‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 88 sur 1429 · PROSE CONSERVÉE PAR DU CANGE ET FRAGMENT DE TRADUCTION ANCIENNE · texte numérisé non relu

PROSE CONSERVÉE PAR DU CANGE ET FRAGMENT DE TRADUCTION ANCIENNE

Reproduit par Leber dans sa Collection des 7iieilleures dissertations; Paris, 1858, in-8°, 20 vol., t. IX, p. 368,

Orientis partibus Advenluvit Asinus, Pulcker et fortissimus, Sircinis aptissimns.

Hez, sire Asne, car chantez, Belle bouche rechignez, Vou3 aurez du loin asse?

Li de l'avoine a plantez.

Des eonGns de l'Orient, En ces lieux arrivant, Un àne beau, gras, luisant, Portant fardeaux lentement.

m ANF.

Lentus erat pedibus, Nisi foret bnculus, El eûm in clunibus Pungeret aculeus.

Fiez, sire Asne, etc.

Hic, in collibus Sicliem, Jam nutritutsub Ruben, Transiit pet Jordanem, Saliit in Bcthlehem.

Hez, sire Asne, etc.

Ecce magnis auribus Subjugalis filins Asinus egregiui Asiuorum dominas.

Hez, sire Asne, etc.

Saltu vincit hinnulos,

Damas et capreolos, Super dromedurios, Velox, Madianeos.

Hez, sire Asne, etc.

Aurum de Arabia,

Thus et myrrkum de Saba

Tulit in Ecctesia

Virtus Atinaria. ,

liez, sire Asne, etc.

Dum trahit véhicula Multa cum sarcinula, Jllius mandibula Dura leril pabula.

Hez, sire Asne, etc

Cum aristis liordeutr Comedil et cardeum Triticum a palea Scijreyat in area

Hez, sire Asne, etc.

Amen,dicas,Asine, (Hic genudectabatur.)

Jam salur de gramme :

Amen, amen, itéra

Aspemare vêlera Hez va' Hez va! Hez va! Hez!

Bialx sire Asne car allez ; Belle bouche car chantez.»

ANE

Sur les confins do Sichem 11 fut nourri par Ruiu-n; Il passa per Jordanem, Et sauta dans Bethléem.

Sa marene vive et légère Ellleure à peine la terre Il vaincrait dans la carrière La biche et le dromadaire.

Des trésors de l'Arabie, Des parfums d'Ethiopie, L'Eglise s'est enrichie Par vertu d'ànerie.

Sous le faix le plus pesant.

Jamais il n'est mécontent Et broyé patiemment Le plus grossier aliment.

D'un chardon il fait ripaille Et c'est en vain qu'on !e raille ; Si dans la grange il travaille, Il démêle et grain et paille.

Bel Ane, répète amen ; Maintenant ta panse est pleine; Bel àne, répète amen ; Ne songe plus à ta peine.

h Autun, on promenait l'Ane sous un drap d'or, dont les quatre principaux chanoines de l'église tenaient les bouts. À Cambrai, on laissait sur l'autel un tableau représentant un âne durant plusieurs semaines. (Ord. mss. eccl. Camerac, fol. 36.) — (Du Cange, Gloss. inf. et med. lai., v Feslum Asinoram, éilit. Htiiscboll, Paris, Didot, in-V, 6 vol., t. III, p. 253, 236.)

« En effet, dans le second registre «le l'église cathédrale d'Aulun, du secrétaire Rotani, qui commence en 1411 et finit en 1416, on voit qu'à la fête des Fous on conduisait un Ane et que l'on chantait: lié, sire Ane, hé, hé, et que plusieurs allaient à l'église déguisés et avec des habits grotesques; ce qui fut alors aboli et abrogé. » (Du Tilliot, Mém. pour serv. à l'hist. de la fête des Fous; Lausanne, 1751, in-fc", p. lfe; l'abbé d'Arli- GNr, Mém. de littérature, t. IV, notice sur la fête des Fous; dans Leber,6'o//ccï. des meilt.

dissertât.; Paris 1838, 20 vol. in-8% t. IX, p. 2i3.)

On a remarqué, enfin, que l'église de Bourges célébrait absolument la prose de l'Ane dans les mêmes rites que l'église de Sens; et l'exactitude était telle, entre ces deux points éloignés, que le chant même était, dans ces deux diocèses, modale sur des tons absolument identiques. (Mercure de France, décembre 1726, Lettre sur l'office des Fous.)

ANEAU (BiHTHÉLEMT[70] ). — « Né à Bourges en Berry, fit ses études sous Melchior Volraar, qui avait un talent merveilleux pour instruire la jeunesse. Il profita effectivement beaucoup sous lui dans les belles-lettres, mais il eut le malheur de prendre dans sa conversation du goût pour les erreurs du luthéranisme, que Volniar professait, et de se disposera les embrasser, comme il fit dans la suite.

(70) Mémoires pofir servir a l'Histoire des personnes illustrée de ta République des Lettres, par le P. Nicebon, tome XXIK

iti

Page 1