ADO
Dieu, accomplissant l'œuvfe qu'il s'étail tracée, donna à l'homme permission de jouir de tous les fruits de la terre, honnis d'un seul ; il n'y en eut qu'un d'excepté, et qui ne dût pas être touché. Car, pour en avoir mange, l'homme devait être soumis aui terreurs de la mort. Au contraire, en n'enfreignant pas la loi de Dieu, la vie était exempte d'angoisses.
Un jour, après avoir longtemps médité son dessein, le Serpent s'approcha, décidé à triompher del'homme, et parla ainsi.
le serpent. Femme, le Créateur ne vous a-t-il «as dit : < ne louchez pas à ce seul arbre ? > Eh bien, c'est une défense jalouse ; vous deviendriez des dieux.
ève. 11 nous a dit: < Vous pouvez manger les fruits de tous les arbres, mais prenez garde aux seuls fruits de cet arbre, car, sitôt après en avoir goûté, vous seriez sujets à la mort. >
i.e serpent. Femme, n'avez pas foi en ces paroles, car Dieu n'ignorait pas qu'en mangeant les fruits de cet arbre unique, vos yeux s'ouvriraient et vous seriez comme des dieux.
eve. Etranger, avez vous visité déjà Adam, mon époux et mon maître, ou bien ètes-vous venu auprès <!e moi, de votre propre mouvement et avec audace ? lgnoiiez-vous donc que je suis soumise à Adam ?
le serpent. Femme, si vous le voulez, que pourra Adam ? A vos prières, a vos paroles, comment refuserait-il rien ? 11 recevra le fruit tout de suite et le mangera avec vous.
Ève. Eh bien, puisque vous èlez venu vers moi qui tremblais, et puisque mon savoir-faire a, selon vous, l'occasion de parfaire l'homme, je vais, et peut-être Adam consentira-t-il.
i.e seupent. N'approchez de votre époux qu'après avoir vous-même goûté au fruit, bravez la première le danger, mordez la première : c'est par ce moyen qu'il se laissera gagner ; et n'étes-vous pas femme ?
ève. Etranger de bon conseil, vous m'avez persuadée : je romprai ce fruit, et je ferai en sort" que mon époux en goûte; et peut-être les espérances que m'a suggérées votre discours se réaliseront alors.
i.e serpent. Femme, tenez vos promesses sans tarder, vous éprouverez à l'instant l'effet des miennes: le profit n'est jamais aux cotés de la lenteur.
ève. 0 mon mari, voyez la beauté de ce fruit, faites l'essai de sa saveur délicieuse autant que la vue le promet, prenez-le, et si vousvoulezen manger, vous deviendrez comme Dieu.
adam. Est-ce un don de Dieu ? est-ce l'offrande de quelque étranger' Et comment après l'avoir mangé, ce fait seul me rendra-t-il Dieu ? Y a-t-il donc quelque Dieu qui use de nourriture ?
ève. Ami, qu'y a-t-il de préférable à la science de la nature même du bien et du mal dans la vie? Kh bien, sitôt après avoir mangé de ce fruit, vous saurez l'un et l'autre.
adam. Mais comment? Sera-ce , pour avoir bravé les ordres les plus rigoureux du Créateur même? Insensée, tu es la proie de la futilité de ton esprit !
ève. Ignorez-vous les motifs de ces défenses expresses ? ne les comprenez-vous pas? Je veux amasser sur ma tête toute la faute, objet pour vous de tant de craintes, et moi seule, chargée de tout le péché, je vous absoudrai.
adam. Eh bien, j'ai goûté.... El déjà, ô femme, je sens dans le fond de mes entrailles la puissance de votre erreur ; oui ! j'en ai le pressentiment, la mort terrible s'est appesantie sur nous...
ève. Le mal me dévore le flaac ; voilà l'effet de ce fi'jiii défendu. Le Serpent infâme s'est joiié de moi.
adim. Eh quoi? nous sommes uns. Femme, parle : comment nous couvrir ? parle donc. Je ne voi» point de vêtements
ève. Voici des feuilles de figuier qui sont solides; voilons-nous-en. Déjà le travail a commencé pour nous.
adam. Tu connais enfin, mais trop tard, la naturp terrible du péché ; tu éprouves des maux que tu n'avais pas prévus : sois au moins à la hauteur de ta faute.
k.ve. .J'ai fait l'épreuve de la ruse ; mon âme s'est laissée imprudemment entraîner, et c'est par moi, 6 mon époux, que votre coeur a été corrompu; certainement je suis l'auteur même du mal.
adam. O mon épouse, n'entends-tu pas les chants célestes, précurseurs de Dieu? Le crime accompli sera vengé. Combien je tremble !
ève. Le bruit de l'approche de Dieu arrive à mon oreille. J'ai peur. Comment soutenir sa parole irritée? Ami , je vais me cacher auprès de toi.
adam. Quel lieu peut m'offrir une retraite impénétrable ? 11 n'y a point de lieu hors de Dieu où fuir et se cacher. Suis-moi pourtant, femme.
dieu. Adam, prince de la création, œuvre et propriété de mes mains , où es-tu allé ? qu'es-tu devenu ?
adam. Je vous entends , je vous sais là, mais je suis nu, et je ne puis venir ainsi à vos yeux. Oui, j'ai fui tremblant, et l'horreur me cloue en ce lieu.
dieu. O malheureux, malheureux ! ton ame a été séduite. On l'a donné l'idée de ta nudité. Tu as touché à ce qu'il était défendu de toucher.
adam. Créateur, j'ai eu foi dans la femme que vous m'avez donnée. Combien ne mit-elle pas de douceur dans ses paroles? Je me suis approché des fruits dont il ne m'était pas permis de goûter.
dieu. Séduit par la femme, convaincu d'oubli de mes ordres, tu rompras les ronces de la vie, entassant cris sur cris, désespoir sur désespoir. La mort dominera la nalure, cl la femme enfantera dans la douleur. Le visage mouillé de sueur, tu mangeras ton pain dans le travail et les angoisses , jusqu'à ce que tu rentres dans celte terre d'où lu fus tiré
ADAM d'Albkrstadt (L'). — Parmi les usages de la fête des Fous, il faut noter celui très-singulier que signalait M. Magnin dans son cours professé à la Faculté des lettres en 1835, et qu'il fit remonter jusqu'au x" siècle; celle coutume lui parut propre à Albersladt, dans la Basse-Saxe. Un malheureux, qui accepte ces tristes fonctions, et auquel on donne le nom d'Adam, erre pieds nus, pendant tout le carême; le jeudi saint, on absout en lui toute la ville. (Cf. Journ. gén. de l'insl.publ., 17 mai 1835, 1" semestre, xvn' art., p. 275.)
ADAM ET EVE (Mystère d'). — M. Magnin, dans son cours professé à la Faculté des lettres, en 1835, a fail mention d'un mystère d'Adam et Eve représenté à Civilta- Veechia en 1304. (Cf. Journ. gén. de l'instr. publ., 12 novembre 1835. 2' semestre, x' article, p. 28.)
ADORATION DIS MAGES. — On trouve sous ce titre, dans les Voyages liturgiques en France (Paris, 1718, in-V") de M. deMoléon, la mention d'un office des Trois-Rois, célébré, le jour de l'Epiphanie, à Orléans, au xtv* siècle. {Voy. Tnois-Rois.)
— L'IIérode du manuscrit de Saint-Benoît*