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mais qui est plus connu Collection Téchener.
Celte édition unique est très-défectueuse. M. O. Leroy, dans ses Etudes, sur les mystères {Pans, 1837. in-8", p. 373), a donné de cette pièce une appréciation singulièrement incomplète, accompagnée de quelques citations, 'i C*esl parce qu'ils ont abandonné leur religion, dit-il, que les Anglais ont perdu leurs possessions dans le saint royaume de France. Toute la pièce aboutit à ce but. » Sans doute ce point de vue n'est pas étranger au drame de la Prisé de Calais, mais il est singulier nue M. Leroy, qui a tant cherché la tragédie nationale, ait laissé de côté le caractère principal de cette œuvre importante. Outre !a profonde croyance en l'avenir supérieur de la France, il y a, dans cette petite pièce, l'idée de la puissance matérielle énorme de l'Angleterre, et de la force morale supérieure de la France :
Superbes moniaignes
Aux humbles campaignes
On voiil csgaller
Par grosses rivières
Bruyantes cl fières
Qui les fonl grotil 1er.
L'Anglais ne croit qu'en la puissance humaine ; la France cherche sa force en dehors d'elle, dans le mouvement de l'éternité. C'est ce qu'exprime celle belle strophe, digne des meilleurs temps :
Tu avoys fiance
A la grand puissance
Du superbe lieu;
Mais louie la force
Esloil sans escorce
Oubliant Ion Dieu.
Nous croyons devoir reproduire tout entière, dans son langage original, facile à comprendre, ce singulier dialogue.
MORALITE NOUVELLE DE LA PBINSE DE CALAIS (1552) A II PERSONNAGES, C'EST A SCACOIR :
LN FltANÇOYS ET CM ANGLOYS.
le FiuNCOYS commence.
Dieu gard compaignoH.
l'angloys.
Dieu vous gard.
LE FBANCOYS.
De grâce! dictes de quel pari Vous ver.es el où vous lires
l'angloys De Calays.
LE FRANCOYS
Quoy ! vous soupires l'angloys.
Sy ie soupire quant à nioy, Cbmp.iignon, i'en ay le de quoy.
LE FRANCOYS
El pouiquoy?
l'angloys.
Car i'en eslovs bourgoys
Au temps qu'un le disnyt Angloys.
Il y a plus île deulx cens ans Q,ie i!e père en (ils la de.leus
Angloys y faisoyenl ieur demeure.
Mais maintenant à la malc heure
Y nous faull retirer grand erre Cbciis! en eslrangère terre.
LE IRANCOYS.
Coinpaiguon, certes passienec Comme l'on dict passe science.
Y fault donc, sans vous tourmenter, Ce mal paciainanl porter.
Saves vous pas bien qu'Eilouart Tiers y plania son estendarl Apres ung siège douze moys Et qu'il en chassa les Francoys Lesquelz y perdirent leur bien?
l'angloys.
Conipaignon, cela ie say bien.
LE FRANCOYS
Sy donques mon seigneur de Cuisse, En excersant son enlrepris-e, De Henry le hauli roy de France Reduicl soubz royalle puissance Calais qu'on usurpait sur nous, Vous faicl y pas grâce à vous tous Qui dédaignant ce prince haull Présumer d'alendre l'asaull S'apres la vicloyre ensuyvie On void qu'i vous saune la vye ?
Cela vous dent payer conlaiit.
l'angloys.
Esdouart en feisl bien auianl.
Mais de Cuisse en moinglz de huicl ioui'3
La reprisl el nos fortes tours.
Tant l.i fouille que le risban
Quant le second iour de ccsl an
De furie estant canonnes
Furent soudain habandonnes
El n'eûmes onques le loysir
De lesdeffendre ou secourir.
C'est pouiquoy inainct regret i'en fais.
LE FRANCOYS
Ce sont du Seigneur Dieu les fais
l'angloys.
Nous auyons sy fortes murailles.
LE FRANCOYS
les hommes font bien les batailles Et Dieu de. iusiiee el gmyre Donne à qui y plaisl la vicloyre.
l'ancloys Hélas! nous la gardions sy bien.
LE FRANCOYS
Compagnon, cela n'y faict rien Car si Dieu la cite ne garde Eu vain posée y la garde Ce n'est rien que des forles poys ; Mais si Dieu la garde une foys En vain on y tende le siège.
l'angloys.
Nous disions que plus losl le liège Sans floier fut fondu dens l'eau El que de plomb ung grand fardea Plus losl floier on eut peu voyr Que d'asaull cesle vile auoir Voyre bien que d'eslie assaillye.
LE FRANCOYS
Osl le comble de la folye
O gent par trop fiere el superbe !
l'angloys.
A ! on nous a bien fauche l'eibe Desoubz le pie.
Mil
DICTIONNAIRE fWS MYSTERES.
le francoys.
Qu'atious perdu.
Quant ans Francoys ânes rendu Cola une leur anies pille.
i.'angi.oys.
V ravinent voïiela bien habille.
Pille le bien pris à la guerre!
Sy pour s'en servir ou le serre Ce" bien csl y pas bien aquis ?
LE FRANCOYS
Sy les Francoys oui reconquis Par le vouloir de Dieu leurs biens.
Les Angloys n'y oui donc plus i ieus Et bien ferey. Qu'en dicies-vous?