SCÈNE VIII
l'euperelr , l'impératrice, et ses femmes,
LE FRERE DE l'eMPERELR.
l'empereur. Dame, je reviens d'auprès du saint Père, qui m'a donné l'absolution de tous mes péchés. Sa Sainteté veut que par dévotion je porte celle croix sur mon épaule jusqu'à ce que Dieu m'ait rallient ici à hou port : puisqu'il l'a ainsi ordonné, je la porterai volontiers. Donnez-moi un autre babil; je ne mettrai pas celui-ci. Allons! dépêchez-vous, mon amie : je veux partir.
l'impératrice. Mon cher seigneur, à voire gré. — Donnez-moi cette houppelande, Isabelle : à ce que je crois, c'est celle que l'empereur demande.
la demoiselle. J'y avais aussi songé. Tenez vachnie.
l'empereur. Ma femme, c'est :e que je demande. Allons, par votre foi ! attachez ici telle croix pour l'amour île moi.
L'IMPÉRATRICE. Mon cher seigneur, je vais vous le faire de bon cœur, sans observations. — l/esl fait; elle V esl on ne peut mieux placée.
l'empereur. Frère, c'est fini. Je vous prie de. prendre en tous lieux souci de mon honneur, de garder ma compagne, et de tenir le peuple en paix. — Dame, je ne sais si jamais je vous reverrai. Baisez-moi, baisez. Eli! cessez de pleurer. — Messire On y, Cl vous, lluarl , allons-nous-en; car j'ai hà:e de sortir de celle leire. La pitié m'enveloppe et me serre le cœur. Adieu, tous!
l'impératrice. Mon cher seigneur, mon doux ami. aiiit'ii ! Dieu vous conduise, en soi le que rien no vous puisse nuire ni faire mal.
lf FRÈRE. Lu vérité, mon (lier frère, nous irons jusque là-bas en vous accompagnant tous Mois, puis, quand nous y serons, nous vous dirons adieu.
l'empereur. Soil! nous le ferons ainsi. — Vous deux, sergents, allez devant. — Oli? vous n'irez pas plus loin; retournez sur vos pas.
le premier chevalier. Puisque tel est votre plaisir, nous vous laisserons ici. Adieu, cher sire!
le frère. Cher frère, je ne sais que vous dire : que Dieu vous conduise sain et sauf, et soit assez bon pour vous ramener en parfaite santé!
l'empereur. Que sa volonté soit entièrement faite! Adieu, mon frère!
LE PREMIER SERGENT D' ARMES. 11 IlOUS f.Ult tetOUl-
ner en arrière auprès de Madame.
le premier chevalier. Oui vraiment, car ce n'est pas une femme que nous devions laisser seule; il faut doue nous hàler d'aller à elle.