‹ Dictionnaire des opérasChapitre 106 sur 928 · BELT · texte numérisé non relu

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qu'à l'exception du prologue, du morceau qui ouvre le quatrième acte , et du canevas, il ne pouvait y avoir rien de Despréaux dans Bellérophon; et que Thomas Corneille, qui ne se souciait pas trop de cette sorte de travail, lui avait envoyé à lui-même (Fontenelle) le plan de cet opéra pour l'exécuter. » Il n'en est pas moins vrai que Boileau a écrit : «Tout ce qui s'est trouvé de passable dans Bellérophon, c'est à moi qu'on le doit. » Le même auteur prétend en somme que les paroles de cet opéra ont été attribuées à tort à Corneille , et que Fontenelle les a revendiquées. Quoi qu'il en soit, Bellérophon obtint un succès prodigieux. Il fut joué sans discontinuer depuis le 31 janvier jusqu'au 27 octobre suivant, et repris avec non moins de bonheur dès le milieu de l'année 1680. Le 3 janvier 1680 , il avait été représenté devant le roi à Saint-Germain-en- Laye. Le roi en avait fait répéter divers morceaux deux fois de suite. En outre, deux représentations extraordinaires en avaient été données, la première , le 21 mai , pour le dauphin, et l'autre , le 6 septembre , pour la reine d'Espagne (Marie-Louise d'Orléans), fille de Monsieur , alors sur son départ. Cet opéra obtint donc un succès des plus marqués. Un concours prodigieux accueillit Bellérophon dès le premier jour, si l'on s'en rapporte aux écrits du temps. « On peut assurer, dit le Mercure, que tout Paris y était (à l'Opéra), et que jamais assemblée ne fut plus nombreuse ni plus illustre. J'entends crier miracle de tous côtés ; chacun convient que M. Lulli s'est surpassé lui-même, et que ce dernier ouvrage est son chef-d'œuvre. » Les enthousiastes pouvaient parler de la sorte, puisque Armide n'avait pas encore paru. La fameuse Mlle Le Rochois donnait au rôle de Sténobée un grand éclat.

Nous n'entreprenons pas l'analyse du poème. Le héros de la pièce est connu dans l'histoire poétique par son insensibilité pour les avances amoureuses de Sténobée , et par la défaite de la Chimère, dont il triompha, monté sur le cheval Pégase. Le prologue est entre Apollon, les Muses, Bacchus et Pan. « Passons présentement à un examen précis des beautés et des défauts de cet opéra, dit Noinville ; l'exposition de la première scène a, d'un consentement universel, passé pour la plus belle du théâtre lyrique. Le second acte est celui qui a le plus prêté au musicien, par le moyen de la magie, qui est, sans contredit, la plus frappante qu'on ait jamais vue au théâtre. Il y a une singularité à observer dans cette magie, c'est qu'elle est toute ver-

sifiée en rimes plates, c'est-à-dire non croisées ; on ignore les raisons qui ont pu porter l'auteur à s'imposer cette loi, car le hasard ne saurait avoir produit cela pendant trente vers de suite. On a trouvé les fêtes du troisième acte trop longues, et que le quatrième n'est pas assez rempli. On aurait aussi souhaité que la pièce eût fini par la mort de Sténobée. La fête qui suit a paru hors de raison, après une catastrophe si tragique. » En 1728, lorsqu'on reprit Bellérophon, on y fit quelques changements ; on supprima le divertissement du quatrième acte, généralement critiqué, et on le remplaça par un divertissement mieux approprié au sujet. Il avait été fait, d'ailleurs, contre le sentiment du poète, et seulement pour fournir un sujet à la musique. Aujourd'hui, tout le bruit qui s'est fait jadis autour de Bellérophon est éteint, bien éteint.

BELLÉROPHON, opéra, musique de Graupner, représenté à Hambourg en 1708.

BELLÉROPHON, opéra allemand, musique de Keiser, représenté à Hambourg en 1717.

BELLÉROPHON, opéra en trois actes, musique de Terradeglias, rep. à Londres vers 1746.

BELLÉROPHON , opéra allemand en trois actes, musique de Winter, représenté à Munich en 1782.

* BELLMANN.opérette, paroles de MM.West et Held, musique de M. Franz de Suppé, représentée à Vienne, sur le théâtre An der Wien, le 26 février 1887. La musique toujours aimable et distinguée de l'auteur de tant d'oeuvres charmantes obtint le plus vif succès.

BELLO PIACE A TUTTI (il), opéra italien, musique de Fioravanti (Valentin), représenté en Italie vers 1799.

BELMONT ET CONSTANCE, opéra, musique d'André, représenté au grand théâtre de Berlin vers 1780.

BELMONT ET CONSTANCE, opéra allemand, musique de Dietter, représenté à Stuttgard vers 1786.

BELPHÉGOR, opéra-comique en un acte et en vers, paroles de M. Léon Halévy, musique de M. Casimir Gide, représenté dans le salon du compositeur , rue Bonaparte , le 5 février 1858. Ce petit ouvrage , écrit avec science et esprit, a été chanté par Bussine jeune, Mlles Mira et Rossignon.

* BELTRAN Y LA POMPADOUR, zarzuela en trois actes, musique de M. Casares, re-

BENI

BENI

présentée à Madrid, sur le théâtre de la Zarzuela, le 9 mars 1872.

BELVÉDER (le) OU LA VALLÉE DE L'ETNA mélodrame en trois actes de Pixérécourt, musique de Quaisain, représenté à l'Ambigu, le 10 décembre 1818.

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