‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 282 sur 1429 · MORALITÉ DE L'ENFANT TRODIGUE · texte numérisé non relu

MORALITÉ DE L'ENFANT TRODIGUE

L'Enfant Prodigue par personnages (161), translatée de latin en français, selon le texte de l'Evangile (162).

« Le rustre et l'en.ant gâté ouvrent la scène, par le conseil qu'ils tiennent sur les moyens de gagner leur vie. La conclusion de leur discours est que possédant plusieurs

1 LA GORRIÈRE.

< riN-COEUR-DOUX.

i lenfant gasté.

< le frère aisne.

« le valet du père.

« l'acteur.

< l'amt de bonne foï. 1

(162) Le sujet de celle moralité est pris de la parabole que Jésus-Christ rapporte à ses disciples, chapitre xv, verset 11 et suivants de l'évangile de saint Luc. C'est ce qui nous engage à abréger d'autant plus cet extrait. A la fin de la pièce, qui peut contenir environ quinze cents vers, l'auteur ajouie un discours en prose, qui explique le sujet et le but principal de sa pièce. < 11 est à noter, dit-il, que lesdits personnages sont trois principaux: le père et ses deux enfans : desquels le plus jeune est l'enfant prodigue. Et moralement celui Père est Dieu, et ses deux enfans sont deux manières de gens au monde: les uns bons, et les autres pécheurs. Par l'enfant aîné sont enicndus les justes, qui tousiours demeurent avec Dieu leur père, par grâce : et par l'enfant prodigue; les pécheurs, qui despendent les biens receuz de Dieu follement en volupté, et plaisance mondaine, i

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DICTIONNAiUF. DES MYSTERES.

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talents, ils doivent s'otlacher à celui qui . peut les eiilreienir doucement, sanscraindro les recherches de la justice. D'un autre coté, le père de famille uniquement occupé du chagrin que lui cause le cadet de ses fils, ne peut goûter tranquillement la satisfaciioi qu'il reçoit de l'aîné, et prie Dieu d'avoi. pitié de" ce libertin, et de le préserver de mauvaise rencontre.

LE PÈRE

S'il ne s'amende, seurement, Il sera cause de ma mort.

Pliure du Ciel, vacillez, permettre Mon (ils venir à meilleur port :

Car si tousiouis est en iel eslro il sera cause de nia mort.

0! quel réconfort!

Quel mauvais rapport

J'ay de luy, j'en suis

Navré si très fort,

Et par tel effort,

Que plus je n'eu puis.

0 combien d'ennuis,

Par jour et par iimtz

Prend tin pou re Père,

Pour ses mauvais lils,

En perliez conlilz.

0 douleur amerc,

0 lierc misère!

Je crois si la mère,

N'eusl point enfanté

Enfant nui s'ingère

A tout vitupère,

Que bon eust esté.

« Pendant ce temps-Jà,le prodigue, conduit par le ruslre et l'enfant gâté, va dans une maison de débauche, où il dépense bientôt le peu d'argent qu'il a sur lui. Il court a la maison paternelle, d'où il rapporte quelque argenterie, et de la vaisselle d'élain qu'il vient de dérober. Son retour surprend la compagnie, qui ne comptait plus le revoir. Cependant le père, apprenant le vol de son lils, redouble sessoupiis. « Oubliez cet in- « grat, » lui dit son fils aîné.

LE PERE

Certes, mon filz, je n'en puis mais, Car c'est ma génération :

Voslre mère, dont Dieu ait l'amc, Ce nie semble étoit preude femme; Bien sçay que tous deux estes miens.

le frère.

Père, vous estes abusé, • D'aimer si fort le Hoqueleur Qui vous a du tout déprisé, Et faict au cœur tant de don eur.

<( De son côté, le prodigue plus amoureux que jamais, joue avec deux liions; ceux-ci s'entendent avec la gorrièreel sa compagne, qui, sous prétexte de le conseiller, lui font perdre tout son argent. Il reste une dernière ressource au prodigue; il va à son père, et lui demande sa légitime. Le vieillard la lui remet en pleurant; et ce misérable ne s'en voit pas plutôt en possession, qu'il revient la dissiper de la même manière. Le lendemain

Ki3) Gorrièrc, femme parée, fière de sa parure. La grand'gorre, habit magnifique des dames, contre lequel les prédicateurs du temps déclamaient vive-

matin, n'ayant plus d'argent, la maître--: du lieu et les deux filles le dépouillent non.' leur paiement.

LA c.oitn'ERE le chatsar.l.

Allez villaiu.

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