‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 252 sur 1429 · LE PREMIER PHILOSOPHE · texte numérisé non relu

LE PREMIER PHILOSOPHE

Les morts doue ressusciteront.

Sur le témoignage de saint Paul, les incrédules se récrient :

Homme, homme, vous êtes assolé.

Mais saint Denis plus curieux demande des preuves :

saisi BEsis. le fiers (troisième) philoçoplic. Hun (I>cw.) sire, vousue* l savoir

DEN

DEN

Qu'il un soufr'risl {■•nffu) pas enlrc clers (clercs) Dire ; mais <lils snnl vrais cl Hers (clairs) : Aincois (ainsi) il les convient prouver...

Saint Paul lui répond longuement: « Maître Denys , il n'est point de la nature humaine, do plonger au fond des secrets de Dieu; sa parole fait notre toi, notre foi est notre salut; « lerovde gloire » ne peut fa re injustice, et les mâchants, heureux dans ce monde, seront punis dans l'éternité, tandis que les bons, malheureux ici-bas, seront heureux dans le ciel. »

Saint Denis est troublé :

Moult est pleine de grand mystère Sire Pol, votre loi nouvelle.

Saint Paul montre de loin les temples païens, et demande :

Qui sont ces autels que je voy?

Ce sont ceux de Jupiter, Mercure, Mars, etc. L'un est consacré à un Dieu inconnu, h la passion duquel, un vendredi, la « nature se dosnatura , » qui le, monde renouvellera, « et qui doit régner un jour. »

8AIM fM, Maistre, c'est le Dieu que je presclie

Saint Denis se retire chez lui ébranlé.

Un aveugle vient h passer, accablé de sa misère, accusant les hommes, maudissant sa condition funeste, mendiant, maladif, désespéré, affamé.

Hélas, bonnes gens, que feray-je?

Donnez -moi pour Dieu quelque cliose

— Parlez bas, madame repose

— Au moins, me tendez voslre main

— Oïl, oil, c'est à demain :

11 sera jeûne samedy

Saint Paul, ému, s'approche de lui, et lui imposant les mains, lui rend la vue a In seule condition d'aller se montrer a Denis.

Le philosophe est converti par ce miracle; lui, sa femme et ses enfants sont baptisés par saint Paul.

Saint Denis commence aussitôt d'écrire sa Triple hiérarchie et sa Théologie.

DENIS (Le martyre de S.). — Le mystère du Martyre de saint Denis est tiré du manuscrit de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris.

Il dale du xv' siècle.

Mentionné pour la première fois dans la Bibliothèque du Théâtre françois, il n'a élé publié que longtemps après, de nos jours, par M. Achille Jnbinal, dans les Mystères inédits du xv' siècle (Paris, 1837, in-8°, 2 vol., t. I", p. 100 109.)

M. O. Leroy s'en est assez longuement occupé dans les Epoques de l'histoire de France. (Paris, 1813. in-8% p. 38-45.) Il attribuée ce drame la dale du commencement, 3t exprime le regret de n'avoir dit qu'un mot le ce mystère dans ses Etudes, d'autant plus que nul critique n'en a remarqué les grands traits caractéristiques. Ainsi, dans les quoibels très-fréquents de cette pièce, serait sensible co caractère de ridicule déplacé pro-

pre au génie trop aisément rieur, aventureux et ergoteur de la France. L'auteur du mystère aurait probablement emprunté à quelque légendaire aujourd'hui inconnu, à Massus, par exemple, évoque de Paris au ni* siècle, ces principaux traits de ses raille ries.

Parmi les grossiers quolibe's qu'a relevés dans le Martyre de Saint -Denis, M. O.

Leroy (Epoq. de ITIist. de France, Paris, 184-3, in-80, p. 357), « un paysan dit, en parlant du baptême administré par le saint évêque :

Oyez que fait ce fol preslrc :

11 prend de l'yaue en une escuele, El gèle aux gens sur la cervele.

Et dit que parlant sonl sauvez!

« Nous pourrions croire qu'il y a dans ces vers et dans beaucoup d'autres pareils une intention irréligieuse; non, ce n'était encore que pour reproduire l'esprit et les mœurs des ancêtres, dans lesquels on n'éprouvait que trop le besoin de tromper, par penchant à la raillerie... »

" Le môme ouvrage que nous citions plus hflllf, la Bibliothèque du théâtre françois, attribué au duc de La Vallière (Dresde, 1768, in-8", 3 vol., t. 1", p. 42-44), a donné de ce drame le compte-rendu suivant :

a Saint Denis et saint Rieule viennent a Rome, et de là ils partent avec d'autres saints pour venir en France. Ils conviennent entre eux d'aller dans les différentes provinces de ce royaume, pour y prêcher la foi. Saint Denis et quelques-uns de ses compagnons viennent à Paris. Dans une conversation, ils nomment le Roi des rois. Un Parisien leur demande si c'est du roi do la fève ou du pois qu'ils veulent parler. Saint Denis s'engage alors dans une longue dissertation sur les mystères respectables de noire religion, et le Parisien se convertit. Cependant l'empereurDomitien, irrité contre les chrétiens, les persécute... il ordonne à Fesçennin, un de ses officiers, d'aller saisir Denis en France et de le faire mourir dans les tourments avec ses compagnons...

Fesçennin fait arrêler saint Denis, on le conduit en prison, on l'interroge, on le tourmente par dilférenls supplices, enfin il est décapité. Le saint prend alors sa lêle dans ses mains, la porte tranquillement fi l'étrée (tout le long du chemin).

« Saint Sentin et saint Antonin, compagnons de saint Denis, écrivent sa vie et partent pour Rome. Ils arrivent dans une hôtellerie où saint Antonin tombe malade. Saint Sentin le recommande à l'hôte ei continue sa route. Saint Antonin meurt; l'hôte s'empare de sa bourse et jette son corps dans la fosse d'aisances. Saint Sentin averti par un ange de ce qui est arrivé h son compagnon, retourne dans cette hôtellerie, ressuscite saint Antonin et reproche a l'hôte son avarice. Ce mystère finit par la paraphrase d'un texte de saint Grégoire contre l'ingratitude. »

DENIS (Mystère de saint). — De Beau-

DEN

champs (Recuerchessurles théâtres de France; Paris, 1735, iu-8\ 3 vol., t. 1", p. 227), mentionne h mystère du sainl Denis sous

1(3 litre de I te et passion tic saint Denis ; un poil plus bas, p. -2-28, il cite : Lu vie de saint Denis, upostre de France, avec figures, et la Vie de saint Denis et antres, sans qu'il soit possible de savoir s'il entendait des légendes, ou de nouveaux mystères, ou lo même.

Les frères Parfait ont donné dans leur Histoire du théâtre français ^Paris, lo vol. iu-12, 1735, t. 11, p. 5+1-5VG), l'analyse suivante de ce draine :

Première journée du mystère saint Denis (li8).

« Le commencement de celle journée est fort ressemblant au second mystère de la Conception ; Lucifer évoque tous ses démons, qui sortent ebacun par une trappe, ou apparition : et lient conseil avec eux sur les moyens de traverser les prédications des apôtres. Ln>uite ils s'en retournent tous aux enfers.

(Ici se fait tempeste en enfer).

« Sainl Denis élanl en Athènes » va au temple de Mars son dieu tutélaire, tandis que Panopagès, philosophe péripatéticien, et Àpolofnnès l'épicurien, vont adorer Pan et Apollon. En sortant du temple, Denis rencontre ces deux derniers, et s'entretient avec eux de plusieurs questions de philosophie, où il fait briller beaucoup de sagesse.

(Ici se commence l'éclipsé, et Denis et ses compagnons doivent filtre grande admiration uvunt que parler, et uussi les maîtres de la loi d'Athènes).

« Denis et ses deux compagnons étonnés de cette nuit subite, consultent avec les inaiires de la Loi la cause physique qui peut l'avoir occasionnée ; et n'en ayant su trouver aucune, tous, sans en excepter l'épicurien, concluent que cette éclipse surnaturelle est au-dessus de leurs eonnais- .-nnces. Cette dispute les conduit à rechercher celte divinité supérieure, et enfin à lui élever un autel.

(Pause, et doit- on chanter cependant que l'autel du Dieu inconnu s'élèvera).

« Toute l'assemblée vient lui rendre ses hommages; en suite de quoi chacun se retire « en sa place, et cependant on chantera « en Paradis Virgo Dei genilrix. »

« La sainte Vierge, après avoir déploré la mort de son liis Jésus, exhorte les apôtres à aller annoncer sa sainte Loi.

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