BELZÉBUTH OU LES JEUX DU ROI RENÉ
grand opéra en quatre actes , musique de Castil-Blaze.
BÉNÉDICTION DE LA FORCE (la), Opéra allemand, musique de Weber (Bernard -Anselme) , représenté au théâtre royal de Berlin en 1806.
beneficenza (la), œuvre lyrique italienne, musique de Generali, exécutée en 1816 à Trieste.
BENEFIS (le Bénéfice), duodrame polonais en un acte, musique d'Elsner , représenté à Varsovie en 1810.
BENIOWSKI OU LES EXILÉS DU KAMTSchatka , opéra en trois actes , paroles d'Alexandre Duval, musique de Boieldieu, représenté sur le théâtre de l'Opéra-Comique, le 8 juin 1800. Cet opéra doit son existence à un hasard singulier. Alexandre Duval raconte en ces termes les faits qui lui inspirèrent son poème: «Un jour que plusieurs représentants se trouvaient réunis chez Talma, avec le général Dumouriez , qui revenait vainqueur de l'armée du Nord, Marat se présenta , seul , dans cette assemblée. Sa présence fit sur la société l'effet de la tête de Méduse... Il était dans ce costume aimable sous lequel on l'a représenté, ce qui contrastait beaucoup, je ne dirai pas avec la grande parure, mais avec l'élégante simplicité de toutes les personnes qui composaient la fête. Lui , sans se démonter , s'adresse à Dumouriez, dit des injures aux représentants dont il ne partageait pas les opinions, et finit enfin par avoir, avec le général, une assez longue conférence à voix basse. Dugazon, l'un des personnages de la fête, qui était toujours sûr d'égayer la compagnie par son esprit et ses bons mots, quand il ne se laissait pas aller à toute son extravagance , fit une plaisanterie qui était plus que hardie , et qui pensa conduire Talma et sa femme sur l'êchafaud. Il prit un réchaud embrasé, y répandit des parfums , et suivit Marat dans tous les mouvements qu'il faisait, comme s'il voulait purifier l'air qu'il empoisonnait de sa présence. Marat n'eut pas l'air d'y faire attention ; mais, dès le lendemain, son journal retentit du repas donné par Talma aux conspirateurs et de
l'insulte faite aux véritables patriotes. Comme le temps, quoique déjà noirci par l'orage qui devait éclater en 1793, ne devait pas faire craindre que cette mauvaise plaisanterie eût des suites , Talma resta dans la plus grande sécurité. Bientôt l'orage éclate, nos amis communs périssent sur l'êchafaud... et, souvent, à ce tribunal de sang, on demandait aux accusés s'ils faisaient partie des conspirateurs qui s'étaient réunis chez l'acteur Talma. On juge quelle était sa situation, ( celle de tous ceux qui l'aimaient, et certes, le nombre en était grand. Cependant , on lui conseilla de se taire ; on lui représenta que la force de son talent , que le peuple savait apprécier, l'empêcherait toujours de faire partie des victimes... Cependant, comme nos sales tyrans finirent par ne plus rien respecter, Talma fut instruit par un de ses amis que son nom était porté sur une liste de proscription. L'amitié qui nous unissait dès ce temps-là, la conformité de nos opinions, l'engagèrent à me confier ses craintes.... Un soir qu'après avoir joué la tragédie, il me parut plus sombre qu'à l'ordinaire, je lui demandai le sujet de sa tristesse : il me dit qu'il ne pouvait se rendre compte de ses pressentiments, mais qu'il craignait d'être arrêté au premier moment, et que ce n'était qu'en tremblant qu'il rentrait chez lui ; qu'il allait s'y trouver seul; qu'il avait envoyé sa femme dans une campagne écartée... Le voyant dans ce trouble, qu'il ne pouvait vaincre, je lui proposai d'aller souper chez lui, et même d'y passer la nuit... Le long de la route, je tâchai de lui donner de l'espérance ; et en soupant , et après quelques verres de vin, nous finîmes par éloigner tout à fait nos trop justes inquiétudes. Mais quand je fus retiré dans ma chambre, ou plutôt dans sa bibliothèque, car c'était là que je couchais dans un très beau lit grec, très élégant sans doute, mais très peu commode, je me mis à réfléchir sur la position dangereuse dans laquelle il se trouvait ; et, de réflexion en réflexion, je finis par me dire : mais si par hasard on venait l'arrêter cette nuit! mes opinions , moins connues que les siennes peut-être, mais qui néanmoins le sont assez, pourraient me mériter l'honneur de suivre mon héros jusque sur l'êchafaud. Je ne pourrais pas dire que je ne suis pas de la compagnie de monseigneur. Cette idée m'attrista : ce n'est pas que je redoutasse d'accompagner mon ami à la mort (en ces temps-là , on tenait peu à la vie) ; mais j'éprouvais un sentiment mélancolique dont je ne me rendais
BENI
BENV
pas compte, qui ne suffisait que trop pour m'empêcher de me livrer au sommeil. Pour comble de contrariété, un maudit gros chien, gardien de sa maison (cette maison était celle de la rue de Chantereine, que plus tard Talma vendit à Bonaparte), par ses aboiements fuxieux, me faisait craindre de voir entrer , à chaque instant, la force armée, précédée, suivant l'usage de ce temps , des membres d'un comité révolutionnaire. Ne pouvant espérer de trouver le sommeil, je saisis le premier livre qui me tomba sous la main, et le hasard me fit tomber sur les Mémoires de Beniowski, Je lus; et, malgré mes frayeurs, je me trouvai la tête assez libre pour faire le plan d'un opéra, que le public a accueilli avec bienveillance , sans savoir seulement que ce malheureux enfant était né au milieu des craintes et des alarmes. Le lendemain, je contai à Talma mes terreurs de la nuit ; il en rit avec moi, comme on riait dans ce tempslà. «
Les aventures du fameux chevalier hongrois Beniowski avaient déjà fourni àKotzebue la matière d'un drame. Le poëme de Beniowski s'écarte quelque peu de l'histoire, comme on en va juger par une rapide analyse, a Beniowski, général au service de la cause polonaise, est tombé au pouvoir des Russes, qui l'ont exilé au Kamtschatka. Ses compagnons d'infortune forment le projet de s'affranchir ; ils le prennent pour chef. Mais appelé au château du gouverneur, dont il aime passionnément la nièce, il se trouve placé dans la cruelle alternative de trahir son parti ou sa maîtresse ; l'amour l'emporte , et les deux amants sont unis. Cependant un exilé russe, Stephanoff, jaloux de Beniowski, jette des doutes sur sa loyauté et se présente ensuite chez le gouverneur , à qui il dévoile le secret de la conjuration. Il parvient à obtenir la grâce de tous les coupables , excepté celle du chef; or ce chef n'est autre, on le sait déjà, que Beniowski. Traître à son parti, coupable aux yeux du gouverneur, il ne sait où porter ses pas ; il fuit à travers mille dangers. Enfin, les exilés prennent les armes. Beniowski, errant de rocher en rocher, de précipice en précipice, épuisé de fatigue, mourant de faim, tombe, sans connaissance, sur le sol. La nuit est venue. Les gens de Stephanoff le recueillent et le rappellent à la vie. Stephanoff, qui l'a reconnu, pourrait se défaire de lui; mais il a senti le remords, et Beniowski est sauvé par son rival même. Pour le soustraire à la vengeance des exilés , Stephanoff a été forcé de
s'avouer coupable ; et, à son tour, il se trouve exposé à leur fureur. Ils veulent le punir de son crime; mais Beniowski s'y oppose, et l'un et l'autre font la paix. Enfin , on se bat; les exilés triomphent , et le gouverneur suit Beniowski en Pologne. »
On remarque dans la partition de Boieldieu des chœurs d'une vigueur et d'une énergie dont on ne l'avait pas cru capable jusque-là. L'individualité du compositeur s'y efface encore pourtant sous la pression du grand style. Son génie va bientôt jeter sa première lueur dans le Calife de Bagdad, et déjà on peut le pressentir. Beniowski fut remonté en juillet 1824, avec d'assez grands changements: un nouvel air pour l'acteur Gavaudan, un autre pour Lemonnier ; une ouverture , qui , selon l'expression de Boieldieu lui-même, sentait le cuir russe; un finale nouveau au troisième acte, et une foule de remaniements dans l'orchestre et dans le chant. Dans une lettre adressée le 17 juillet 1824 au directeur du Courrier des spectacles , Boieldieu disait, en parlant de cette reprise : » Je me suis donné autant de mal que pour un ouvrage nouveau. Puisse le succès de cette reprise me dédommager un peu, et le public me savoir gré de tant de travail pour un ouvrage qu'il avait adopté , mais dans lequel , malgré son indulgence, je sentais qu'il y avait à corriger... L'ouvrage a été remis sur le métier , « disait - il en terminant. Malgré cette refonte consciencieuse , Beniowski ne comptera jamais parmi les meilleures œuvres de l'auteur tant aimé de la Dame blanche. Quelques motifs heureux , quelques mélodies originales méritaient pourtant d'être conservés. L'ouvrage, à sa création, avait été joué par Elleviou, Martin, Gavaudan, Philippe et Mlle Armand, qui s'y étaient tous montrés excellents.
benvenuto cellini, opéra en deux actes, paroles de MM. Léon "Wailly et Auguste Barbier, musique de M. Hector Berlioz.