‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 373 sur 1429 · COSSE · texte numérisé non relu

COSSE

le roi d'écosse. Holà, bel hôte! je viens m 'établir en votre logis, pourvu que cela vous convienne. Je veux m'asseoir ici un instant : je suis las de maitber.

LE sénateur. Monseigneur, par saint Nicolas! soyez le très-bien venu, et ne vous niellez pas en peine : si quelqu'un a rien de bon , vous en aurez: je vous satisferai sur loin ce que vous demanderez.

la femme du sénateur. Cher sire, je m'appliquerai aussi à vous servir.

le roi d'écosse. M'aniie, je vous remercie! Maintenant, dites-moi la vérité, par votre âme! Eles-vous la dame de céans? Je crois que oui.

la femme. Si je répondais nenni, je manquerais à la vérité; car autrefois, sire, il m'épousa d'un anneau 1-ciiit.

le sénateur. Sire, puisqu'elle le reconnaît, je confesse qu'elle dit vrai; mais elle me voulait avoir a toute forée.

LA femme. Dieu! que vous autres hommes vous êtes lins! celles, je u y pensais pas, sire. Ce fut une de ses amies qui rechercha ceux de ma famille et lit tant que le mariage se consomma.

l'enfant. Eh, où est mon joujou? Oh! je le vois.

(Ici il jette Vanneau et joue avec).

le noi d'écosse. Quel est cei enfant? Par ma foi! il a nu gracieux visage, cl pour son âge il esl éveillé. De qui est-il lils?

le sénateur. On le met sur mon compte. — Femme, dis-je vrai?

le roi d'écosse. Approche, mon enfant. Par mon âme! lu es bel et doux, j'ose le dire. Allons! donnemoi l'objet qui'tii liens; viens ici.

la femme du sénateur. Donnez-le-lui , beau lils, donnez. __

l'enfant! Tiens; esi-ce beau?

le roi o'écosse. Oui, par la mi : 1 1 1 e Vierge! Eh, Dieu! c'est l'anneau que je donnai autrefois à mou amie que j'ai perdue; je le reconnais bien. Ah ! dame, qu'es-tu devenue? Je suis triste et accablé de douleur à ton sujet à la vue de ce gage.

le sénateur. Sire, qu'avez-vous pour que les humes tombent de vos yeux? Voire puissante est-elle en péril? [Quel mal avez-vous?

le roi d'Ecosse. Ah! bel hôte! vous ne savez pas à quoi je pense maintenant. Par votre foi! êtes-vous le père de cet enfani?

le sénateur. Mon cher seigneur, pourquoi le demandez-vous?

le roi d'Ecosse. Par la foi que vous devez à Dieu, et par votre qualité de chrétien, diies-moi la vérité sans relard.

le sénateur. Volontiers, siie; et sans mentir. Il y a bien trois ans, voire môme quatre, qi e, dans uae promenade sur le bord de la mer, je vis venir, vers le milieu du jour, dans une nacelle, une très-belle dame qui n'avait qu'une main. D'où elle venait, je ne sais, il n'y avait ni aviron, ni mal. Je fus bien étonné qu'elle ne se fût p;is noyée dans la nier. J'étais aile auprès d'elle, je la trouvai dans l'égarement, chagiiue, éplorée, tenant entre ses bras cet enfant dont elle était nouvellement accouchée. Je ne pus rien tirer d'elle. Que lui était-il advenu? Pourquoi était-elle en mer ? Néanmoins, elle m'inspira une telle pitié que je remmenai. Depuis, je l'ai gardée comme une dame qui nous esl irès-chère; et, à vrai dire, sire, elle est grandement femme de bien et peu parleuse.

le roi d'écosse. Pour l'an. our de Dieu! si une prière a quelque pouvoir sur vous, mou hôtesse, je veux vous prier de l'aller chercher où elle est et de ramener.

la femme. Pour l'amour de vous, je m'en mets en peine, cher sire, et je ne tarderai pas à vous l'amener. La voici, sire.

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