BIBL
Lablache. Enhardi par la réussite du nouveau maître, l'imprésario Barbaja envoya Bellini à Milan, dont le théâtre était aussi placé sous sa direction, afin d'y écrire un opéra pour Rubini et Mm» Méric-Lalande, sur un libretto de Romani, auteur très peu connu encore. C'est là qu'il mit au jour il Pirata, son premier chef-d'œuvre, qui lui acquit une réputation européenne. Les journaux, lorsque Bianca e Fernando parut, exagérant son talent, avaient mis Bellini au rang de Rossini ; ils le placèrent hardiment au-dessus del piû gran maestro del mondo, dès l'apparition du Pirata. Nous savons à quoi nous en tenir sur l'em'phase italienne : sans doute, il Pirata obtient encore aujourd'hui le succès dont il est digne, mais Bianca e Fernando est tombé dans un oubli mérité. Nous ne voulons pas dire pour cela que Bianca e Fernando soit une œuvre sans valeur:
quelques morceaux mériteraient à coup sûr d'être conservés, tels sont : la cavatine Deh ! non ferir, et la romance délicieuse Sorgi o padre. Quant à la partition tout entière, nous croyons qu'elle n'affronterait pas aujourd'hui sans quelque danger, à Paris du moins, les hasards de la rampe.
BIANCA E GUALTIERO, opéra, musique du général Alexis Lvoff, représenté au théâtre italien impérial de Saint-Pétersbourg le il février 1845. M">e Viardot et Rubini remplissaient les deux principaux rôles. Tamburini jouait un rôle secondaire; les autres personnages étaient représentés par "Versing, Petroff, Lavia et Gallinari. Cet ouvrage eut du succès dans la haute société russe. Comment aurait-il pu en être autrement, avec une troupe d'élite commandée par un général? Il est à remarquer qu'aux premières représentations de ces opéras d'amateurs, l'enthousiasme va jusqu'au délire; mais il faut bien, tôt ou tard , admettre le vrai public dans la salle : c'est alors que le compositeur voit son astre pâlir et s'éclipser à jamais. Le général Lvoff jouait, dit-on, assez bien du violon.
* bianca orsini, opéra sérieux, paroles de G. T. Cimino, musique d'Errico Petrella, rep. à Naples, sur le théâtre San Carlo en 1874.
BIANCA TURENGA, opéra, musique de Balducci, représenté à Naples en 1838.
biante, drame italien en prose, avec une musique composée par Stradella, représenté à Venise vers 1668.
biblis, opéra en cinq actes, paroles de Fleury, musique de Lacoste^ représenté à Pa-
ris, sur le théâtre de l'Opéra, le 6 novembre 1732. — Caunua rient de soumettre la Cane, et de la rendre à la princesse Ismène, qu'il doit épouser ; mais son bonheur est troublé par le chagrin de l'inconsolable Biblis. Celle-ci ne peut voir s'éloigner son frère, qu'elle aime d'un amour criminel. Pour le retenir, elle lui offre le trône d'Ionie, qu'elle occupe par droit d'aînesse et comme prêtresse d'Apollon. Caunus l'accepte, et va prêter, devant le peuple, le serment accoutumé. Tout à coup l'oracle d'Apollon se fait entendre, lui ordonne de laisser jouir Biblis de la souveraineté, et de s'éloigner d'un Etat où sa présence va causer 'es plus grands malheurs. Caunus jure d'obéir aux dieux. Il est prêt à partir, et refuse de suivre Ismène en Carie, craignant d'y attirer les malheurs qui menacent l'Ionie. Mais Biblis, dominée par son étrange passion, engage Iphis, dont elle est aimée, à retenir Caunus, malgré les ordres des dieux. Iphis y consent et réussit. Cependant Biblis s'est retirée dans le lieu où reposent ses ancêtres > là, elle gémit sur son amour criminel. Iphis vient l'y retrouver, et lui apprendre que Caunus est resté. Elle lui reproche d'avoir trop bien suivi ses ordres, et l'engage à cacher la retraite qu'elle a choisie. Iphis refuse d'obéir, et court avertir Caunus, tandis que, transportée momentanément aux Champs élysées, Biblis voit les tourments préparés dans les enfers à ceux qui se rendent coupables d'inceste. Caunus la retrouve dans l'endroit funèbre où elle est venue se lamenter. EHe en sort à sa sollicitation pour aller préparer l'hymen de son frère et d'Ismène. Iphis la presse de lui accorder sa main ; c'est alors qu'elle lui déclare qu'un autre a pris possession de son cœur. Enfin l'autel est préparé pour la bénédiction nuptiale : on amène une victime. Biblis saisit le couteau des sacrifices, et va s'en frapper, lorsque son frère lui retient le bras. Caunus, touché des maux que cause sa présence, s'éloigne; il va quitter pour jamais la terre d'Ionie, lorsque Biblis survient. Il veut lui rendre la couronne ; mais elle lui laisse voir son amour. Il s'en indigne, et se reproche de n'avoir pas cédé à la voix de l'oracle. Enfin Biblis se poignarde et meurt. — Cet opéra parut à la veille d'une révolution musicale, une année avant Hippolyte et Aricie, de Rameau, qui fit une sensation extraordinaire, et porta un coup décisif aux compositions dramatiques de son temps. Il n'est ni meilleur ni pire que tous ceux dont notre Académie s'était contentée depuis Lulli.
BIJO