LOI
frairie du dit Saint-Loys, fondée en leur chapelle de Saint-Biaise, à Paris.
Le Saint-Louis n'a pas été publié.
M. ('). Leroy, dans ses Eludes sur les mystères (Paris, 1837, in-8°, p. 303-3(j5j, l'a considéré comme une « tragédie nationale; » et M. Villemait) a, dans le Journal des Savants (\838, avril, p. 817), adopté les opinions émises par M. O Leroy.
« Voilà (Jonc, dit-il, sous cette forme de longue biographie, qui au théâtre est l'enfance de l'art, une espèce de drame patriotique, offrant quelques traits remarquables. »
M. O. Leroy, quelques années après, revenant sur le même sujet, dans ses Epoques sur l'histoire de France (Paris, Hachette, 1813, in-8°), a trouvé dans le Saint-Louis de Gringoire, ce poète représentant des balles.. une touchante mais effrayante personnification, le peuple de Paris venant offrir au roi, contre les grands vassaux, son appui formidable... « Depuis cet important ouvrage de Gringoire, ajoute l'auteur, le peuple n'intervient plus guère dans noire tragédie. » (Ibid. Inlrod., p. 18.)
Le Saint-Louis a été écrit, comme l'indique son titre, pour une confrérie. Du temps de Gringoire, c'était le corps des tapissiers et merciers, qui avait le grand roi pour patron. Les réunions avaient lieu dans la grande salle du palais, que le Parlement avait concédée aux confrères, et qu'ils partageaient avec les clercs de la bazoche : c'est là que la nièce de Gringoire dut être représentée.
« On se demande comment un ouvrage de l'importance de celui que nous examinons, dit M. O. Leroy, composé dans la maturité de l'âge par un homme aussi connu, est resté tout à fait ignoré. Peut-être à cause de certains traits qui auront blessé quelques hommes puissants. » (Etudes sur les mystères, p. 313.)
« Quoi qu il en soit, écrit pour de bons bourgeois du vieux temps et après avoir été représenté par eux, ce grand drame sera resté dans les archives de la confrérie; de là aura passé à Saint-Germain des Prés, car il porte aussi la marque de cette abbaye; entin il est venu s'engloutir dans le dépôt des manuscrits de la Bibliothèque royale. »
Ce mystère est divisé en neuf livres.
« L'action commence à l'année 1226.
« Louis V11I, après de nombreux exploits, venait de mourir sans testament, laissant la couronne de France à l'aîné de ses fils, Louis IX, Agé do onze ans, et la régence à la reine Blanche, sa femme, mais verbalement, en présence seulement de quelques évoques et seigneurs. Plusieurs grands vassaux, notamment les comtes de Champagne, de la Marche et le due de Bretagne, jaloux de l'autorité royale et s'uutorisant de l'absence de dispositions testamentaires, veulent contester à la reine-mère le droit de gouverner son fils. Une éducation militaire suffit, selon eux, à un jeune roi. Dès la première scène,
LOU idi
voici sur quel ton ils veulent parler ù la reine :