GESSLER
Pour un habile archer, partout on te renomme ; Sur la tête du fils qu'on place cette pomme. Tu vas d'un trait certain l'enlever à. mes yeux, Ou vous périrez tous les deux.
Ce qui a contribué à la prédominance de l'opéra de Guillaume Tell sur tous les opéras modernes, c'est qu'on y trouve exprimés, avec le même bonheur, les sentiments les plus forts de la nature , je veux dire l'amour paternel, l'amour filial, la tendresse conjugale, la sainte amitié, la haine de l'injustice et enfin l'amour de la patrie.
Le cantabile de Guillaume, accompagné par le violoncelle, résume ce que l'imagination peut concevoir pour exprimer de telles angoisses -, Sois immobile, et vers la terre Incline un genou suppliant.
Invoque Dieu, c'est lui seul, mon enfant.
Qui dans le fils peut épargner le père.
Demeure ainsi, mais regarde les cieux,
En menaçant cette tête si chère, Cette pointe d'acier peut effrayer tes yeux. Le moindre mouvement... Jemmy, songeàta mère; Elle nous attend tous les deux.
S'il est vrai qu'une œuvre humaine doit toujours se trahir par quelquo imperfection, c'est, croyons-nous, dans le finale du troisième acte qu'on peut en trouver la marque. Dans la scène de confusion qui suit l'arrestation inique et impitoyable de Guillaume, lorsque Gessler et ses soldats étrangers menacent ce peuple, qui crie Anathème à Gessler, la mélodie absolue (nouveau style à l'usage des musico-prophètes de l'avenir), la mélodie, disonsnous, abonde au détriment de l'effet. Mais le quatrième acte nous tient en réserve do nouvelles beautés.
On accordera qu'il soit difficile que la musique exprime le silence. Ce problème cependant est ici résolu. Quelques phrases entre-