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protéger leurs amours et de punir Contarini de ses méfaits ; enfin, après bien des incidents, il le provoque et le tue. Le peuple veut prendre le parti de Contarini contre le bravo; mais celui-ci se fait ouvrir les rangs en montrant le sceau du conseil des Dix, qui le protège, et, pendant que les religieuses sont agenouillées autour du cadavre, il s'embarque avec Lorenzo, Violetta, Gino le gondolier, Annina sa maîtresse, et... vogue la galère !
La partition est un mélange de tous les styles, où domine une orchestration recherchée, précieuse, incontestablement ingénieuse, mais souvent bruyante. Le rôle du bravo est bien caractérisé par les timbres sourds et lugubres des instruments. Plusieurs airs de danse, surtout celui de la danse orientale, sont absolument dénués de charme, et la prétention à l'effet pittoresque a égaré le musicien ; les accords sont mal enchaînés ou plutôt ne le sont pas du tout, et l'oreille de l'auditeur est offensée gravement. Quant à la partie vocale, qui est l'essentielle, on y trouve aussi trop d'efforts pour enlever les suffrages d'un public vulgaire par des cris et une sonorité excessive. Ensuite, la succession des motifs, qui ne sont pas liés entre eux, nuit à l'effet de chacun d'eux. On dirait que l'auteur a voulu faire servir à cet ouvrage tout ce qu'il avait amassé dans ses cartons. En somme, l'inspiration se fait difficilement jour à travers l'enchevêtrement musical dont elle est surchargée. Parmi les morceaux qui ont plu davantage, on peut citer le chœur des mariniers, les couplets de Gino, au troisième acte ; un chœur dansé, une tarentelle et la grande barcarolle finale, morceau symphonique très travaillé, qui a du mérite en soi, mais qui est hors de propos. Chanté par MM. Bouhy, Lhérie, Gresse, Caisso; MU" Heilbron, Berthe Thibault; danseuses : MUes Théodore et Maillart.
* BRAVO (le), opéra romantique en cinq actes, musique de M. Arthur Kœnnemann, représenté en avril 1886 au théâtre municipal de Munster, où l'auteur remplissait les fonctions de chef d'orchestre.
BRAZEN BUST (thb) [la Tête de bronze] , opéra anglais, musique de Bishop, représenté à Londres, à Covent-Garden, en 1813.
BRAZEN MASK (the) [le Masque de fer], opéra, musique de Davy (John), représenté en 1801 à Covent-Garden.
BRAZILEIRO PANCRAGIO (o), Opérette en trois actes, musique de M. Freitas Gazul,
représentée à Lisbonne, sur le théâtre de la Trinité.
BREF IL SORDO, opéra italien, musique de Capotorti, représenté au théâtre des Fiorentini à Naples vers 1810, joué également à Rome.
BRENNO, opéra sérieux italien, musique de Reichardt, représenté à Berlin en 1787.
* BRENNO ALL' ASSEÛIO DI CHIUSI, opéra sérieux, musique de M. Luigi Formaglio, représenté sur le théâtre San Benedetto, de Venise, en 1852.
BRENNO IN EFESO, opéra italien, musique de Perti, représenté à Florence en 1691.
* BRETAGNE, grand opéra, musique de M. Bourgault-Ducoudray. Cet ouvrage, encore inédit, d'un compositeur breton, a été exécuté par fragments à Nantes, sa ville natale, en décembre 1892, par les soins et dans une séance de la Société musicale Concordiez.
BRETISLAUS, opéra allemand, musique de Keiser, représenté à Hambourg en 1725.
BREUVAGE DE L'IMMORTALITÉ (le) , opéra allemand, musique de Walter, représenté en Allemagne vers 1785.
BRIC-A-BRAC, revue de l'année 1879, par MM. Félix Savard et Montréal, jouée à l'Athénée en février 1880. Quelques intermèdes de musique ont été composés avec goût par M. Varney, le fils de l'auteur du Chant des Girondins, Mourir pour la patrie, qui a été adopté par les gardes nationaux de 1848. On a surtout remarqué la musique de l'air sur Y Asile de nuit et une petite pièce d'orchestre. Montrouge a joué le rôle principal avec sa verve ordinaire.
BRIDAL OF GERMAIN (the) [les Noces de Germain], opéra anglais en cinq actes, musique d'Ellerton, représenté en Prusse vers
BRIDE OF SONG (the) [la Fiancée du.
Chant], opéra anglais en un acte, paroles de M. Farnie, musique de M. Benedict, représenté à Londres, sur le théâtre de Covent- Garden, le 3 décembre 1864.
BRIEF AN SICH SELBST (der) [la Lettre écrite à soi-même], opéra allemand, musique de F. Glaeser, représenté à Vienne, au Théâtre-sur-la-Vienne, en 1826.
BRIGAND (le), drame en trois actes et en prose, mêlé de musique, paroles de Hoffmann, musique de Kreutzer, représenté pour
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la première fois au théâtre de l'Opéra-Comïque le 7 thermidor an III (25 juillet 1795). C'était une pièce de circonstance, destinée à exposer sur la scène les crimes des agents de la Révolution, un an après la chute de Robespierre. Quoique la pièce se passe dans les montagnes de l'Ecosse, les allusions y sont assez transparentes, et les doctrines féroces des proconsuls y sont assez clairement exposées, comme, par exemple, à la fin des couplets chantés par Kirk au premier acte :
Les vaincus reviennent encore, Mais les morts ne reviennent plus.
La musique de Kreutzer, plus connu comme auteur de Lodoïska et de Paul et Virginie, partagea le sort de ce drame de circonstance, et fut oubliée avec lui. Nous mentionnerons seulement le finale du second acte, que les auditeurs contemporains ont trouvé pathétique et vrai.
BRIGAND HONNÊTE HOMME (le), opéra, musique de Zeller, représenté au théâtre du duc de Mecklembourg en 1789.
BRIGANDS (les), opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Henri Meilhac et Ludovic Halévy, musique de M. Jacques Offenbach, représenté au théâtre des Variétés le 10 décembre 1869. Le brigand Falsacappa est informé que le prince de Grenade envoie au prince de Mantoue sa fille qu'il doit épouser, et qu'une somme de trois millions doit être rapportée par l'ambassadeur chargé de cette mission. Il lui vient à l'esprit de substituer le portrait de sa fille à celui de la jeune princesse, et de se substituer aussi lui-même avec sa troupe au personnel de l'ambassade. On comprend les quiproquos et les drôleries qu'une telle situation amène. Au lieu des millions, dépensés par un caissier infidèle, Falsacappa ne trouve qu'une somme insignifiante. Le véritable ambassadeur survient, et le brigand payerait cher son stratagème, si le prince de Mantoue ne reconnaissait dans la fille du bandit une personne qui lui a sauvé la vie. Il en résulte que les brigands sont amnistiés et retournent à leurs nobles travaux. Le fond de ces pièces est, comme on le voit, pauvrement imaginé, et il semble que les auteurs comptent pour le succès sur les plus grotesques invraisemblances. Les détails accessoires sont si multipliés et si extravagants, que le spectateur se soucie d'ailleurs très peu du canevas de l'intrigue. Je ne trouverais rien de compromettant pour l'art dans ces sortes de farces, si on les présentait comme telles pour l'amusement po-
pulaire, et si les moyens employés étaient en proportion avec le peu d'importance du genre. Mais quand on songe que l'exploitation de ce genre de spectacles est devenue une industrie très lucrative, encouragée pendant vingt ans de mille manières par les fonctionnaires de l'Etat, qu'un compositeur a eu le courage d'écrire une partition de près de 400 pages, sur un livret comme celui des Brigands, il y a là de quoi faire faire des réflexions assez tristes sur les destinées de l'art musical et du goût dans notre propre pays, et sur la mauvaise influence que nous exerçons ailleurs. On a remarqué, dans le premier acte des Brigands, le choeur d'introduction avec le dialogue entre le faux ermite et les jeunes filles : Bon ermite, ah! dis-nous vite, où nous conduis-tu? — Dans le sentier de la vertu, etc.; les couplets de Falsacappa: Quel est celui qui par les plaines...? et les couplets de Fiorella, la fille du bandit : Au chapeau je porte une aigrette. Le musicien se défiait donc de son poète et le poète de son musicien, puisque tous deux ont eu recours à deux détonations de revolver pour faire applaudir ces couplets. Du reste, M; Offenbach met tout en musique, mêmes les bottes des carabiniers. Dans le deuxième acte, le canon : Soyez pitoyables et donnez du pain, est le seul morceau qui ait quelque valeur musicale. Dans le duetto du notaire qui le suit,le musicien revient à son éternel rythme de polka. Au troisième acte, je ne trouve à citer que le chœur de fête : Y Aurore parait. Les Brigands ont été joués par Dupuis, Kopp, Léonce,Blondelet,Lanjallais, Baron, Mlles Aimée, Zulma Bouffar, etc.
* brigands (les), opéra en quatre actes et sept tableaux, paroles françaises de Jules Ruelle, musique de Verdi, représenté au théâtre de l'Athénée le 3 février 1870. C'est la traduction de l'opéra i Masnadieri.
brigands et le chanteur (les), opéra allemand, musique de MUe Blahetka, représenté à Vienne, au théâtre de la porte de Carinthie, en 1830.
BRIGANTI (i), opéra italien en trois actes, livret de Crescini, musique de Mercadante, représenté pour la première fois à Paris, au Théâtre-Italien, le 22 mars 1836. Le sujet a été emprunté à la pièce de Schiller. Les deux fils de Maximilien, comte de Moor , sont rivaux et se détestent. Ils aspirent tous deux à la main d'Amélie, leur cousine. Corrado, le plus jeune, fait enfermer son père, proclame qu'il est mort, et s'empare de la puissance.