L ESPRIT
Veux-tu avoir premièrement La couronne, que batailler?
« La Chair lui cause plus de peines que les autres, et proteste de mourir plutôt que d'ôtre séparée du monde. « Que je suis malci heureux! » s'écrie le Chevalier.
l'esprit.
11 est vrai, tu n'as ennemy Lequel te fasse plu d'enmiy Comme la chair.
LE CHEVALIER
C'est ung grand cas.
l'esprit.
El te suil lousjours pas à pas, El boit el mange avecques loy, * Et couche aussi.
0 quelle loy!
« C'est pour celle raison, ajoute l'Esprit, « qu'il faut que tu la domptes. »
la chair , pleurant.
Ce sont icy dures devises ; Bien voy qu'il faul que je me rende.
le monde, au chevalier, en s'en allant. Je prendra y donc une autre hende ; Vous estes pour moy trop rusé.
« Songe plutôt à le convertir, répond le « Chevalier. — J'aimerais mieux me pendre, « réplique le Monde. - Laisse-le, dit l'Es- « prit; mais comme tu ne peux quitter la « Chair, pense uniquement à la réprimer, « à la mortifier sans cesse, et lui refuser tout « ce qu'elle te demandera. »
le chevalier.
Allons nous-en donc besongner,
De par Dieu, puisqu'il le commande.
l'esprit.
Allons-nous-en donc besongner :
Nos ennemis sont eslongnez; Dieu nous veuille garder d'esclandre.
LE CHEVALIER
Allons-nous-en donc besongner
De par Dieu, puisqu'il le commande.
(A rassemblée.)
El jiisqucs à tant qu'on nous mande Ici ou en un autre lieu, Nous nous dirons à tous 9 Dieu, Qui iloint à Messieurs bonne vie, Et à toute la Compaignie.
NATIVITE DE NOTRE SEIGNEUR JE- SUS CHRIST ( La ). — La Nativité a été l'objet, 1° de représentations figurées dans les rites ecclésiastiques, el2° de jeux dramatiques hors de l'intérieur des églises.
xe siècle. — Limoges.
Office de la Nativité.
Ce curieux office dialogué, qui daîe au
moins du x* siècle, est l'un de ceux que nous a conservés le manuscrit de Saint-Martial de Limoges. ( Bibliothèque impériale, fonds latin, n° 1139.)
Raynouard l'a publié et traduit le premier; MM. Fr. Michel, et Wright, en Angleterre, ont reproduit l'édition ou la traduction de Raynouard.
Le savant abbé Lebeuf l'avait signalé dès 1741 . « A Saint-Marlial de Limoges, sois i
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DICTIONNAIRE DES MYSTfRF.S
NAT
roi Henri I", Virgile se trouve associé avec les prophètes qui viennent' h l'adoration du Messie nouveau-né, et il mêle sa voix avec la leur pour chanter un long Bcncdicamus rimé par lequel finit la pièce. » ( Dissertations sur l'histoire ecclésiastique et civile de Paris, 1741, in-8% t. II, p. 05. )
Les Bénédictins, de Roquefort, M. Amaury-Duval, repétèrent la note de l'abbé Lebeuf.
M. Magnin rapprocha de ce mystère les ofiiees de la Nativité ; c'est une remarque que Du Cangc avait faite le premier. Il semble, en effet, certain que V Ordre de la procession des ânes, tel qu'on le pratiquait à Rouen au xn" siècle, n'est autre chose que le mystère de Saint-Martial de Limoges qui remonte deux siècles plus haut. — Vuy.
Saint-Martial ; — Fête des Foi»
PERSONNAGES
le cnor.tR.