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des côtes plus dramatiques et plus humains ; du moment où l'on admet le chef-d'œuvre de Weber et les opéras de Marschner et de Lottzing qui figurent encore au répertoire des scènes lyriques de l'Allemagne, on doit forcément accepter le sujet des Fées et la promiscuité desdites fées avec de simples chevaliers. La fable d'un homme devenu immortel par l'amour d'une fée est, du reste, très ancienne ; c'est à peu près l'histoire du héros indien Puruvavas et de la nymphe Urvaci, qu'on a pu lire en très beau sanscrit bien avant les Fées de Wagner. La musique du jeune compositeur n'est d'ailleurs pas dépourvue d'intérêt. Wagner raconte lui-même que Beethoven et Weber lui ont servi de modèles dans cette entreprise ; il y faut ajouter aussi Marschner; mais on trouve déjà dans la partition beaucoup de traits caractéristiques qui annoncent le futur maître de Bayreuth. La longue ouverture en mi majeur est taillée sur le patron des grandes ouvertures de Weber ; mais certains motifs, et la tournure harmonique, n'appartiennent qu'au futur compositeur de Tannhâuser. Déjà, dans les Fées, Wagner donne au récitatif une ampleur et une importance qu'on ne connaissait plus en Allemagne depuis la disparition de Gluck; il traite ce récitatif avec une singulière force dramatique, et sa déclamation est pleine de sentiment juste. L'orchestre est traité savamment, mais n'offre pas encore les effets que Wagner a trouvés plus tard sous l'influence des partitions de Berlioz. La part des chœurs n'est pas considérable, mais on trouve parmi les plus belles pages de la partition un quintette avec chœur a capella d'une facture admirable et d'un charme symphonique qui a soulevé des applaudissements enthousiastes. Les airs et cavatines ne manquent pas dans les Fées, et plusieurs sont d'un grand effet; mais en général ces morceaux n'offrent pas de particularités saisissantes. Un duo comique, au contraire, entre le chasseur du chevalier et une pimpante femme de chambre, laisse pressentir le futur auteur des Maîtres chanteurs de Nuremberg. On a applaudi à tout rompre, après ce morceau d'une saveur particulière. Somme toute, la partition doit être appréciée comme le travail d'un compositeur à peine arrivé à sa vingtième année ; mais, après la mort de Beethoven et celle de Weber, personne en Allemagne n'était capable d'écrire un opéra comme celui-ci; dès 1833, on peut dire que ce tout jeune musicien, inconnu alors, mais qui devait faire, quinze ans après tant de tapage, était déjà le plus im-

portant des compositeurs allemands au point de vue de la musique théâtrale. »

Toutefois, dès cette époque, Wagner manquait de ce sentiment de la mesure et de l'équilibre qui se fait sentir si cruellement dans toutes ses œuvres ; si bien qu'on dut pratiquer de larges coupures dans la partition des Fées pour la rendre possible à la scène. Il en résulta même un conflit assez singulier entre l'intendance de l'Opéra de Munich et l'éditeur Heckel, propriétaire de la partition. L'intendance désirait que, en raison de ces coupures, la maison Heckel publiât un nouveau livret, ce que celle-ci refusa net. L'intendance fit alors apposer aux portes du théâtre un avis ainsi conçu : « Le bureau de location ne fournit plus de livret des Fées, attendu que la maison K. F. Heckel refuse de les publier dans la forme et avec les coupures nécessitées par les représentations actuelles, et que l'intendant royal juge déloyal de mettre en vente des livrets qui ne concordent pas avec le spectacle. »

FEINDIN DES CARDINALS(dieJ [l'Ennemie du cardinal], traduction allemande de l'opérette de M. Lecocq, la Petite Mademoiselle, représentée au théâtre de Friedrich- Wilhemstadt, à Berlin, le 20 mars 1880; chantée par Swoboda, Schulz, Mmes Stubel, Kopka. Ce genre d'ouvrage obtient dans la haute société berlinoise le même succès qu'à Paris.

FELDLAGER, opéra allemand , représenté à Berlin le 25 septembre 1862.

* FELICE IMENEO (il), cantate scénique, vers de Gaetano Rossi, musique de Jean Pacini, exécutée en 1832 à Naples, sur le théâtre San Carlo, dans une représentation de gala donnée à l'occasion du mariage du roi Ferdinand II avec la princesse Christine de Savoie. Les soli de cette cantate étaient chantés par Mmes Ronzi de Begnis et Raimbaux, par Lablache, David, Basadonna, Santolini, Ambrogi et Ivanoff, tandis que les coryphées étaient tenus par les autres artistes de la troupe : Ronzi, Salvetti, Ambrosini, Tauro, Fioravanti, Andaver, Benedetti, Paolella, Mmes Eden, Manzi, Cardini, Ricci, Grassi, Santolini, et que les chœurs étaient renforcés par tous les élèves du Conservatoire de Naples.

FÉLICIE OU LA JEUNE FILLE ROMANES- QUE, opéra-comique en trois actes, paroles de Dupaty, musique de Catrufo, représenté pour la première fois à l'Opéra-Comique le 28 février 1815.

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