‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 420 sur 1429 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

les deugf.bs revenant de la crèche, chantent gaiement : 0 Uni du ciel!

les maces aux bergers. Vous l'avez vu?

les bergers. Tout ce cjue l'ange nous avait dit sur cet enfant s'est vérifié : nous avons trouvé l'enfant roui ■ dans des langes et dans la crèche, au milieu île deux animaux.

(Les bergers s'en vont, et les Mages, suivant l'étoile, approchent de l'étable.)

les mvces chantant. Combien sont peu de choses, dans leur immensité, le ciel, la terre el les mers infinies! L'enfant est là, sorti du sein d'une Vierge, couché dans uncclable, ainsi que l'avaient annoncé tous les prophètes; auprès de lui, le bœuf et l'âne. El l'étoile brillante apparaît, pour fou nurses services à ce Seigneur que Balaani avail prédit devoir naître de la nation juive; el l'étoile brillante inonde nos yeux de l'éclat de ses feux, pour nous conduire miraculeusement, resplendissante, versée berceau.

les NOUitiiicES parlant aux Mages, dès qu'elles tes ont vus. Quels sont ces hommes qui s'avancent vers nous sous la conduite d'une étoile, cl qui apportent des objets inconnus?

les mages. Tels que vous nous voyez, nous sommes les rois de T bar se , d'Arabie el île Saba : nous apponons des préseuls au Christ qui est né, au Seigneur Roi, auprès duquel nous sommes venus, sons la conduite d'une étoile, et pour l'adorer.

les NocBMces, montrant l'enfant. Voici l'enfant, voici celui que vous cherchez; adorez-le aussitôt, car il est le Hédempteur du monde.

les mages. Salut! Roi des siècles! Salut! Dieu des Dieux! Salul! Sauveur des morts.

(Les Mages se prosternent, allaient l'enfant, el lui offrent leurs présents.)

LE PREMIER MAGE. 0 Roi, prends CCI OTJ l'or CSl le

symbole des rois.

le second. Prends la myrrhe; la myrrhe esl le symbole des tombeaux.

le troisième. Prends l'encens, car m es vraiment Dieu.

(La cérémonie accomplie, les Mages s'endorment devant l'étable, jusqu'au moment où un amie apparaissant au-dessus d'eux, les prévient dons leurs rêves de s'en retourner dans leur pays par un chemin autre que celui de leur venue ) l'ange. Les prophéties sont entièrement accomplies. Allez, prenez un autre chemin, pour n'être pas punis comme délateurs d'un si grand roi.

les mages s'éveillant. Dieu soit loué! Levons-nous, et comme nous en avertit la vision de l'ange, chan-

geons de chemin, pour cacher à Ilérode notre visite à l'enfant.

les maces s'en vont par un chemin différent, pour n'être pas rencontrés par Ilérode. Ils disent : 0 merveilleux rapports! & créaiioimniverselle! (S'udressunt au chœur). Frètes, soyez dans la joie, le Christ esl né pour nous, nu Dieu s'esl fait homme.

le chantre entonnant : Te Deum, clc.

HILA1RE, discitle d'Abailard. — André Duchesne publia, pour la première fois, en lOlfi, une pièce de vers tirée des œuvres â'Hilaire (Abwlardi Opéra, p. 242.) Mabillon donna, en 1713, dans les Annales or Unis S. Benedicli, t. V, p. 315, la Vie de cet auteur. Depuis lors, il n'était plus question A'Hilaire, lorsque, en 1838, M. Cliampollion Figeac en édita les œuvres complètes.

On n'a sur Hilaire d'autres renseignements que ceux que lui-même a donnés dans diverses pièces de ses vers. Son nom n'est ainsi connu que par lui-même. Mabillon l'a fait anglais d origine, en s 'appuyant sur ce qu'il raconte la vie d'une recluse anglaise. qui mourut en Anjou, et sur ce que quatre île ses Epîtres sont adressées à des personnages originaires d'Angleterre. 11 serait venu d'Angleterre en France, pour entendre Abailard, dont il se dit le disciple, et qu'il cite souvent. Il vécut donc dans la première moitié du xn' siècle.

Les conjectures de Mabillon ont été confirmées par l'autorité, soit de M. Champollion-Figeac, éditeur des Œuvres d'Hilaire, soit de M. Paulin Paris, dans le tome XX de VHisloire littéraire de la France (p. 627- 630)

M. 0. Leroy, dans ses Epoques de l'histoire de France (Paris, 18i3, in-8"), en a l'ait un hérésiarque, en ce sens au moins que, dans le temps môme des efforts de l'Eglise pour maintenir la langue lali'ie, il avait introduit des mots français dans les pièces rimées qui restent de lui, el môme parce que, dans un de ses drames, il avait tenté de saper quelques-uns des dogmes. ( p. 72. ) Les trois pièces de cet au Uur auraient été représentées. (Ib., p. 78.)

Les OEuvres d'Hilaire .sont restées trèslongtemps inconnues. Depuis 1713, époque où Mabillon en avait consulté le manuscrit, ce précieux recueil avait disparu. M. Guérard le reconnut en 1837, et la Bibliothèque du roi en lit l'acquisition, dans la vente de la bibliothèque de Rosny. Il renferme :

1° Quinze pièces île v. rs, parmi lesquelles sont trois mystères : 1° le Lazare; 2° leS«mf- Nicolas ; 3" le Daniel.

2° Une Interprétation mystique du nom do Jérusalem, attribuée à Hilaire par son éditeur.

3" Une Charte satyrique, écrite d'une- autre niait.

M. Champollion-Figeac en a donne uno édition unique jusqu'à présent, sous le titre de Hilarii versus et tuai, Paris, Téchener, 1838, in-8", de xv-61 pages

Cette édition ne contient que les 15 Pièces de vers et Y Interprétation mystique; la (hurle satqrique, presque contemporaine de*

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OEuvres d'Hilaire, a été publiée par le môme érudit. dnns la Collection des documents relatifs à l'histoire de France [Lettres des rois, reines, etc.).

HOMME FRAGILE (L'). — Cette pièce, datant du xvi' siècle, a été éditée d'après le manuscrit, fonds La Vallière, n°63, de la Bibliothèque impériale, dans le Recueil de forces, moralités, sermons joyeux..., tiré à 76 exemplaires..., par MM. Leroux de Liney et Fr. Michel ; Paris, Téchener, 1837, petit in-8', 4 vol., t. III, n° 51. Il est difficile de décider si jamais elle a été destinée à la représentalion : néanmoins nous pencherions à croire que, de môme que beaucoup d'autres pièces du môme genre, elle n'est qu'une sorte de dialogue de forme antique. Le titre est ainsi conçu :

L'homme fragille, morallile a tv. personnages, c'est a scavoir : l'Homme fragille, Concupicence, lu Foy, la Grâce.

Elle occupe dix feuillets.

La Concupicence tente VHommc:

Je sçny bien que vous fouit, m y dïeub : Plusieurs grans llirésors ei richesses,

Hahis braves el spccieulx Mains plaisans et délicieux Et tous plains d'aullre genlilleses.

Scavoir : cinq cent mille fineses Pour aquerer donneur des dames ••

l'homme.

Ma mignonne, que ie vous âmes Voila tout ce que ie demandes.

Mais la Loy avertit l'Homme, le gourmande :

Tu scays que tu es créature Du seigneur qui est tain puissant...

Contcmne ses coininandemens, Malédictions et tournions, Famyne, inaulx sur loi viendront; Tes besles, vignes, grandz forment* Te seront pris et desfaudront.

Tes terres plus ne porteront.

La Foy et la Grâce s'unissent à la Loy.

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