SCÈNE IV
ABRAHAM, I.'aMI D'ABRAHAM
abraham. N'est-ce pas là mon ami qu'il y a tantôt deux ans j'envoyai à la recherche de Marie? C'est lui-même.
l'ami. Salut, mon vénérable père !
Abraham, Salut, obligeant ami ! Je vous ai attendu longtemps, mais je désespérais en ce temps-ci de votre retour.
l'ami. Je n'ai tant tardé que dans la crainte de vous mettre en mouvement sur des renseignements douteux. Une fois sûr par moi-même de la vérité, j'ai bâté mon retour.
arraham. Avez-vous vu Marie?
l'ami. Je l'ai vue.
ABRAHAM. Où?
l'ami. Déplorable réponse!
arraham. Parlez, je vous en prie.
l'ami. Elle a choisi pour demeure la maison d'un homme qui fait un métier honteux. Cet homme est pour elle aux petits soins, et non sans raison, car chaque jour il reçoit beaucoup d'argent des amants de Marie.
arraham. Des amants de Marie?
l'ami. Oui.
abraham. Et combien sont donc ces amants?
l'ami. Très-nombreux.
aituham. Hélas! 6 bon Jésus! quelle monstruosité! Celle que j'avais élevée pour être ton épouse, recuit dit-on, des amants étrangers!
l'ami. Ce fut de tout temps la coutume des courtisanes de se plaire à l'amour des étrangers.
abiuham. Procurez-moi un cheval léger et un habit militaire, je dépose mon vêtement de religion, je vais aller auprès d'elle sous les dehors d'un amant.
l'ami. Tout est la.
abraham. Je vous en prie, un grand chapeau pour cacher ma tonsure.
l'ami. Le point important est, en effet, de n'être pas reconnu.
abraham. Si j'emportais avec moi une pièce d'or que je possède, aûn de payer l'hôtelier ?
l'ami. Autrement vous lie pourriez arriver auprès de Marie.