‹ Dictionnaire des mystères, ou, Collection générale des mystères, moralités, rites figurés et cérémonies singulières. Suivi d'une Notice sur le théâtre libreChapitre 912 sur 1429 · UN MORT · texte numérisé non relu

UN MORT

PREMIER DIARLE.

SECOND DIARLE.

IIUJ1BROUET,

MEMUMATIN,

MAUlll'É,

GASTENIN,

RIFFLARS,

Saint Pierre reproche aux Romains le mépris de Dieu; en vain s'en défendent-ils sur ce qu'ils honorent les dieux « qui leur sont propices, » leurs paroles ne démontrent que mieux leur profonde et funeste ignorance. Saint Clément, encore écolier, mêlé dans la foule assemblée autour de saint Pierre, ne

peut entendre que la nioit du Christ no soit pas la preuve de son impuissance.

Saint Pierre essaie de lui faire comprendre le sacrifice formidable du Fils de l'homme. Entre les assistants est Simon le magicien, qui s'élève contre saint Pierre el réclame, dans Home môme et vivant, les honneurs divins. Un enterrement vient à passer. La foule demande des preuves. Simon, par les plus terribles conjurations, parvient à obtenir le secours de l'enfer. Le mort remue la télé, mais saint Pierre lui rend la vie, Simon s'élève dans les airs, soutenu par deux démons. Saint Pierre implore le Seigneur.

Lucifer biche le magicien, qui se tue en tombant. L'enfer rit de sa chute et l'emporte. Les speclaleurs de ces choses étranges se jellent aux genoux de. saint Pierre et lui demandent le baptême. L'écolier saint Clément est élu par saint Pierre comme son successeur futur.

La foule s'est retirée, animée de mille impressions diverses, mais favorables'à la religion nouvelle. Saint Pierre, saint Paul >u sont assis à terre.

Déjà le bruit de cette scène merveilleuse est ai rivé jusqu'à l'empereur Néron. La scène est transportée au milieu de sa cour; Domitien, qui lui succédera, Agrippa, Paulin, sont auprès de lui et reçoivent l'ordre de mettre à mort quiconque se déclarera cbrétiei.

Titus se lulie de prévenir saint Pierre. Cikii-ci, pressé par Titus, saint Luc, ?aî rit Clément, quittait Rome, lorsque, en son chemin, il rencontre Jésus môme :

Pierres, bien soies- lu venu !

SAINCT PIERRE, « (jCIWllIz.

Sire Jliésus, et où vas -lu?

J1IÉSUS.

Pierres, Pierres, à Homme vois Pour mourir de recliief eu croix.

Saint Pierre est touché de cedoux reproche. 11 éprouve une amère confusion, et se hâte de rentrer dans Rome et de courir au devant du martyre.

En effet, Agrippa a lAché contre lui les sup-

pôtsde la justice romaine, qui saisissent losaint

apôtre el le mènent à Néron, avec saint Paul.

Néron reproche à saint Pierre la mort de

Simon :

Tu fais merveilles, tu fais rages, Tu es tout plaiii de maléfices; Syfaut faire de toy justice; Haison, les drôis, la loy le veulent.

Il donne l'ordre de mellre à mort les deux « christicoles, » de pendre et lier saint Pierre:

A Pol, i|ni est noble Romain, Me (aides la lesle couper.

Sainl Pierre et saint Paul sont entre les mains des bourreaux, qui, sur le théâtre môme et devant les spectateurs accourus aux représentations du mystère!, décapitent Paul et crucifient saint Pierre, la tète en bas.

Le martyre des deux saints a profondément ému le peiipledecolère.dedouleurctdepitié.

Des bourgeois romains, déjà convertis par saint Pierre, ont voulu le délivrer; mais lu

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pieux mprlyr expira. t. Ses dernières paroles ont été pour leur demander la nrâce d'achever « sa passion. »

Cliiers frères, faicles-moy silence.

S'a' (si à) moy avez nulle (que'que) amilié,

Je vous supply que, par pitié,

Vous ne donnez occasion

De relarder ma p ission.

Ma passion sy est victoire:

Cesl i(u») puni pour saillir [sauter) en gloire.

Jhcsuerisl m'alleni, roy des roys,

A Dieu soiez, à ly (lui) m'en vois (je vais).

Saint Paul, en mourant, a convoqué le peuple pour le lendemain à son tombeau; les bourreaux et les sergenls sont des premiers a s'y rendre; ils y trouvent pointant Tilus et Lucas, dont ils reçoivent le baptême. Cependant l'émeute gronde dans Home; une conspiration s'est formée contre Néron ; les bourgeois romains méditent sa mort; ils se résolvent à l'attaquer dans son palais, el, comptant sur le succès d'une surprise, ils se précipitent soudain vers la demeure impériale.

De son côté, Jésus a envoyé ses anges Gabriel et Michel recevoir les deux apôtres : Tu Gabriel el loy Michicl, Levez sus, descendez du ciel.

A Icz-inoy bon ne aleuic (de s«i 'e)i\ucrre (chercher) Mes n (lieux) Aposlres i'ol et Pierre El leur portez ces n (deux) cliapiauls Kl ces vesieiuens bous et biauls Puis sy (<i/»si) les mollirez à Néron.

Les deux archanges revotent Pierre et Paul de chaperons garnis de Heurs et de dalma ligues rouges, et les emmènent. Saint Paul, en passant, rend àPautille le «euevre-chief »

qu'elle lui pi£ta pour se bander les yeux, au moment du supplice.

PAUTILLE.

Diex! (Dieu) j'ai vu monseigneur Saint P<d Que les tirans lindrenl (firent pusseï) pour lo.... Fol n'csloii pas, mais fol esloit Oui son Dieu et ly [lui) ilespitoil.

En sa foy vueil mourir et vivre; Dieu me vueille escripre en son livre

Saint Pierre et saint Paul apparaissent à

Néron :

Néron, nous vivons à bonneur, Mais tu mourras à déshonneur.

Et ils disparaissent avec les anges, qui les emmènent « en paradis. »

Néron, dans le mystère, est si grandement surpris, qu'au lieu des dieux romains, il invoque Mahomet, dont le nom ne sera connu que six ou sept siècles après lui dans Rome, longtemps après la chute de l'empire romain. Ha Mabommet! dor-je ou je vueille? (veille.)

(7>Si) < Se ensuit le Mislére île Monseigneur saine' Pierre el saincl Paul, pur Personnages, contenait' plusieurs autres Vies , Mari'ms et Conversions de Saiuclz, connue de saincl Eslieiiue, saincl Clément, saincl Lin, saincl Clele, avec plusieurs grans miracles faiciz par l'intercession desdiciz Sainclz, et la mort de Synion Magus: avec la perverse vie el maiilvaise de t'Empcreiir Néron; comment il fit mourir sa mère, et comment il mourut pileusement : cl est ledict Mislére à cenl Personnages, dont les noms s'ensuivent, eic .. Cy Qnist la vie de saincl Pierre cl

Pierre cl Pol, Joui j'ay grant merveille Sonlvenusàinoy pargran! yre (en grandeeolère).

Ces mots sontà peine échappés à ces lèvres condamnées par Dieu, qu'un des bourreaux des sainls apôtres, se précipitant dans le palais, arrive jusqu'à lui el lui annonce quo sa mort est résolue par les bourgeois romains, maîtres des lieux et le cherchant encure. Néron n'échappe à la juste fureur du peuple qu'en se tuant.

L'enfer est ouvert | our l'attendre. Uéj.'i des démons l'y ont emporté. On le voit, au milieu de grandes flammes, assis dans une chaudière, tourmenté par des diables ; les uns avivent le feu, les antres lui font boiro des liqueurs dévorantes. Tous lui reprochent ses crimes. 11 courbe la tôle sous les huées et les risées, et encore n'est-ce que le commencement de ses tortures éternelles.

Néron encor pis le ferou, A Lucifer te porieron Qui le eslraindra legavion Sans fin el sans rédemption.

Le arame se termine par deux scories : dans lo palais témoin de la mort de Néron, Domilien est élu empereur, et peut Être, dans les catacombes, une assemblée chrétienne consacro saint Clémeni en la

Papal dignité

El général auclorilé.

PIERRE (Sai.nt) ET SAINT PAUL (mystère de). — xvi' siècle. — Ce mystère a élé mentionné par de Beauchamps, dans ses Recherches sur hs théâtres, (Paris, 1735, in-S\ 3 vol., 1. I", p*. 225), et analysé dans la Bibliothèque du théâtre français, ouvrage atlriliuéauducde La Vallière (Dresde, 17G8, in-8*. 3 vol., I. I", p.2G). Les frères Parfait, dans leur Histoire (ht théâtre français (Paris, 15 vol. in-12, 1733, t. II, p. 5G3-5G8), eu ont laissé la notice suivante :

«Cepoeme(382j commence à l'élection des apôtres (383). Jésus ordonne à Pierre, à André et aux deux tils de Zébédée de quitter leur occupation pour le suivre. Zébédée el Marie sa femme, chagrins de perdre leurs enfants, les prient avec instance de rester chez eux.

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