SCÈNE V
ABRAHAM, L'nOTELIER.
abraham. Salut, bon hôtelier.
L'noTELiER. Qui me parle? Hôte, salut
abraham. Avez-vous de la place pour un voyageur qui veut coucher chez vous?
l'hôtelier. Oui, sans doute; notre humble hôtelerie ne refuse personne.
arraham. Bien, bien.
l'hôtelier. Entrez, on va vous préparer à souper.
abraham. Je vous dois beaucoup pour ce gracieux accueil, mais j'ai bien plus encore à vous demander.
(■Il) « Je ne puis m'cmpèeher de faire remarquer combien il y a d'art délicat et de grâce pudique dans les paroles à double sens que le bon ana -
Diction n. des Mystères.
l'iioti.lier. Quoi donc? demandez, on verra.
arraham. Acceptez ce petit présent qu.; je vous offre, et arrangez-vous pour que cette belle jeune fille que je sais chez vous prenne place au festin.
l'hôtelier. Et pourquoi avez-vous envie de la voir?
abraham. Je me fais une grande joie de connaître une femme dont j'ai cent fois cl partout entendu louer la beauté.
l'hôtelier. Aucun éloge de sa bonne grâce n'est trompeur; elle éclipse en charmes toutes les femmes.
abraham. J'en brûle d'amour.
l'hôtelier. C'est merveille que, dans une vieillesse si avancée, vous recherchiez encore l'amour d'une jeune femme.
abraham. Eh bien , soit : je ne suis même venu de ce côté que pour elle (ilj.