) qui rapportent ce témoignage, en ont rapproché une note de la Bibliothèque française de Duverdier, p. 241, où il est question <l*une Vie de saincte Catherine du Mont Sinay en rime, imprimée a Paris pour Alain Lo- Irian; selon eux la 17e de sainte Catherine, dont on ne retrouve plus d'exemplaire, pourrait bien être le Jeu de l'Histoire manuscrite lie Metz.

De Beauchamps [Recherches sur les théâtres de France; Paris, 1733, in-8°, 3 vol., t. 1", p. 227) mentionne les Miracles de sainte Catherine de Fierboit, in-i'ol., et la Légende (le sainte Catherine de Sienne, in-fol.

M. Magnin, (Journal des savants, cahier d'octobre 1846) a retrouvé dans la chronique manuscrite de Metz de Philippe de Vigneulles, conservée dans les bibliothèques publiques de Metz et d'Epinal, la mention d'un Jeu de sainte Catherine de Sienne, représenté à Melz en 1468 aux frais d'une daine Baudoiche, et où joua une «jeune tillette aigée d'environ dix-huit ans. »

En i486, il y aurait eu encore à Melz une autre représentation d'un mystère de sainte Catherine.

Tout cela est fort incertain.

CESAIRE (Saint), archevêque d'Arles. — La Vie de saint Césaire, archevêque d'Arles, n'est connue que d'après une liste de mystères fort douteuse publiée par de Beauchamps. (Recherches sur les théâtres de France ; Paris, 1733, in-8", 3 vol., t. 1", p. 228.)

CHESNAYE (Nicole de la). — « Lacroix du Maine et Duverdier ne parlent point de cet auteur dans leurs Bibliothèques; le dernier se contente de citer à la lettre N, p. 927, l'ouvrage de Nicole de la Chesnaye parmi les livres d'auteurs incertains. Le nom de l'auteur se trouve dans les lettres initiales des dix-huit derniers vers du prologue de son ouvrage intitulé : La nef de santé, avec le gouvernail du corps humain et la condamnation des banquets, à la louange de diette et sobriété, et le traité des passions de l'âme, iu-4", 1511, Paris, goth. avec ligures, Michel Le Noir, ach. d'imprimer le 17 avril.

« La même, sous ce titre : La condamnation des banquets, à la louange de diette et sobriété pour le profit du corps humain, par personnages, en rime. Impr. à la suite Je la Nef de santé, en prose, avec un Traité des passions, en rime, le tout dédié au roi Louis XII ; Paris, in-4", Michel Le Noir, à la Rose blanche, le 17 avril 1516.

« L'auteur, dans son prologue, dédie au roi Louis XII son livre, qui contient quatre ouvrages différents, quoique dépendant les uns des autres : le premier est en prose, La nef de santé ; le second, aussi en prose, Le gouvernail du corps humain; le troisième est La condamnation des banquets, en vers; enfin le quatrième est eu vers, Traité despassions deiâme. «(DeBkal'cuamps, Recherches sur lis théâtres de France; Pans, 1733, in-8", 3 vol., t. 1", p. 30ti.) g CHEVALIER (Le). — On ne connaît du Mystère du Chevalier qu'une-, édition in-i6du cinquante-six pages, contenant environ quatorze cents vers, sans nom d'imprimeur, ni date, mais qui pourtant peut être atfribnée avec assez de ceititude à la première moitié du xvic siècle.

dite édition a été reproduite de nos jours, in-8", sur papier de couleur, en quarantehuit pages.

Les frères Parfait ont donné de ce drame une analyse très-imparfaite que nous n'avons pas cru devoir adopter. (Hist. du théâtre franc.; Paris, 15 vol. in-12, 1733, t. II, p. 555- 562.) De Beauchamps (Recherches sur les théâtres de France, Paris, 1735, in-8, 3 vol., t. I", n. 232), et la Bibliothèque du théâtre françois, ouvrage attribué au duc de La Vallière (Dresde, 1768, in-8", 3 vol., t. I", p. 79) en ont fait aussi mention.

Le Chevalier nous semble une pâle imitation du Théophile.

Le titre est ainsi conçu, et contient la liste des personnages :

Le mystère du chevalier qui donna sa femme au dyable, à dix personnages ; c'est assauoir.

dieu le pere.

hotre-dame.

Raphaël.

le ( h .valicr.

SA FEMME

AM1D1.RT, escuier.

anthesor, escuier.

LE P1IEIR.

LE HlAI Ll .

Joueur, dissipateur,1' prodigue de son avoir, malgré les sages avis de sa femme, le Chevalier tombe dans la misère, et ne trouve d'autre moyen de s'en tirer que de livrer sa femme à Satan.

LE CHEUALIER.

Or dois ie bien liayr ma vie, Quant ainsi chascun me liane

Par mocquerie, De mes servans suis dédiasse, Fortune trop nie contrarie, Noblesse est bien en liioy perie,

Mon sens varie.

Las ! qu'ay-ie l'ail ! Lé temps passé l'avoye grand auoir amassé, l'esioys en donneur, en lyessc

Et n'ay cessé De dissiper (oui....

<> mort, mort, sur moy de (un daiJ Autre chose n'ay esgard,

Quant se départ Ainsi de moy esbatement.

LE DYABLE

Qu'as-tu, cheualier! Hardiment

Declaire-moy tout seuremenl

Le fait '[ni tant te touche au cueur.

2ÔI

CHK

Cl|[\

LE UIEIALIF.R

Qui es-tu qui viens soudainement ?

Esba'ny ma fais grandement...

LE DYABLE

lay en moy le gouvernement Ou monde...

Cn pacle est conclu entre le chevalier et Satan; d'immenses richesses roulent dans les mains de ce nouvel adepte de l'enfer, jusqu'au jour où le chevalier doit remettre entre les mains du diable le gage même du pacte, sa femme calomniée, trahie et vendue. Mais la dame a une vénération particulière pour Notre-Dame; le jour où son mari In mène, à son insu, mais pourtant toute étonnée et tremblante, auprès de Satan, elle rencontre, sur le chemin du Mois où doit s'accomplir la funeste tradition, une église où elle se réfugie un instant pour trouver quelque confort dans la prière. Sa divine protectrice abaisse sur elle ses regards miséricordieux, et pour la sauver, ne se résout rien moins qu'à prendre la place de la dame aux cotés du Chevalier impatient et furieux.

LE CHECA.MEK.

le croy que meshuy cy feray En attendant ceste bourgeoise.

Sang bien ! s'il fault qui g'y voue, Bien scay qu'il y aura butin.

Je la voy : elle est en chemin, Sa Damé, sa, venez auant.

NOSTRE DAME

5us, mon amy, allez deuant...

LE DYABLE

Tanlost ie nir pourrai déduire Du cheualier et de sa femme, En enfer porteiay son ame ; En despit qu'elle a Marie seruy , Mais, haro ! ie suis trahy....

Faulx traître..

Que in"as-iu amené icy ?

LE CHEUAL1ER.

Ma femme.

LF. DYABLF..

Tu mens fauleement

LE CnELALlER.

Ut garde, vêla cy vrayment.

LE DYABLE

Haro ! voicy grant mocquerie ■

Tu amantes celle Marie,

Qai tant nous fait grief et ennuy...

Notre-Dame sauve la femme du Chevalier des griffes de Satan contraint à résilier, sans compensation, le pacte conclu, et le Chevalier retrouvant dans l'église sa femme encore eu prière, lui confesse son crime, et lui révèle le miracle qui vient de les sauver tous deux.

Le mystère se termine par ces vers :

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