LES MÊMES, IN AITRE DEMI-CHOF.IR , EN
disciple porteur de nouvelles.
une femme du demi-chœur. Jamais, sans doute, je ne mis le pied dans un vaisseau, mais j'en ai vu des
images et j'en ai ouï parler : quand l'orage est encore peu violent, les matelots se précipitent au travail, pour leur salut, tel au gouvernail, tel aux voiles, tel autre à la cale pour épuiser l'eau; mais quand les mers, violemment soulevées, sont in-. domptable* , ils cèdent au destin , et s'abandonnent aux violentes et capricieuses impulsions des Ûots : et moi , de même, dans ce malheur terrible, à ce spectacle, je reste silencieuse et n'ai point de paroles sur le> lèvres. Caria fureur des flots triomphe, comme s'il ne s'agissait pas de Dieu même. Mais plaise au ciel que la certitude et l'espoir vous soutiennent, d D.nne toute-puissante, Mère du Seigneur \
Mais... la parole appelle la parole : qui vois-;e encore accourant en ces lieux. Ah! ah! il approche, je le vois maintenant, le visage sombre et en pleurs...
le messager. Dame Vierge, dame Mère du Dieu Verbe, n'ayez point de colère contre moi. C'est bien malgré- moi, el pourtant avec zèle, que je vous annonce, après les premiers, d'autres malheurs encore.
la mèrf. de dieu. Qu'y a-t-il donc pour que vous commenciez par ces funestes mots?
le messager. O dame Vierge! comment m'' xpiimer? comment vous parler? Je vous apporte un récit rempli d'ennuis pour vous, d'une tristesse .violente el d'amères douleurs. O vénérable jeune liller 6 très-chaste Vierge! combien je vous plaius, moi, misérable disciple, lidéle au Mail e pourtant, el l'avant vu souffrir.
la mère de dieu. Qu'y a-l-il? m'annoncez- vens quelque nouveau forfà l commis par les Hébreux?
le messager. Voue Fils n'est plus; c'est-à-dire c'est à peine si, un instant encore, il voit le jour.
la mère de dieu. Comment? qu'avez-vous dit? que savez-vous? Parlez, parlez! De quelle mon meurt-il? (/est bien du Christ que vous parlez,, du Fils'du Père éternel? 11 y avait lieu de croire qu'il ne serait pas tributaire de la mort, en délivrant tout le peuple d'Israël.
le messager. A peine avait-on passé les portes de la capitale de ce pays de Salonion, el était-on parvenu au Calvaire que la tourbe de scélérals qui entraînait mon Roi, se mil précipitamment toute entière au travail pour fixer droite dans le sol la plus haute croix, et Jésus fut en un instant élevé dans les airs. Non moins vile furent tirées, tendues, clouées ses mains sur le poteau transversal, et cloués ses pieds surlepoteau horizontal. Le Seigneur ainsi suspendu, les uns lui enfoncent sur la lêle une branche d épines arrondie, avec le désordre de l'escalade d'une tour; d'autres pressent sur ses lèvres une éponge trouvée là , plongée dans de l'hysope et du fiel mélangés. Ceux dont les oreilles n'avaient jamais compris ses enseignements on qui ne virent jamais ses miracles parmi les hommes, étaient les plus hardis, approuvant de la tèle et se frappant la poitrine dans leur ignorante stupidité. Quant à moi, ayant suivi le Seigneur, je m'arrêtai à l'écart, en un lieu fourré d'arbres touffus, immobile, muet; j'ai tout observé, tout vu, sans être aperçu par cette perverse el sanguinaire bande. C'est de là que je vous ai aperçue céans debout el en pleurs, et je suis venu vous apporter ces funestes détails.
la mère de dieu.O malheur à moi! malheur! ah! ah! que faire? Le cœur nie manque. Comment, comment je vis encore et je supporte ces récils! ci comment, dans mon exliême accablement, pourrais-je supporier la vue de ces supplices? Allez, 6 femmes, ô filles de Galilée, saluer Jésus et suivonsle hors de ce monde. Venez, mes filles, venez! Bannissons toute crainte.
le choeur. Mais ne reculcrez-vous point devant ce peuple, dans la crainte des tourments?
la mère de dieu. El par quelle horreur pourrais-je encore èlre arrêtée? Allons donc, allons, que la peur soit chassée loin de nous. D'ailleurs, quel bienesl-ça
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