‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 89 sur 1429 · AM · texte numérisé non relu

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ANE

• [.« grande réputation qu'il s'acquit

bientôt par son habileté dans les langues grecque eî latine, et la poésie, engagea quelques-uns des anciens échevins de Lyon, qui étaient ses compatriotes, à lui faire offrir une chaire de professeur de réthorique dans le collège qu'ils venaient d'établir. Aneau l'accepta avec joie, se rendit .à Lyon et y prit possession de son poste, qu'il conserva jusqu'à la mort.

« Ou fut si coûtent de lui, qu'en Î5V2 on le choisit pour être principal de ce collège; mais il tit un mauvais usage de la confiance qu'on lui donna; il s'en prévalut pour accréditer l'hérésie, et pour infecter la jeunesse qu'il instruisait. On ne fut pas longtemps sans s'en apercevoir, et on se contesta d'abord d'en murmurer; mais un accident arrivé le jour de la Fête du saint Sacrement de l'an 1565 mil fin à la séduction, en terminant sa vie d'une manière tragique.

« Ce jour, qui était le 21 juin, comme la procession passait vers le collège, on lança avecroideur d'une des fenêtres une grosse pierre sur le saint sacrement et sur le prêtre qui le portait; soit que ce coup vînt d'Aneau ou d'un autre, le peuple entra en foule dans le collège et massacra Aneau qu'il crut auteur de cet attentat.

« Parmi les ouvrages qu'Aneau publia, et dont le P. Niceron donne la liste, nous ne citerons que les deux suivants -.Mystères de, la Nativité par personnages, composé en imitation verbale et musicale de diverses chansons recueillies sur l'Ecriture sainte, ci d'icelle illustré; Lyon. 1539, in-i°(71) ; — Lyon marchant, satire française sur la comparaison de Paris, Rouen, Lyon, Orléans, et sur les choses mémorables depuis l'an 1521, sous allégories et énigmes, par personnages mystiques ; Lyon, 1542, in-î2.

« Il semble qu'Aneau avait un frère poète et musicien; car à la lin de son livre intitulé, Chant natal, contenant sept noéls, où se trouve le mystère de la Nativité, dont nous venons de parler, il y a un no^l mystique, contenant trois couplets, sur le chant : Le Deuil issu. Le second s'exprime ainsi

Noël, Noël, si hault que Pair en tonne, Non, l'homme seul, mais tout animant ilict : Le grand Lyon son gros organ entonne, (Lyon). Noèl, Noël, à haulle voix bondit :

L'n chant plaisant fondé sur un lion dict, Le Rossignol Vi-liers par accords (Viliers Ar.eau). Et un Aigneau ballant luy répondit, Noël chantant el à cris el à tors.»

[Histoire du l'Mdtre français, par les frères Parfait, t. U, p. 261-264.)

Yuy. Nativité de Nijtke-Seigxelb Jésus- Christ (La).

ANNONCIATION DE LA TIERGE. — M. Magnin, dans son cours professée la Vacuité des lettres en 1-835, a fait mention d'un mystère de V Annonciation de la Vierge, représenté à Civilta-Vecehia, vers 130+. (Cf. Journal gén. de l'Instruct. public», 12 no-

(71) Du Yerdier , p. 109 de sa Bibliothèque, à Faxlicte Aneau , cite la même édition , el dit

vembro 1835, 2' semestre, 10* article, p. 28.)

M. Ilaynouard, dans un article publié, à propos du mystère de Saint-Crépin par le Journal des Savants, au cahier de juin 1836, a, comme M. Magnin, attribué au xiv" siècle Y Annonciation de la Vierge.

ANTI-CHRIST (L'j. - V Anti-Christ est tiré d'un manuscrit de l'abbaye de Tegernsée du su' siècle

Il a été édité par dom Bernard Pez, dans son Thésaurus Anecdotorum novissimus (Auguslae Vir.delicor., 6 vol. in-foi., t. Il, p. 3, 1721, col. 185-1971.

« Ce document, dit le savant Bénédictin allemand, témoigne de l'idée qu'on avait, au xir siècle, soit en Allemagne» soit en France, de la grandeur de l'empereur des Romains. » [Ibid. , t. H, Dissert. Isagog. , p. lui.)

Le litre est ainsi conçu : Jeu Paschal de la venue et de la mort de l' Anti-Christ,

Muratori {Antiq. )tal. med. œvi, sive dissert.; Milan, J732, in-fol., t. II, vers. 29, col. 8VJ) citait V Anti-Christ parmi les monuments subsistants alors connus du théâtre du moyen âge; Martin Gerbert (Decanlu et mus. sacr.; saint Blain, 177i, in-V°, 2 vol., t. I", p. 82) ; M. Magnin, dans son cours professé à la Faculté des lettres; Raynouarcl en 1836 (Journ. desSav., cahier de juin 1836); et .M. Acli. iuh\na\,(Myst.inéd. du s.\' siècle; Paris, 1837, in-8°, 2 vol., t. 1", préf. p. xvi), ont mentionné ce drame.

L'action de Y Anti-Christ nous semble contenir deux idées distinctes :

1° Le triomphe du saint empire romain sur tous les peuples.

2° L'universelle domination de l'Eglise catholique sur tous les hommes

L'Eglise de Dieu et les sept sièges royaux seront placés ainsi: A l'orient, l'Eglise de Dieu; auprès le trône du roi de Jérusalem et le banc de la Synagogue. A l'occident, le trône de l'Empereur romain; auprès le* trônes du roi des Teutons et du roi des Francs. Au nord, le trône du roi des Grecs. Au midi, les trônes du roi de Babylone et du Monde païen.

Aussitôt le Monde païen avec le roi de Babylone s'avance en chantant:

— L'immortalité des dieux doit être honorée partout, cl leur pluralité redoutée. Ce sont des sots et des gens de vain esprit qui annoncent un Dieu unique, car les rites de toute l'antiquité s'y opposent. Et si nous avions foi dans ce Dieu unique, présidant à toutes choses, nous feiions de Dieu un esclave livré aux combats des éléments contraires, car, ici, c'est la paix qu'il maintient dans sa clémente bonté, et là c'est la guerre que fomente sa cruauté impie. De même qu'il y a des actions diverses, i! y a divers dieux, et la lutte universelle n'est que le spectacle affaibli de leur immense discorde. Et qui dit qu'il n'y a qu'un Dieu affirme une proie misérable des adversités universelles. Non, ne disons pas qu'un Dieu seul est soumis au combat de l'éternité; aG-

qu'eile est in-8" ; mais il se trompe, aussi bien que ceux qui l'ont copie.

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