SAIST REMI, CLOVIS, CHEVALIERS
l'archevêque. Que Jésus-Christ, Fils de Dieu le Père, qui voulut souffrir en croix pour nous l'angoisse de la mort, accroisse vos honneurs, roi puissant!
clovis. Sire, ce salut au nom de Jésus, me plaît foil ; car voire D.eu m'a été très-utile et jamais je ne l'oublierai ; une autre fois je vous dirai plus à loisir pourquoi.
l'archevêque. Sire, laissez-moi vous parler un peu? veuillez m'écouler avant que je m'en aille.
clovis. Oui, sire, parlez sans crainte : je vous écouterai volontiers, et je vous répondrai.
l'archevêque. Sire, voici ce quèjevous annonce : 11 est un Dieu sans lin, qui jamais n'cul de commencement : de celui-ci est venu un Fils, de ers iW'\i\ on Saint-Esprit ; ci ces trois, en vérité je vous le dis, ne soit qu'un Dieu cl qu'une volonté. Far ces trois fut crée le monde cl toutes choses dans les cicux. Il est vrai que l'homme l'ut l'ait de terre. C'est luimême qui, par ses crimes, s'est mis dans un esclavage si rigoureux qu'il s'est fermé le paradis; il a contracté une dette telle que depuis il ne s'en est plus acquitté, et il n'y avait mil homme capable do libérer le monde quand le Fils de Dieu descendit dans le sein de la Vierge ei y devint lion me. (.'est lui qui, par sa sainte passion, a fait la lédempiOJi du genre humain en offrant son corps à la inort. Ah! c'est le doux miséricordieux, qui jamais na manque Sans la nécessité ; "ah ! c'èsi c. lui qui .-
CLO
court de près de loin ceux qui
vu qu'on l'implore de bon cœur; il n y a oas de
doute. , , ..
clovis. Sainl père , je vous écoute volontiers , et crois comme vrai ce que vous dites. — Seigneurs, avez foi aux paroles de ce saint homme; recevons tous réellement le baptême, et que chacun soit bon chrétien : c'est moi qui vous le dis bien , nous ne pouvons rien faire de plus noble.
le premier cHEVAUER. Cher sire , veuillez m'entendre : pour nous tous, je vous fais cette déclaration : Nous sommes d'accord de laisser les dieux mortels et de nous adresser au vrai Dieu des cieux que prêche Rémi; désormais nous croyons en Dieu.
clovis. Rémi, sans plus attendre, baptisez-moi, et me donnez tout de suite la qualité de chrétien.
l'archevêque. Sire, je ferai de bon cœur, de loin et de près, ce qui vous plaira. Allons! voyez les saints fonts prêts : dépouillez-vous.
clovis. Mon doux ami, je me déshabille à l'instant d'un cœur joyeux. Allons! me voici déshabillé : qu'ai-je à faire de plus?
l'archevèqie. Pour refaire de vous un nouvel homme, il faut que vous vous mettiez ici dedans à genoux, non pas la face contre terre, mais les mains jointes.
clovis. Sire, vous serez obéi en tout point : m'y voilà mis.
(Ici vient un pigeon avec une fiole.)
l'archevêque. Ah ! doux Jésus-Christ , ami véritable, comme vous conduisez vos œuvres de bien à mieux ! Seigneur , vous avez vu du haut du ciel que le chrême me manquait. Grâces vous soient rendues, Seigneur, de votre envoi par ce pigeon!
clovis. Eh! que sens-je de si bon? Sire, est-ce ce que vous tenez entre vos mains? Jamais, depuis que je suis né, je ne sentis une aussi noble odeur ; elle m'a mis le cœur en grande allégresse. Certes, je suis convaincu que c'est une chose sainte, car il n'y a ni violette, ni lis, ni rose, ni baume, ni cyprès, ni térébenthine , ni fleur de cannelle , quelque pure qu'elle soit, ni tout autre épice que je pourrais uommer, que celte odeur ne surpasse et ne laisse derrière elle.
l'archevèqie. Sire , dites en un mot que Dieu vous aime, vous ne mentirez point, puisqu'il veut quevous soyez oint d'une liqueur aussi précieuse et d'où vient celte noble odeur que vous sentez.
clovis. Hàlez-vous de me baptiser, je vous eu prie.
l'archevèqie. Cher sire, vous serez délivré sur l'heure et sans difficulté; maintenant tenez-vous coi. Dites-moi, renoncez-vous à Satan?
clovis. J'y renonce, n'en douiez pas, sire , c'est vrai.
l'archevêque. 11 me faut aussi savoir si vous renoncez à ses pompes et à ses œuvres, comme un bon et parfait chrétien.
clovis. Oui, je suis très-décidé à y renoncer.
l'archevèqie. Seigneurs, il faut, je vous le déclare, changer ce nom de Clovis : comment le roi aura-t-il nom ?
le deuxième chevalier. Louis : sire, c'est un beau nom.
l'archevèqie. Louis, croyez-vous en Notre-Seigneur, Dieu le Père, qui créa le ciel et la terre, vous et moi? dites-le bien vite.
clovis. Oui, en vérité, sire , j'y crois certainement.
l'archevèqie. Et que Jésus-Christ est son Fils véritable, né de la Vierge, homme et Dieu, et avant, pour nous racheter, soutlert sur la croix la passion île la mort?
clovis. Sire, je suis convaincu que tout cela est vrai, et je le crois ainsi.
l'archevêque. Et , dites-moi , croyez-vous de Blême que le Saint-Esprit soit Dieu? Croyez-vous à
D'.CTIONNAIUE DES MYSTERES. C0> 5T*
imentou non, pour- l'Eglise catholique , a la communion des saints, à
la rémission des péchés, et à l'universelle résurrection , où les bons seront mis en corps et en âme dans la gloire céleste, et les mauvais jetés au milieu des tourments éternels?
clovis. Je crois tout ceci véritable, et je n'en doute point.
l'archevêque. Et à cette heure que demandezvous de moi? Parlez, révélez voue àme.
clovis. Je demande le baptême de sainte Eglise.
l'archevêque. Vous l'aurez. Eh bien! je vous baptise comme chrétien, soyez-en convaincu, au nom de Dieu le Père, le Fils (un peu d'intervalle) et le Saint-Esprit aussi. Que le Dieu tout-puissant, qui vous régénère par cette eau, et qui vous donne par le Saint-Esprit, la rémission de vos péchés au moyen de celte onction que vous sentez sur votre tête, veuille vous joindre à lui daus la gloire éternelle!
clovis. Amen ! Je l'en prie bonnement de tout mon cœur.
l'archevêque. Seigneurs, je vous demanderai un grand drap pour envelopper sa tête et son corps jusqu'à terre.
le deuxième chevalier. 11 ne faut point en plier chercher : sire, je l'ai tout prêt.
l'archevêque. Donnez-le-moi , donnez : c'est bien. — Sire, il faut être enveloppé de ce drap-ci depuis le haut de la lète jusqu'à terre. — Seigneurs, à vous tous, à l'instant même, levez-le haut entre vos bras. Que l'un de mes clercs prenne ses habits, dont il se revêtira de nouveau, quand ce jour-ci sera passé. En avant ? ne tardez pas à l'emporter en son palais. Mes clercs et moi nous suivrons et noes chanterons les louanges de Dieu, dont la grâce a si puissamment agi, que la sainte Eglise a gagné un aussi noble champion. Or sus! chantons Te Denm laudamus.
CONARDS (Les). — Les Conards, comme les lotts, les sols, les scia fia rds , sont l'un des noms qu'ont reçus, au moyen âge y les sectateurs de la fête îles Fous. Il reste d'eus des rits extrêmement altérés et ne conservant plus ni caractère moral, ni caractère religieux', qu'a conservés Du Cange (V Ablias Connrdorum ), et qu'ont cilés du Tilliot et l'abbé d'Arligny.— Voy. Fête des Fous.
CONCEPTION ( L'immaculée), ou Te Triomphe des Normands. — Voy. Triomphe des Normands (Le).
CONCEPTION (La). — Les frères Parfait ont remarqué que deux éditions particulières de la Conception avaient été données vers 1522 et loiO, par Alain Lolrian , sous le titre de : Mystère de la Conception, Nativité d'Annonciation de la benoiste Vierge Marie, avec la Nativité de Jésus- Christ et son Enfance. Ils ajoutent que l'auteur du Mystère de V Incarnation , représenté à Rouen, e'i li"ï, s'est évidemment servi plusieurs fois du texte de la Conception. — Voi/. Passion, II, 5 i.
CONDAMNATION DE BANQUET (La).
— M. O. Leroy a signalé, dans les bibliothèques du nord , plusieurs manuscrits dela Condampnation de Banquet.
Cette pièce date de la tin du xv' siècle, et ne contient pas moins de six à sept mille vers.
Les frères Parfait l'ont indiquée à la suite des éditions de la Nef de Santé et du Gou-