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que les caprices de leur imagination. » Nous avouons que la musique n'a pu relever le mauvais poème du Bouquet de l'infante; mais cependant on a pu apprécier les qualités qui distinguent M. Adrien Boieldieu. Héritier d'un nom illustre, il a su en perpétuer jusqu'à un certain point la gloire. Déjà, dans son opéra de Marguerite, on avait remarqué des élégies élégantes: dans le Bouquet de l'infante, les morceaux sont plus développés et l'instrumentation plus riche. Nous signalerons, au premier acte, l'introduction qui mérite des éloges, ainsi que la caehueha, chantée avec un incomparable brio par Mlle Louise Lavoy e ; l'habile cantatrice dut bisser cet air ; un charmant nocturne à quatre voix ; la romance : Vous voyez bien qu'il est mon père, chantée par MUe Lavoye; l'air de Pascales; et, dans le reste de la partition, le trio avec chœurs, l'air de Ginetta et la romance de Fabio : Ah! le plus beau jour de ma vie sera mon dernier jour ! qui est d'un sentiment noble et d'une expression touchante. Audran, Mocker et Mlle Lavoye ont créé les rôles de cet ouvrage.
♦BOUQUET DE violettes (le), opérette en un acte, paroles de MM. Grisier et Boucheron, musique de M. André Martinet, représentée au casino d'Aulus le 10 août 1883.
BOUQUET RENDU (le), opéra, musique de J. Miller, représenté en Allemagne vers 1810.
BOUQUETIÈRE (la), opéra en un acte, paroles de M. Hippolyte Lucas, musique d'Adolphe Adam, représenté à Paris, sur le théâtre de l'Opéra, le 31 mai 1847. Le vicomte de Courtenay achète tous les jours, au prix d'un écu de 6 livres, un bouquet à Nanette. Le vicomte est un charmant mauvais sujet qui se ruine au jeu, si bien qu'il n'a pas d'autre ressource que d'aller s'engager chez un racoleur. N'ayant plus le moyen d'acheter un régiment, il le gagnera. En chemin, il recontre la jolie bouquetière. Nanette lui offre le bouquet quotidien ; mais comment le payerait-il? tout son avoir se borne à vingt sous... Le vicomte donne à Nanette un billet de loterie, puis il lui fait ses adieux en déposant un baiser sur les joues de la jeune fille. Nanette est émue et n'écoute que d'une oreille distraite M. l'inspecteur du marché, qui a bien envie de lui décocher une déclaration, mais en est toujours empêché au moment décisif par quelque incident grotesque. Le vicomte revient, portant à son chapeau les rubans des nouveaux enrôlés, s'apprêtant
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à payer à ses nouveaux camarades la bienvenue d'usage. Nanette se sent triste en songeant qu'un si joli garçon peut revenir de la guerre boiteux, estropié, et même ne pas revenir du tout. Heureusement, la fortune se montre favorable. Avec le billet que le vieomte lui a donné en payement, Nanette gagne 20,000 écus! Elle court vite racheter la liberté de M. de Courtenay, et veut rendre à sa pratique le surplus de la somme. Le vicomte refuse; d'ailleurs que pourrait-il faire de 20,000 écus, lui qui a contracté la vicieuse habitude de manger 200,000 livres par an? Heureusement encore, il vient de mourir aux Indes, fort à point, un vieux bonhomme , riche comme Crésus , qui n'a d'autre héritier que le vicomte de Courtenay. Donc M. de Courtenay, devenu riche, épouse Nanette, et forme le projet d'être sage. Quant à M. l'inspecteur, il reste décidément garçon, et la toile tombe.
L'ouverture est le morceau le mieux réussi de l'opéra. On y trouve des idées gracieuses, ce rhythme et cette netteté rapide qui ont valu à Adolphe Adam sa popularité ; on y trouve aussi un charmant motif qui se reproduit plus tard dans l'ouvrage. Citons les couplets et la cavatine de Nanette, le trio de basse, ténor et soprano, le chœur des nouveaux enrôlés , l'entrée et la marche de la loterie. Le livret est naturellement peu compliqué, vu le manque d'espace ; mais les vers en sont bons, et ne ressemblent pas à ces boutsrimés ridicules dont le public se contente d'ordinaire. Acteurs qui ont créé la Bouquetière: Mils Nau, Nanette; Ponchard, le vicomte de Courtenay, etc. — La décoration, qui représentait l'ancien quai aux Fleurs, était d'une grande finesse de ton, et a fait le plus grand honneur à MM. Cambon et Thierry.
* BOUQUETIÈRE DE TRIANON (là), opéracomique en deux actes, paroles de MM. Laurencin et Jules Adenis, musique de M. Frédéric Barbier, représenté pour l'inauguration du théâtre Saint-Germain (aujourd'hui théâtre Cluny), le 24 novembre 1864.
* bourgeois DE calais (le), opérette en trois actes, paroles de MM. Ernest Dubreuil et Burani, musique de M. André Messager, représentée aux Folies-Dramatiques le 6 avril
* BOURGEOIS DE NIJNI-NOVGOROD (LES), opéra en cinq actes, paroles de M. P. Kalaschnikoff, musique de M. Edouard Napravnik,
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représenté au théâtre Marie de Saint-Pétersbourg le 27 décembre 1868. Cet ouvrage a été désigné parfois sous le titre de Nizegorodnis. L'auteur de la musique, M. Napravnik, artiste fort distingué, originaire et natif de la Bohême, mais depuis long-temps fixé en Russie, occupe depuis 1869 les fonctions de premier chef d'orchestre à l'Opéra russe de Saint- Pétersbourg.
bourgeois DE REIMS (le), opéra-comique en un acte, paroles de MM. Saint-Georges et Ménissier, musique de M. Fétis, représenté à l'Opéra-Comique le 7 juin 1825. Cet ouvrage a été composé à l'occasion du sacre de Charles X. L'auteur n'attache pas une grande importance à cette production de circonstance ; car il ne donne aucun détail sur la représentation ni sur la partition dans l'autobiographie fort étendue qu'il s'est consacrée dans son ouvrage.
BOURGEOIS GENTILHOMME (le), Comédie-ballet en cinq actes et en prose, de Molière, avec des divertissements , musique de Lulli, représentée à Chambord le 14 octobre 1670, et à Paris, sur le théâtre du Palais- Royal, le 29 novembre suivant. Le Bourgeois gentilhomme obtint à Paris un grand succès. Chacun croyait y reconnaître le portrait de son voisin, et on ne se lassait point d'aller applaudir cette peinture si vraie et si naturelle des vaniteuses prétentions de la richesse roturière. « Le personnage de M. Jourdain, dit La Harpe, est un des plus vrais et des plus gais qui soient au théâtre. Tout ce qui est autour de lui le fait ressortir : sa femme, sa servante Nicole, ses maîtres de danse, de musique, d'armes et de philosophie; le grand seigneur son ami, son confident et son débiteur ; la dame de qualité dont il est amoureux ; le jeune homme qui aime sa fille, et qui ne peut l'obtenir, parce qu'il n'est pas gentilhomme; tout sert à mettre en jeu la sottise de ce pauvre bourgeois... Molière a su tirer encore des autres personnages un comique inépuisable; l'humeur brusque de Mme Jourdain, la gaieté franche de Nicole, la querelle des maîtres sur la prééminence de leur art, les préceptes de modération débités par le philosophe qui, un moment après, se met en fureur et se bat en l'honneur et gloire de la philosophie ; la leçon de M. Jourdain, à jamais fameuse par sa découverte, qui ne sera jamais oubliée, que depuis quarante ans il faisait de la prose sans le savoir. La galanterie niaise du bourgeois et le sansr-froid
cruel de l'homme de cour..., la brouillerie des jeunes amants et de leurs valets, sujet traité si souvent par Molière, et avec une perfection toujours la même et toujours différente : tous ces morceaux sont du grand peintre de l'homme, et nullement du farceur populaire. » Le célèbre Lulli joua un rôle dans cette pièce, s'il faut en croire l'anecdote suivante : Le musicien florentin avait acheté la charge de secrétaire du roi ; il alla trouver la compagnie pour se faire recevoir ; mais ces messieurs lui répondirent unanimement qu'ils ne voulaient pas d'acteur parmi eux. Il eut beau leur dire qu'il n'avait jamais joué sur le théâtre que trois fois, dans le Bourgeois gentilhomme, et cela devant le roi ; ils furent sourds. Il alla s'en plaindre au ministre Louvois, qui lui dit que les secrétaires du roi avaient raison. « Quoil monsieur, lui répondit Lulli, si le roi vous ordonnait, tout ministre que vous êtes, de danser devant lui, vous le refuseriez? » D'après une autre version, la réplique du musicien aurait été celle-ci : « Eh ! monsieur, tout ministre que vous êtes, vous en auriez bien fait autant. » Louvois, ne sachant que répondre, lui expédia un ordre qui le fi recevoir.
* BOURGMESTRE DE SANT' ANNA (LE), opéra-comique, musique de M. Th. Koschat, représenté sur le théâtre allemand de Prague en 1894.
BOURGUIGNONNES (les), opéra-comique en un acte et en prose, paroles de M. Henri Meilhac, musique de M. Louis Deffès, représenté pour la première fois à Bade en 1861, puis à l'Opéra-Comique le 16 juillet 1863. Manette est venue passer quelques jours à la ferme de son cousin par alliance, Landry, dont la femme Thérèse a le tort de faire la besogne de son homme, ce qui permet à celui-ci de se livrer à une oisiveté dangereuse pour la paix du ménage. Heureusement, Manette est une fine mouche. Elle éconduit Landry, qui cherche à lui conter fleurette, et, grâce à ses conseils, Thérèse écarte à temps le danger qui menace son bonheur conjugal. Manette apprend à la jeune femme le secret du ménage, c'est-à-dire l'art de tenir un époux en haleine, en inquiétant son orgueil et son cœur. La scène dans laquelle les deux cousines boivent du vin de Bourgogne pour se donner du cœur est de mauvais goût. La chanson à boire, qui semble être un accessoire obligé de tous les livrets d'opéra-comique, est déplacée dans la bouche d'une femme. Ce petit livret ne manque ni