LA NAISSANTE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS
CllRIST,
Sorte de mystère joué de nos jours on Rasse-Hrelagne.
MM, L. Dessales et P. Chabaiiles, dans l'Avant-Propos du Mystère de saint Crespin et de saint Crespinien (Paris, Silvestre, 1836, iu-8° de xx-196 p.), en nnt cité quelques vers qu'ils assurent tenir de l'un des spectateurs :
On ne voit plus d'années, on ne voit plus de guerre, La paix universelle est par toute la terre Le grand César Auguste a soumis par sa main Tomes les nations à l'Empire romain; H a fait une paix éternelle et durable.
Puis le même auteur raconte l'arrivée de la Vierge Marie ei de Joseph à Bethléem, eu res ternes :
C'est une femme enceinte et prèle d'aecnuclier Son mari la respecte et n'ose la tom lier.
(1\ Xll-XIII.)
Voij. Passion, 11, § k (2I2*).
NATURE ET LOY DE RIGUEUR. — Cetle pièce datant du xvi* siècle a été éditée, d'après le manuscrit fonds La Vnllière, u° 63 de la Bibliothèque impériale, dans le Recueil de farces, moralités et sermons joyeux, tiré à 76 exemplaires, par -MM. Leroux de Lincy et Pr. Michel... Paris, Téchener, 1837, petit in-80 ancien, k vol., t. 11, n° 4-5. Nous ne pensons pas qu'elle ait été destinée à la représentation ; ce serait plutôt, selon nous, un dialogue a la manière antique* entre Nature, Loy de Rigueur, Divin Pouvoir, Amour, Loy de Grâce, et la Vierge.
Le titre est ainsi conçu :
Nature et loy de rigueur : morallile a. vi. personnages.
NICOLAS (La statue de saint). — La statue de saint Nicolas est un des trois drames qu'a laissés Hilaire, disciple d'Abailard. Le manuscrit qui, parmi d'autres œuvres, contient ces drames, connu depuis 1616, a passé, en 1837, de la bibliothèque de Rosny dans le riche dépôt de la Bibliothèque impériale.
Cette pièce appartient donc très-certainement à la première moitié du xn* siècle.
Il n'en exisle d'édition que celle donnée en 1838 par M.Champollion-Figear : Hilarii Versus et ludi. (Paris, Téchener, 1838, in-8°, de xv-61 pages.)
L'éditeur en a dit : « Il n'y a rien de bien digne de remarque dans les pièces de Lazare et de Saint-Nicolas , à part les avertissements qui sont nécessaires pour la bonne exécution de l'ouvrage, et surtout les refrains en français dont le dialogue latin est ab ndamment assaisonné... » (Préf., p. xm.)
(212') M. Edélestand Duméril [Origine» latines du théâtre moderne ; Taris, 1819, in-8-, p. 554-590) a édité le mystère contenu dans le manuscrit de la Bibliothèque impériale, n° 7208, 4, A, fol. 46, verso, et l'a intitulé Mystère de la Nativité; il remarque que le Stij. t en est lire du Protevanqelium Jacobi. — Bibliolb. Impér. n° 3459 fonds La Va'.lière, 9« portefeuille, une Pastorale sur ta Naissance du Christ; autre sur ta Naiss. du Clir. de frère Claude Macée, imprimée à Saint Main, (llovins, 1805, in-18: Avig oi, 1807). En 1540, la pièce latine d'Ambrosius
MM. Monraerqué et Fr. Michel ont fait remarquer que le même sujet avait été traité par le moine inconnu de Sainl-Benoît-suc Loire, et par Jean Bodel.
Comparant le jeu de Saint-Nicolas d'Hilaire avec celui de Jean Bodel, M. O. Leroy, dans ses Epoques de l'histoire de France (Paris, Hachette, 1843, in-8"), y a trouvé le contraste de deux siècles bien différents : le drame de Jean Bodel est le bégaiement de notrejeuno muse; l'autre, celui d'Hilaire, ce piquant [incita qui n'est plus du latin et n'est pas du français encore, est le véritable symbole d'une transition religieuse et sociale; c'est tout à la fois la langue de, l'Eglise et sou autorité, que l'auteur, disciple d'Abailard, semble vouloir secouer. On voit naître ici, avec la langue, des germes d'opposition religieuse, qui, plus tard, fécondés par la corruption des temps, se développeront d'une manière effrayante. (ibid., Introd., p. 13-15.) — « On trouve dans ce dramedes traits de ce ridicule déplacé, propre au génie français, et qui semble provenir de notre esprit aventureux et ergoieur. » (Page 16, Appendice, p. 37.)— « C'est une sorte de protestation, dit le même auteur, quoique présentée sous des formes burlesques, un protestantisme contre le culte rendu par l'Eglise aux saints et aux images... (P. 80.) Le libre penseur se cache prudemment sous le nom d'un personnage qu'il nomme Barbants, par antiphrase, sans doute... » (P. 81.) En effet, c'est le temps où saint Bernard avait « élé obligé plusieurs fois de prêcher contre les briseimages, dont le fanatisme venait d'èlre ranimé par Bruys et par son disciple Henri... » (P. 16.) Volé, malgré sa foi en saint Nicolas, « Barbarus finit par prendre un fouet pour en frapper l'image du saint, car Vimage est coupable, dit-il malignement. Saint Nicolas va trouver les voleurs, à qui il tint un discours ridicule. Ceux-ci, effrayés... rapportent le trésor. Barbarus, enchanté.... so jette., aux genoux du saint qui le relève, et lui dit avec un ton de raison qui est à la fois la moralité de l'ouvrage et la satire du culte décerné aux saints :
Soli Deo...
Milii niillum merilum.
« C'est absolument ce qu'André de la Vigne, en H96, fait dire à saint Martin dans le mystère de ce nom. » (P. 82.) Et pour confirmer cette opinion, M. O. Leroy indique en note (p. 300 et 329), l'apostrophe d'Outrage à l'Eglise, quand il vient la piller et la violenter. (P. 85.) M. O. Leroy caractérise le Jeu de saint Nicolas « un amalgame
llellinirb de Berlin, imprimée; en 1549, Eine Kurze Commôdien von der Geburties Hcrren Christ, imprimée à Berlin en 1859 et attribuée sans preuves à Georges Pondo. M. de Ocboa apublid une Nativité en appendice à sa réimpression de Sancbez; de Juan de la Encina, Eqlona delà noche de Navidad, de Lucaz Fcrnandez, Eyùiya o farsa de! Nacimiento de Jesu- Christo, et un Aulo o farsa del Nacim. de Nitestro Seiior, imprimé; de Torrez Nabarro, Dialoqo del Nacimiento, imprimé à Naples en 1517 ; de Cil Vicenle, Auto ilel Sarimicnio.
deux langues et de croyances
NIC
bizarre de .
incertaines, sans unité, sans nationalité, sans héroïsme aucun; un triste farcita dans lequel, seulement, est caractérisée cette époque de controverse, d'où le protestantisme devait un jour sortir. »
En dernier lieu, M. Magnin a dit à propos du Lazare et du Saint-Nicolas d'Hilaire : « Ces deux pièces où le latin domine, se rattachent au théâtre français au même titre que le jeu des Vierges sages et des vierges folles, c'est-à-dire par le mélange de la I mgue vulgaire et du latin. » (Journal des Savants, 1836, janvier.)
Le titre e\aet est Le Jeu de la statue de saint Nicolas.
Nous en donnons une traduction aussi littérale que possible. — Voyez Hilaire , disciple d'Abaitard.