NON
cœur, n'a jamais rien égare ni jamais ele vole (n'iertja esgarés a mit puer)... — Vilain, je le ferai larder, s'il ne multiplie el ne garde mon trésor... » Le roi fil lui-même tenir à l'éuoii le prud'homme et mit la slatue du saint dans son trésor. Mais, une ■■ait, trois voleurs ayant enlevé les coffres malgré l'image de saint Nicolas, le roi se hâta de s'en prendre au bonhomme et d'ordonner sa mort. Ce fut avec bien de la peine que le vieillard put obtenir un sursis d'un jour qu'il employa tout entier à prier saint Nicolas. Le saint écoula ses plaintes et, apparaissant aux larrons endormis, obiint d'eux la réintégration complète'de tous les biens ravis, i Seigneurs, nous trouvons ces choses dans la vie du saint dont la fête tombe demain; ne vous étonnez de rien de ce que vous allez voir ; car toute l'action est la très-fidèle el très-exacte représentation du miracle, tel que je vous l'ai raconté. C'est le miracle seul "le saint Nicolas , dont ce jeu est fait et composé. Maintenant, faites-nous silence, et vous l'entendrez. aibero.n le courrier. 0 Roi, Mahomet, dont lu es né, sauve et garde la personne cl ion royaume ; qu'il le donne la force de le défendre de ceux qui te couvent sus, qui dévastent et pillent la terre, qui n'honorent ni ne prient nos dieux, c'est à-dire des Chrétiens, ces misérables.
le roi, au sénéchal. Ouais! par mon dieu Apollon! les Chrétiens sont-ils dans mon royaume, ontils engagé la guerre, sonl-ils si hardis, si audacieux? aiberon, nu roi. 0 Roi, il n'y a eu si grandes forces, el bile armée, depuis queNoélii l'arche, comme celles qui ont envahi les frontières.
(Le roi s'emporte contre ses dieux, contre Tervagan iurtoul ; maiss?lon les avis [du sénéchal, il s'apaise el implore le dieu ; il lui demande un signe, l'idole rit el pleure tout ensemble. Le roi reste frappé du présage el en exige du sénéchal une prompte interprétation. Celui-ci ne se résout à parler qu'après les plus solennels serments de sauve garde; il a fallu même que le roi, pour dern'ere garantie, frappât sa dent de son ongle. Le sujet craintif s'explique enfin:) le sénéchal. Maintenant ma lèvre ne sera plus paresseuse, je vais découvrir les mystères de l'avenir : le rire du dieu, d'abord, est votre bien, vous vaincrez les chrétiens dès que vous vous lèverez conire eux ; mais il eut raison de pleurer ensuite, car, douleur immense et grande pitié! vousabandonnerez .. la lin voire dieu, el cela arrivera'prochainenienl. le roi. Sénéchal, cinq cents maux tiennent celui qui a dit cela ou l'a pensé ; mais sauf la foi due à tous mes amis, et si le doigt n'eût été mis à la dent, celles, Mabom ne l'eût pas empêché d'être par moi misa non. .Mais, parlons d'autre chose. Assez, et laites appeler l'armée.
(Le sénéchal donne ses ordres au héraut d'armes, Connarl, el le roi, dépêclie le courrier Auberon vers les émirs d'Iconium, d'Orkenie, d'Oliferne et du Sec-Arbre. Chacun des émirs, nommé par Auberon, fait ses préparatifs de guerre. Ils arrivent , toutes les forces du roi sont réunies, le sénéchal donne le signal du combat. Les Chrétiens reçoivent la visite d'un ange qui les réconforte, el néanmoins ils sont taillés en pièces. Tous ont péri, hormis un seul chevalier prud'homme que l'on trouve en prières devant un Mahommel cornu, selon l'expression des infidèles étonnés de la mitre que porte la statue, objet de la vénération du pieux chevalier. Ccl unique prisonnier est conduit devant le roi qui l'interroge sur les vertus de son protecteur céleste.) le prcd'iiomme. Sire, c'est sain! Nicolas, secoura- 1 le à tous les maux, el dont les miracles sonl bien connus: c'est lui qui répare loules les perles, remet les égarés dans la voie, corrige les mécréants, rend la vue aux aveugles, ressuscite les noyés, el rien de m s soas sa garde ne se perd jamais, ni se détériore, même sans qu'on y fasse attention. Ainsi ce palais,
le saint était mis sur le irésor, Telle esl la grâce que Dieu a
fût il plein d'or, si rien ne manquerait, mise en lui.
(Le Roi, touché d'une secrète cuiiosilé, se hâte de recommander ses trésors à suint Nicolas, et pour mieux éprouver la grâce de Dieu, de les faire ouvrir à tous venants el de faire annoncer partout que personne ne gardeplus les coffres précieux < sinon un Mahommel cornu, fort bien morl , el ne remuant certes pas. i Celle nouvelle si gracieuse allèche trois maîtres filous, CLIQLET, PINCE-HÉ et RASOIR qui foM,
dans un cabaret, la partie d'aller dérober, à ton» risques de pièges, le bien du roi. Ils y vont en effet, et ne laissent rien que i l'homme de bois.) Le sénéchal s'en aperçoit le premier, il éveille le roi, on lire de la prison le prud'homme, il est condamné à la mort, l'ange le console, le rassure, saint Nicolas s'occupe de te sauver.) Ne le convient avoir mile doulanche Sains Nicolais ponreache le delivranche...
(En effetle saint éveille les voleurs endormis, après une nuit d'orgie, au milieu des richesses dérobées, dans l'hôtellerie même oh le coup fut prémédité ; il leur ordonne de remettre en place tout ce qu'ilsont pris.) pince-dé. Par le signe de la sainte croix ! Cliquet,
qu'en pensez-vous? el vous, qu'en dites-vous, Rasoir ?
(Ils se résignent à obéir. Une seconde fois le sénéchal est averti dans son sommeil, el te premier il annonce au roi la bienheureuse nouvelle. Celui-ci reconnaît la loute-puistance de saint Nicolas, met en liberléle prud'homme, else convertit avec ses principaux chevaliers, àla honte el audéses,oii desondeu Tervagan.)
CHI FIXE Ll JECï DE S. NICOLAI QL'E JEHAN BODIACjT F1ST. AMEN.
NICOLAS (.Miracles de saiyt). — Voy.
Miracles de saint Nicolas, — Saint-Benoît-sur-Loire (Manuscrit de).
NICOLAS (Mystère de saint). — Dcvebdiek (Bibliothèque françoise, p. 927) indique l'édition suivanled'un Mystère d.e saint Nicolas: Mystère et beau miracle de saincl Nicolas à
vingt-quatre personnages : imprimé â
Paris, in-'±°, par Pierre Sergent, sans date.
Les frères Parfait (Hist. du th. fr., Paris, 15 vol. in-12, 17i5, t. III, p. 3'*\ et do lîeauchamps (Recherches sur les théâtres de France, Paris, 1735, in-8", 3 vol., t. 1", p. 226), ont répété cette noie.
On ne retrouve plus celte édition.
NICOLAS (Remontrance de saint). — « Aulcuns joueurs faisoient auprès de la chapelle Saint-Nicolas une belle remonstrance a l'heure que le Saint-Sacrement passoit, et après les vespres la jouoient par personnaiges avec une farce joyeuse. » (Extrait des Comptes de Bélhune , an 1552, publiés par de Lafons-Mélicocq, Annales archéologiques, t. VIII. p. 159.)
NICOLAS DE TOLKNTIN (Saint). — On lit dins l'Histoire littéraire de la ville de Lyon, du R. P. Colonia, de la Compagnie de Jésus (Lvon, 1730, in-i", 2 vol., t. il, p. 429), sous la date de U99 à 1500 :
« Un acle consulaire... permet aux Pères Augustinsde... faire bâtir un grand théâtre aux Terreaux, sur les fossés de la porte de la Lanterne, pour y jouer la Vie de saint Nicolas de Tolentin", que ledit couvent des Augustins voulait faire jouer. »
En 1836, dans son cours professé à la Focu'té des lettres. M Magnin signala cette
INON
DICTlONNAim: DLS MYSTERES.