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BRAV

BRAVO (il), opéra italien en trois actes, livret de Berettoni, musique de Marliani, représenté à l'Opéra-Italien sans succès le 1er février 1834. Quel que soit l'intérêt d'un drame lyrique, quelque émouvantes qu'en puissent être les péripéties, il importe, en vue du succès, que le dénoûment vienne soulager l'auditeur des émotions fortes que l'auteur lui a imposées. Si le héros succombe à la dernière scène, il doit mourir de désespoir ou de douleur, et exciter la pitié après avoir inspiré de la sympathie; mais l'amour partagé d'un brigand, fût-il passionné et sincère , ne suffira jamais pour intéresser à son sort les coeurs délicats, et sa condamnation à mort ne fera pas verser une larme, ni sur lui ni sur l'objet de son amour. Au temps d'Eschyle et de Sophocle, où régnait un autre ordre d'idées qu'aujourd'hui, la croyance à la fatalité motivait ces sortes de dénoûments.

Voici le sujet du livret qui nous a suggéré ces réflexions :

La scène se passe à Venise. Une joute sur l'eau vient de se terminer par le triomphe du vieux pêcheur Antonio et d'un homme masque. Lorsque celui-ci découvre ses traits, le peuple reconnaît en lui un bravo redouté, et s'en éloigne avec effroi. Rubini, qui jouait ce rôle, chantait à ce moment une assez jolie cavatine : Sta a ciascun sul ciglio accolto. Resté seul, il est bientôt rejoint par le patricien Gradenigo, qui lui propose de l'aider à se défaire d'un rival, amant de la belle Vénitienne Violetta Tiepolo , pupille de la République. Or il se trouve que ce rival préféré n'est autre que le bravo lui-même, connu de Violetta sous le nom supposé de Bedmaro. La scène, qui se passe dans le palais Tiepolo, est bien conduite, et Mlle Grisi, dans le rôle de Violetta, la jouait avec beaucoup d'expression. Gradenigo a employé la ruse pour attirer Violetta dans son casino, où tout est mis en œuvre pour la séduire. Il y a ici un beau chœur d'orgie : Sommergiamo gli affarei di Bacco nel liquor; et des couplets pleins de verve, chantés par Tamburini. Mais le bravo arrive ; Violetta apprend de quelle nature sont les services qu'il a promis de rendre à Gradenigo; elle reconnaît en lui Bedmaro son amant, et elle le repousse avec horreur. L'air chanté alors par Mlle Grisi (au commencement du troisième acte) est d'une belle expression mélodique. Le bravo s'efforce de la fléchir; il lui raconte les malheurs qui l'ont réduit à embrasser son odieuse profession. Le duo : Odiar io non saprei, est un des meilleurs morceaux de l'ouvrage. Ac-

cusé d'un meurtre, le bravo comparaît devant un tribunal, qui le condamne au dernier supplice, malgré les supplications que Violetta adresse aux juges.

Le style de la partition est élégant et facile, l'instrumentation bien traitée. L'œuvre de Marliani a été reprise en 1855. Elle a dû un peu l'accueil qui lui a été fait au rôle que le compositeur venait de jouer à cette époque dans la révolution italienne.

BRAVO (il), opéra italien en trois actes, libretto de Gaetano Rossi, musique de Mercadante, représenté au théâtre de la Scala, à Milan, pendant le carême de 1839, où il fut chanté par Donzelli, Castellan; M^es Tadolini et Schoberlechner. Il fut joué au Théâtre-Italien de Paris le 12 mai 1853. Le livret n'est qu'un tissu de crimes et d'horreurs ; mais la partition renferme de beaux passages ; l'air de Foscari, par exemple :

Délia vita nel senliero Vidi un angelo del cielo,

et le duo de ténors au premier acte. Au se" cond, on remarque un large morceau d'ensemble, et, dans le troisième, un magnifique chœur de gardes de nuit et une scène finale très dramatique. Il a été chanté à Paris par Belletti, Giudotti, Fortini ; Mme de Lagrange et Mlle Beltramelli.

BRAVO (le), opéra en trois actes et quatre tableaux, livret de M. Emile Blavet, musique de M. G. Salvayre, représenté à l'Opéra-National-Lyrique le 18 avril 1877. La pièce est obscure, compliquée, bizarre. Elle se passe à Venise. Contarini, l'un des Dix, a séduit une jeune fille, Giovanna, et est cause de sa mort. Le père a voulu venger l'honneur de sa maison en tuant le ravisseur. Au moment où le conseil des Dix le condamne à la peine capitale, son fils, Jacopo, revient de la guerre, et, grâce à l'intervention d'un des juges, Tiepolo, le vieillard vivra, mais à la condition que Jacopo se dévouera au service de la république en acceptant la profession de bravo. Fenimore Cooper avait déjà imaginé cette histoire ; mais autre chose est un roman très développé, dans lequel des choses invraisemblables sont déduites insensiblement , autre chose est un opéra, où les situations doivent être claires, l'action concise et rapide. Tiepolo est mort aussi, en laissant la tutelle de Violetta, sa fille, à Contarini. Celui-ci veut qu'elle soit sa femme ou qu'elle entre dans un couvent. Mais le jeune Lorenzo de Montfort possède le cœur de Violetta. Jacopo, par reconnaissance pour la mémoire de Tiepolo, se fait un devoir de

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