PLOR
FLOR
lys, musique de Gautier, représenté au Théâtre-Lyrique le 2 octobre 1852.
FLORENTIN (le), opéra-comique, livret de M. de Saint-Georges, musique de M. Emile Pichoz ; représenté au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, le 29 avril 1870.
FLORENTIN (le), opéra-comique en trois actes, livret de M. H. de Saint-Georges, musique de M. Ch. Lenepveu, représenté au théâtre national de l'Opéra-Comique le mercredi 25 février 1874. Cet ouvrage, couronné en 1869 dans le concours ouvert entre les compositeurs, n'a été connu du public que cinq ans plus tard. La pièce est peu intéressante, comme toutes celles dans lesquelles on met en scène des artistes peintres, sculpteurs ou musiciens. Il n'y a rien de plus froid au théâtre que ces rivalités d'amour-propre et ces glorifications du génie. Andréa Galeotti, vieux maître florentin, a pour élève Angelo Palma. Un concours est proposé par Laurent le Magnifique. Galeotti a éclipsé .tous ses rivaux; mais un inconnu a osé se mesurer avec lui, et son tableau, représentant Hébé, obtient les suffrages. Cet inconnu, c'est Angelo, qui triomphe malgré lui ; car si en secret il avait peint cette toile, il avait ordonné au modèle Polpetto de la détruire, pour ne pas entrer en lutte avec son vieux maître. Polpetto s'était trompé et avait brûlé le tableau de Galeotti. A cette cause de fureur vient s'ajouter l'amour qu'Angelo a conçu pour la pupille du maître, pour Paola, qui est aussi l'objet de la tendresse et des vœux du vieillard. Celui-ci, ne se possédant plus de rage et de jalousie, aposte des assassins pour tuer Angelo; mais Polpetto lui sauve la vie. Le duc apprend à Galeotti la méprise dont il a été victime. Celui-ci n'a pas autre chose à faire pour effacer le souvenir de sa vengeance que d'accorder au jeune artiste la main de Paola.
La partition de M. Lenepveu atteste de bonnes études musicales, du goût, de l'habileté dans l'art d'écrire, plutôt que de l'imagination. Les dessins variés de l'accompagnement, les altérations multipliées des intervalles, les dissonances ingénieusement employées ne peuvent tenir lieu de l'inspiration ; les modulations sortent rarement des formules familières au compositeur, quoiqu'il semble s'être complu dans les tons chargés d'accidents. Les réminiscences sont fréquentes, et les procédés qu'il met en usage pour développer une idée sentent trop l'école. L'individualité n'apparaît pas encore dans cet
ouvrage, fort estimable d'ailleurs. Les morceaux qui m'ont paru les plus saillants sont : dans le premier acte, le prélude d'orgue, le trio en ré: 0 jour heureux! par toi j'oublie ; l'air d' Angelo : Comme un enfant; le chœur des forgerons; dans le second acte, le chœur: Riante Italie; l'air de Paola: La nuit est l'heure du mystère; la romance d' Angelo : Lorsque j'abandonnai Florence; le sextuor, morceau capital de l'ouvrage; dans le troisième acte, la barcarolle, la jolie romance d'Angelo : Songes aimés; les couplets de Carita : Voulez-vous des fruits? un duo d'un accent très dramatique de Paola et d'Andréa, et la scène du dénoûment, qui a été bien traitée. Distribution : Andréa Galeotti, Ismaël; le duc Laurent de Médicis, Neveu; Angelo Palma, Lhérie; Polpetto, Potel; Pietrino, Laurent; Paola, Mlle Priola; Carita, Mlle Ducasse.