I.A PREMIÈRE NONNE. GlliboUI', CCItCS, VOUS deVCZ
bien réjouir votre cœur en Dieu, car je vous fais 6avoir que lui-même nous a envoyées à vous toutes deux pour que vous vous mettiez en roule sans retard, embrassiez notre ordre et preniez notre habit.
la deuxième nonne. Dieu veut que vous laissiez [es vanités de ce monde pour le servir, et mériter une plus grande gloire dans les ceux.
guiboi'R. A la vérité, c'était là tout mon désir. Allons doue â la volonté de Dieu, puisque vous devez iii'emiueiier; je suis toute orôle à parlir avec vous.
la première nonne. Eh bien ! allons; mais toutes trois chan ons en chemin les louanges du Roi des rois et de sa douce mère. — Vierge, on doit bien vous louer, puisque, pour nous arracher à l'enfer, Dieu se lit homme en vous, et nous acquitta de la mort dont Adam nous avait rendus les débiteurs en mangeant la pomme.
FÊTE DES FOUS (La). La Fête des Fous a été, jusqu'ici, l'objet de dissertations incomplètes. Aux xvu< et xviii' sièsles, en général, on s'est arrêté à tel ou tel phénomène. Notre temps, un peu plus compréhensif, a accepté des bornes un peu moins étroites. Néanmoins bejucoup des grands faits originaux de la fête des Fous ont manqué d'examen.
Du Cange, au mot Kalendœ (Gloss. inf.
et med. lut., édit. Henschell, Paris, Didot, in-4-% 6 vol.), a donné, sur la fête des Fous ou des Calendes , divers renseignements très-curieu x : — au xiv' siècle, les mystères, les miracles, leurs représentations étaient dils aussi fêles. — Les Calendes portaient dans le nord le nom de Kalcandach . et l'on trouve à Marseille la Noël nommée les Calènes.— Ces réjouissances impies se sont perpétuées des gentils parmi les Chrétiens. — L'Eglise, tout entière, les conciles, les Papes, se sont élevés en vain, durant le moyen Age, contre ces folles pratiques. Nonseulement les laïques n'abandonnaient pas ces jeux, mais le clergé lui-même y restait attaché.— Au ni" siècle, on les nommait la liberté de décembre.— Le point principal, à partir de cette époque jusqu'à leur abolition, fui l'élection de l'abbé et de l'évêque
des Fous, dont les formules nous ont élé conservées dans un cérémonial manuscrit do l'église de Viviers, datant du XiV siècle, 1365. (V. ci-dessous). Ce fut seulement au x\' siècle, en France, quand la Faculté de théologie y tint sérieusement la main, que ces folies disparurent. On ne les retrouve plus depuis la Lettre circulaire des théologiens, en WiU. — La fête portait divers noms, outre ceux mentionnés plus haut : fêle des Hypodiacres, des Sots, des Fous, des Innocents.
Le P. Théophile Raynaud (Soc. Jesxi theol. opéra; Lyon, Roissat et Resné, 1665, infiîl., 19 vol., Heteroclita spiritual., sect. n. puma. 8, §20, I. XV, p. 209), s'élevait aussi contre la fête des Fous, des Innocents, les jeux des enfants, les élections d'abbés, les proses de l'âne et du bœuf.
Du Tillot {Mémoires pour servir à l'histoire de la fête des Fous, Lausanne , 1751. in-4°) et l'abbé d'Artigny (Notice sur la fêle des Fous ; collect. de Dissertations <!e Leber, Paris, 1838, in-8°, 20 vol., t. IX, p. 231), suit donné le n un de Fête des Fous à certaines réjouissances que les clercs, les diacres et les prêtres mêmes faisaient dans plusieurs églises pendant l'office divin , en certains jours , principalement depuis Noël jusqu'à l'Epiphanie, et notamment le premier jour de l'an : c'est pourquoi on appelait aussi la fête des Fous fête des Calendes. — Pour découvrir l'origine de ces cérémonies, il faut remonter aux fêtes du paganisme, entre lesquelles les Salurnales, les Lupercalcs et les Calendes de janvier tenaient le premier rang. — Quelque scandaleuses , quelque insensées que fussent ces sortes de cérémonies, elles subsistèrent, en tout ou en partie, au milieu même du christianisme, malgré les conciles, les p.pes, les évêques , qui mirent tout en œuvre pour les abolir.— Ainsi, le jour de Noël, après vêpres, les diacres dansaient dans l'église, en chantant une antienne en l'honneur de saint Etienne; les prêtres en faisaient autant, le jour de ce saint, en l'honneur de saint Jean lEvangéliste; les enfants de chœur ou les pelits clercs, le jour de saint Jean l'F>angéIisle, à l'honneur des Innocents ; et les sous-diacres, le jour de la Circoncision ou de l'Epiphanie. Du Tillot et l'abbé d'Artigny citent encore, et distinguent de la fêle dos Fous , celle de l'Ane, les danses de Noël à Conslantinople, et les élections d'évêques ou d'abbés des Innocents.
L'abbé de Larue, dans ses Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les trouvères normands et anglo-normands, (Caen, Mancel, 183'*, in-8°, 3 vol., t. 1", p. 183), considère un passage de Victor de Vile, comme le témoignage que l'Eglise d'Afrique, dès le \' siècle, tolérail à ses lecteurs une fête des saints Innocents, d'autant qu'au xi' siècle, c'élait une fêle déjà Irès-ancienno à Rouen, et qu'au x' siècle , Cedrenus en prouve l'existence en Orient.
Dans son cours professé à la Faculté des lettres, en 1835, M. Magniw considérait, autant toutefois qu'il est jicrmis de s'en