GAVE
GEGG
leur chef, complotent à la fois contre sa vie, contre celle de l'aveugle et aussi contre l'honneur de Séraphine. Un drame sanglant se prépare , lorsque Gil Blas arrive en libérateur ; l'entrée de la caverne est forcée par les amis d'Alphonse de Leiva. Mais ce chef si débonnaire et si courtois , quel peut-il être ? Ce Rolando est le propre frère de Séraphine, dont il voulait faire sa maîtresse ; c'est don Juan de Guzman qui, livré à toutes sortes d'égarements, a fini par devenir chef de bandits. Il abjure ses torts et se dispose à aller se jeter dans les bras de son père. Passe encore pour tant d'invraisemblances ; mais le dialogue est d'une platitude telle qu'on n'aurait pu rien imaginer de mieux, si on avait voulu écrire une parodie. Heureusement la musique rachète tous ces défauts. L'ouverture est bien faite , mais n'a rien de remarquable. Le désespoir de Séraphine et la sympathie qu'éprouvent pour elle Léonarde et Gil Blas sont parfaitement exprimés dans un premier trio en ut mineur. L'air suivant, de Gil Blas, est en la mineur. La chanson de Léonarde, qui est jolie d'ailleurs, est en sol mineur. Cette succession de trois morceaux dans la tonalité mineure donne de la monotonie au début de l'ouvrage ; mais le chœur des brigands de la scène IV, la Bonne aubaine, est traité de la manière la plus intéressante. Le rythme est énergique et l'harmonie originale. Ce chœur est resté longtemps célèbre. Le duo entre Séraphine et Rolando offre de jolies phrases; il n'est pas assez scénique. Le motif chanté par Alphonse, dans la forêt, est plein d'un charme mélancolique. Dans le second acte, l'air de Séraphine se distingue par sa largeur , celui du faux aveugle par le perpétuel mode mineur, et l'allégretto , Il y a cinquante ans et plus, chanté par Léonarde, par son bizarre accompagnement sur le chevalet à toutes les parties et surtout par le sens leste des paroles. L'ensemble final est le morceau le mieux réussi de cet acte. Le troisième acte débute par le chœur des voleurs révoltés. L'air de Rolando est trop long. En revanche, le quatuor : Quel intérêt vous faites naître, est un des meilleurs morceaux que Lesueur ait écrits ; mais il est plus musical que dramatique. Pendant le siège de la caverne, on entend un double chœur, celui des voleurs et celui des assaillants, lesquels chantent derrière la scène. Lorsque la mêlée est générale, lorsque la caverne s'écroule, que les brigands sont tués ou mis en fuite, que Gil Blas, Alphonse et ses amis apparaissent en libérateurs, que Séraphine se jette dans les
bras de son époux et de son frère , le public est peu disposé à prêter l'oreille à des combinaisons harmoniques et rythmiques. La musique chorale accompagne mal des actes de violence et des scènes de reconnaissance. Au lieu de confier ce rôle aux voix, Lesueur aurait mieux fait de le donner à l'orchestre, et surtout de ne pas refroidir le dénoûment en prolongeant le finale. En somme, cet opéra est l'œuvre d'un très grand musicien.
CAVERNE (la), drame lyrique en trois actes, paroles de Forgeot, musique de Méhul, représenté à l'Opéra-Comique le 4 décembre 1795. Le sujet est le même que celui de l'opéra de Lesueur, qui l'emporta dans la faveur du public.
* CAVERNE infernale (la), opéra-comique en deux actes, paroles de Moline, musique de Tomeoni, représenté sur le théâtre des Jeunes-Artistes le 9 avril isoi.
CAVERNE MAGIQUE (la) , opéra anglais, musique de Shield, représenté à Covent-Garden en 1784.
* CAZADOR salvaje (el), drame lyrique, musique de Guillermo Alvarez, représenté à- Madrid, sur le théâtre de la Risa, en août
* cebola MYSTERIOSA (a), opéra-féerie en trois actes, musique de M. Francisco de Freitas Gazul, représenté à Lisbonne, sur le théâtre de la Rua dos Condes.
* CE BON roi DAGOBERT, opérette en un acte, paroles de MM. Marquet et Delbès, musique de M. Georges Douay, représentée aux Folies-Marigny le 12 mars 1869.
CECCHINA (la), farce italienne , musique de Generali, représentée à Venise en îsio.
CECCHINA ossia LA BUONA FIGLIUOLA
(la), opéra italien, livret de Goldoni, musique de Piccinni, représenté à Rome en 1760, et à Paris, sur le théâtre de l'Académie royale de musique, le 7 décembre 1778. La Cecchina fut un des premiers ouvrages du célèbre compositeur. Son opéra à! Alessandro nell' Indie avait favorablement disposé le public, qui fit à la Buona Figliuola l'accueil le plus enthousiaste. C'est en effet le plus remarquable opéra-bouffe qui ait été composé avant le Matrimonio segreto, de Cimarosa. La coupe des airs, la variété du rythme, la fréquence des modulations, le développement intéressant des finales , tout cela parut nouveau. On admira aussi |la parfaite intelligence des situations ménagées par Goldoni ,
GEGH
GEIN
le premier auteur comique de l'Italie , d'autant plus que Bruni s'était exercé sans succès sur le même sujet. On porta aux nues l'œuvre nouvelle, et modes, ajustements, enseignes de boutiques , tout fut à la Cecchina. Ginguené prétend que Piccinni ne mit que dix-huit jours à écrire cet opéra. Cela est facile à croire, puisque nous connaissons les titres de quatre-vingts ouvrages dramatiques de ce maître. D'ailleurs Rossini et Donizetti ont donné l'exemple d'un plus rapide travail, si on songe à la complication de l'orchestration moderne. On raconte que Jomelli, à son retour de Stuttgard , fatigué d'entendre parler de tous côtés de la Cecchina, n'en concevait pas une tonne opinion et disait : «. Sarà qualche ragazzo e qualche ragazzata, Je vais voir un adolescent et entendre quelque puérilité.» Le vieux maître ne tarda pas à changer d'avis et à reconnaître, avec la sincérité d'un grand artiste, que Piccinni était doué d'un génie créateur. Lors de la représentation de la Buona Figliuola à Paris, Piccinni fut appelé sur la scène et complimenté par le public. Honneur, si c'en est un, qu'il méritait mieux que Floquet, l'auteur de V Union de l'amour et des arts. Indépendamment des ensembles, dont la facture est remarquable pour l'époque, nous appellerons l'attention sur deux airs pleins de sensibilité et de grâce. Le premier : Una povera ragazza, est un andante d'un solpasso, mais assez développé, dont le motif principal est heureusement ramené à la fin. Sacchini et Méhul ont écrit plusieurs airs dans cette forme. Le second, Vient il
mio seno dolce riposo, pourrait s'appeler
cavatine du sommeil, si on ne tenait compte que du caractère expressif. Mais il faut laisser ce mot aux ouvrages modernes, et particulièrement à la gracieuse mélodie de M. Auber dans la Muette. L'accompagnement en sixains persistants de l'air de la Buona Figliuola augmente l'effet de cette scène touchante. On a fait une traduction française de cet opéra.
* cecchina zitella (la), opéra-bouffe en trois actes, musique de Nicolo Piccinni, représenté à Naples. Cet ouvrage formait sans doute comme une sorte de suite à celui inti^ tulé la Cecchinù. ossia la Buona Figliuola, l'un des plus jolis chefs-d'œuvre bouffes de Piccinni, avec lequel on ne doit pas le confondre.
* ce cher AUGUSTIN, opérette, paroles de M. H. Klein, musique de M. J. Brandt, représentée à Vienne en janvier 1887.
CÉCILE, opéra-comique en trois actes et en prose, paroles de Mabille, musique de Dezède, représenté aux Italiens le 2fi février 1780. Le sujet est tiré des Lettres deCatesby, de Mme Riccoboni. Il appartient au genre sentimental. La musique en est depuis longtemps oubliée.
CÉCILE, grand opéra allemand en trois actes, musique de Ferdinand Kessler, écrit vers 1810.
CÉCILE DE rascezno , .grand opéra polonais, musique de Kurpinski , représenté à Varsovie vers 1820.
CÉCILE ET DERMANCÉ. — Voyez LES Deux Couvents.
CÉCILE ET JULIEN OU LE SIÈGE DE LILLE, opéra-comique en trois actes, paroles de Joigny, musique de Trial (fils), représenté au théâtre Favart le 21 novembre 1792. Le succès de cette pièce fut tel, grâce aux circonstances (Lille venait de subir victorieusement un siège terrible), qu'on la donna sans désemparer pendant neuf jours consécutifs, ce qui ne s'était jamais vu à ce théâtre pour un ouvrage lyrique.
CÉCILIA, opéra-comique en trois actes, musique de Davaux, représenté à la Comédie- Italienne, le 14 décembre 1786.
CÉCILIADE ou LE MARTYRE DE SAINTE CÉCILE (la), tragédie avec chœurs, représentée en 1606. Cette composition a été faite sur le modèle des anciens mystères, et eut un grand succès. Les chœurs ont été écrits par Nicolas Soret , dont le nom ne se trouve pas dans la biographie des musiciens de M. Fétis.
CÉCROPS, opéra allemand, musique de Krieger, représenté dans le cours du xvne siècle.
* CEDMAR, opéra en un acte, musique de M. Bantock, représenté à l'Olympic-Theatre de Londres en octobre 1892.