JEANNE, JEANNETTE ET JEANNETON
opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, livret de MM. Clairville et Delacour, musique de M. P. Lacome, représenté aux Folies-Dramatiques en octobre 1876. La pièce est amusante. Les trois paysannes sont devenues, l'une la comtesse DuBarry, l'autre la Guimard, la troisième la propriétaire du Cadran bleu. Suivant l'exemple des deux premières, Jeanneton s'est laissé courtiser par La Ramée , colonel des gardes-françaises ; mais, convaincue de son inconstance, elle se décide à revenir à son amoureux pour de bon, au simple et constant Briolet. La musique est fort agréable et remplie d'idées heureusement rendues. Je signalerai la chanson de Jeanne, Jeannette et Jeanneton, les couplets du Jeune et du Vieux, le serment des trois femmes et la marche des gardes-françaises. Chanté par Simon Max, Milher, Maugé, Vois, M^es Prelly, Stuart et MUe Gélabert.
JEANNE LA FOLLE , opéra en cinq actes, paroles de Scribe, musique de Clapisson, représenté sur le Théâtre de la nation (Opéra) le 6 novembre 1848. Jeanne , fille d'Isabelle de Castille, éprise pour son mari, don Philippe d'Autriche, d'un amour passionné et jaloux , se venge de son infidélité en le poignardant. Elle devient folle, et, croyant que son mari n'est qu'endormi, elle attend son réveil. Ferdinand , roi d'Aragon , père de Jeanne ; don Fadrique, cousin de la reine ; le Maure Aben-Hassan et sa fille Aïxa, sont les autres personnages de la pièce, dont la couleur générale est d'une tristesse trop profonde et trop constante pour un opéra en cinq actes. L'orchestration de M. Clapisson l'emporte de beaucoup sur la partie vocale de l'ouvrage, qui a paru plutôt jolie que belle et dramatique, à l'exception du duo du second acte entre le roi Ferdinand et don Fadrique, et du quintette final. Nous rappellerons aussi le chœur La cloche sonne, qui ouvre le cinquième acte. Gueymard a débuté dans le rôle de Philippe, Euzet et Mlle Grimm, dans ceux d' Aben-Hassan et d'Aïxa. Bremont et Portheaut ont chanté les rôles du roi d'Aragon et de don Fadrique. MHe Masson était fort belle et dramatique dans celui de Jeanne la Folle.
* JEANNE M aillotte, opéra-comique en trois actes, paroles de M. A. Faure, musique de M. J. Reynaud, représenté au Grand- Théâtre de Lille en janvier 1875. Cet ouvrage, qui mettait en scène la grande et célèbre patriote lilloise, obtint un très grand succès.
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Il était joué d'ailleurs d'une façon remarquable par MM. Bach,Fromant, Fronty, Ricquier- Delaunay, Mme8 Hasselmans, Defau, etc., artistes dont plusieurs avaient occupé à Paris un rang distingué.
* JEANNETTE ET LUCAS, opéra-comique en deux actes, musique de Désaugiers, représenté au théâtre des Beaujolais en 1788.
jeannot ET colin, opéra-comique en trois actes, paroles d'Etienne, musique de Nicolo-Isouard, représenté pour la première fois à l'Opéra-Comique le 17 octobre 1814. Cet ouvrage fut remis au répertoire par M. Perrin en juin 1850. Mlle Darcier a donné au rôle de Colette une grâce et une ingénuité charmantes, et elle a chanté avec un sentiment excellent les mélodies expressives de Nicolo. Mocker a déployé toute sa verve dans le personnage de Colin. Bussine a moins réussi dans celui de Jeannot, parce qu'il ne suffit pas au théâtre de posséder une voix vibrante et une bonne vocalisation; il faut surtout être acteur. MUes Lefebvre et Révilly ont rempli les rôles de Thérèse et de la comtesse; Ponchard et Sainte-Foy, ceux du chevalier et de Biaise. La bourrée d'Auvergne était tous les jours bissée.
JEFTÉ, opéra italien, musique de Pollarolo, représenté à Venise en 1692.
* JEHAN DE SAINTRÉ, opéra-comique en deux actes, paroles de MM. Jules et Pierre Barbier, musique de M. Frédéric d'Krlanger, représenté à Aix-les-Bains le 2 août 1893.
* JELLA, opéra sérieux, paroles de M. Interdonato, musique de M. Bolzoni, représenté au théâtre municipal de Plaisance le 30 juillet
JÉLYOTTE ou UN PASSE-TEMPS DE DU- CHESSE, opérette en un acte avec récits, musique de G. Duprez , représentée dans la salle de l'hôtel Duprez, rue Turgot, le 7 avril 1854. Roger a chanté le rôle de Jélyotte, MHe Caroline Duprez et M"e Mira ceux de la duchesse et de la soubrette, Duprez celui d'un financier. Mocker et Rauch ont aussi pris part à l'exécution de ce petit ouvrage.
JENNY, opéra-comique en trois actes, paroles de M. de Saint-Georges, musique de Carafa , représenté à l'Opéra - Comique le 26 septembre 1829. Le livret a paru offrir des situations peu favorables à la musique. Le rondo chanté par Chollet a cependant été populaire.
* JENNY, opéra-comique en un acte, paroles de M. Ed. Guinand, musique de M. Clément Broutin, représenté àRoubaixle il avril 1889 et joué par Mlle Guibert, MM. Mauguière et Norval. M. Broutin, ancien grand prix de Rome, mort depuis, était directeur du tConservatoire de Roubaix.
JENNY BELL, opéra - comique en trois actes, paroles de Scribe, musique de M. Auber, représenté à l'Opéra-Comique le 2 juin 1855. Le succès de l'Ambassadrice a déterminé sans doute le fécond vaudevilliste à tirer dix-neuf ans plus tard une autre œuvre du même panier. La pièce de Jenny Bell est d'ailleurs bien faite, les situations ont de l'intérêt, le dialogue est semé de mots heureux. Jenny Bell est une cantatrice adorée du public. Lord Mortimer, fils du duc de Greenwich , premier ministre, en raffole ; il a un rival dans maître Dodson, orfèvre et joaillier de Jenny Bell. Le ministre veut que son fils épouse lady Clarence. Il va tout droit trouver l'actrice , pour la prier de ne point abuser de son influence sur son fils. Jenny reconnaît en lui le protecteur de son enfance, son bienfaiteur. Poussée par la reconnaissance, elle promet de décourager la passion de Mortimer, qui vient chaque jour dans sa maison sous le nom de William , et cachant sa position sociale sous le titre de compositeur. Elle a beau se donner mille défauts, se peindre intéressée, éhontée, etc., Mortimer persiste dans son affection et va même jus- ■ qu'à prendre la résolution de s'empoisonner, si elle ne consent pas à accepter sa main. Le duc de Greenwich finit par céder et par autoriser cette mésalliance. Les personnages de Henriette, femme de chambre de Jenny Bell, de George Leslie et de Dodson sont agréablement mêlés à l'action principale. Des motifs de provenance anglaise ont été introduits par le compositeur dans ce sujet anglais : c'est d'abord une cantilène dans l'ouverture, répétée plus loin dans le chant; ensuite le God save the king et le Rule Britannia. On a remarqué les couplets de la camériste sur le rouge employé par les actrices : Au théâtre, le secret; l'espèce de complainte par laquelle Jenny Bell émouvait le cœur des passants dans son enfance : Dans la rue, à peine éclairée, qui se termine par ce refrain :
Habitants de la grand' ville,
Au pauvre enfant tendez la main;
Je meuri de froid, je meurs de faim.
Le duo entre lord Greenwich et Jenny Bell est riche en motifs; la tyrolienne : Ah ! de la fauvette, qui y est intercalée, est fort gra-
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cieuse; la jolie cavatine du ténor : A sa voix, à sa vue, est suivie de morceaux d'ensemble qui terminent avec chaleur le premier acte. Le morceau principal du second acte est le grand duo de la déclaration d'amour de Mortimer, sous le pseudonyme de William. M. Auber a traité cette situation compliquée en maître habitué à triompher des difficultés. Nous ne pensons pas être le seul à remarquer que la partition de Jenny Bell est la plus travaillée et la plus riche en combinaisons des opéras-comiques du maître. Nous signalerons encore un air de baryton fort singulier, dont le sujet est une sentence empruntée à la comédie la Coquette corrigée :
Le bruit est pour le fat, la plainte est pour le sot, L'honnête homme trompé s'éloigne et ne dit mot.
Les variations chantées sur îe Rule Britannia terminent avec éclat cet ouvrage, qui ne peut manquer d'être repris et mieux compris. Les rôles ont été créés par Faure , Couderc , Delaunay-Ricquier , Sainte-Foy, M'ies Caroline Duprez et Boulart.
JENNY LA BOUQUETIÈRE, opéra-comique en deux actes, paroles de Bouilly et Pain, musique de Pradher et Kreubé, représenté à l'Opéra-Comique le 10 mars 1823.
JEPHTÉ, tragédie lyrique en cinq actes avec prologue, paroles de l'abbé Pellegrin, musique de Montéclair, représentée à l'Académie royale de musique le 28 février 1732. Cet opéra, le premier joué en France dont le sujet fût tiré de l'Ecriture sainte, obtenait du succès, lorsque le cardinal de Noailles en fit interrompre les représentations. On pensait alors que l'histoire sainte ne devait pas être assimilée à la mythologie, et fournir des sujets à des divertissements profanes. Il n'en fut pas toujours ainsi. L'art dramatique a eu ■chez tous les peuples une origine sacrée. Le lecteur qui voudrait approfondir cette question la trouvera traitée in extenso dans notre Histoire générale de la musique religieuse, au chapitre qui a pour titre . Les drames liturgiques dans les églises. On peut citer dans l'opéra de Jephté un beau chœur longtemps •célèbre : Tout tremble devant le Seigneur.
JEPHTÉ, tragédie biblique en quatre actes ; la musique des chœurs est due à don Luis Cepeda, sous-chef d'orchestre au théâtre du Cirque ; cette tragédie fut jouée au théâtre del Principe, à Madrid, en 1845.
JEPHTÉ, mélodrame, musique de Pausch, représenté au séminaire d'Amberg en 1775.
JERMAK, opéra russe en quatre actes, musique de M. de Santis , représenté au théâtre Marie de Saint-Pétersbourg en janvier 1874.
JÉRÔME ET SUZETTE, opéra-comique en deux actes, musique de Mansuy, représenté au théâtre d'Amsterdam en 17S5.
Jérôme pointu, opérette en un acte, musique de M. Georges Douay, représentée aux Bouffes-Parisiens en 1864.
JERUSALEM, opéra allemand, musique de Conradi (Jean-Georges), représenté à Hambourg en 1692.
JÉRUSALEM, opéra en quatre actes, paroles de MM. Alphonse Royer et Waëz , musique de Verdi, représenté à l'Académie royale de musique le 26 novembre 1847. L'action se passe un peu partout; à Toulouse, en Palestine, au camp des chrétiens, chez l'émir de Ramla, dans la vallée de Josaphat, enfin à Jérusalem. Le comte de Toulouse a donné sa fille en mariage à Gaston de Béarn; mais Roger , frère du comte , qui aime aussi Hélène , aposte un assassin et lui ordonne de le débarrasser d'un rival. Par l'effet d'une méprise, cet homme frappe le comte lui-même. Il est arrêté et interrogé, et il accuse Gaston de l'avoir poussé au meurtre de son beaupère. Gaston est exilé ; il part pour la Terre sainte, où il est fait prisonnier par l'émir de Ramla. Hélène l'apprend et n'hésite pas à l'aller rejoindre sous le déguisement d'une femme arabe. Le comte , guéri de sa blessure, conduit les croisés à la délivrance de Jérusalem. Il s'empare, avec eux, du harem de l'émir et y retrouve, avec celui qu'il croit son meurtrier, sa fille Hélène. Gaston est condamné à la dégradation, qui a lieu sur la place publique ; mais Roger, le vrai coupable, en proie à ses remords, s'est fait ermite. On va l'inviter à assister Gaston dans sa détresse. Roger, que les voyages et les chagrins ont vieilli, n'en est pas reconnu. Espérant sauver sa victime, il le bénit et lui remet à la main l'épée qu'on lui a ravie , afin qu'il s'en serve avec éclat contre les infidèles. En effet, Jérusalem est délivrée; Gaston, qui a fait des prodiges de valeur , revient sur la scène et reçoit le dernier soupir de Roger avec l'aveu de son crime. La musique de l'opéra / Lombardi alla prima crociata a passé tout entière dans la partition française de Jérusalem. Verdi a ajouté toutefois plusieurs morceaux, notamment la grande scène pour ténor, jouée et chantée admirablement par Duprez ; le cnœur : Enfin, voici le jour, est
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intéressant et l'orchestration en est très soignée. Le sextuor du premier acte offre ces effets puissants de rythme et de sonorité que le compositeur affectionne et que le public ne dédaigne point ; l'air de basse, chanté par Alizard, est expressif ; la polonaise, chantée par Hélène, a de l'éclat. Mme Van Gelder l'a dite avec succès ; la romance pour ténor, chantée par Duprez, semble écrite dans le style de Bellini; le cantabile suave de l'auteur de Casta diva se reflète dans cette romance délicieuse, que les orgues ont popularisée ; mais le morceau capital de la partition est le trio final, composition dramatique d'un ordre supérieur. Mme Julian van Gelder , Duprez et Alizard l'ont interprété avec un grand succès.
JÉRUSALEM DÉLIVRÉE, tragédie lyrique en cinq actes, paroles de Longepierre , musique de Philippe , duc d'Orléans , représentée au palais de Fontainebleau le 17 octobre
Jérusalem Délivrée (la.), opéra en cinq actes, paroles de Baour-Lormian, musique de Persuis, représenté à l'Académie impériale de musique le 15 septembre 1812. Persuis était chef d'orchestre de l'Opéra. Malgré l'influence dont il jouissait, il ne put maintenir longtemps au répertoire une œuvre aussi médiocre.
Jérusalem délivrée (la), opéra sacré, musique de l'abbé Stadler , exécuté à l'Académie royale de musique .le 20 mars 1818. Cette œuvre admirable du compositeur allemand avait été entendue d'abord à Vienne en 1808, et, depuis cette époque, cet oratorio, qui offre les plus belles pensées musicales soutenues par une harmonie puissante, a été choisi pour faire partie du programme des grandes fêtes publiques en Allemagne. Le titre gravé est celui-ci : les Croisés ou la délivrance de Jérusalem.
JÉRUSALEM délivrée, opéra allemand, musique de Eberwein (Traugott-Maximilien), représenté à Rudolstadt en 1819.
JERY ET bately , intermède de Gœthe , musique de Winter, représenté au .théâtre particulier du comte de Seefeld en 1790.
JERY et bately, pièce de Gœthe en un acte, musique de Schaum, représenté au théâtre ducal d'Oels en 1795.
JERY ET bately, opéra-comique allemand, paroles de Gœthe, musique de Reiehardt, représenté à Berlin en 1801.
JERY ET BATELY, opéra- comique allemand en un acte, paroles de Gœthe, musique de Conradin Kreutzer, représenté à Vienne
JERY ET BATELY, opéra-comique allemand, paroles de Gœthe, musique de Bierey, représenté à Dresde vers 1803.
JERY ET BATELY, opéra- comique allemand, livret de Gœthe, musique de Frey (M.), représenté à Manheim vers 1810.
JERY ET bately, opéra-comique allemand en un acte, livret de Gœthe, musique de Rietz, représenté en Allemagne vers 1825.
JERY UND BŒTELY, opéra allemand, livret tiré de l'œuvre de Gœthe , musique de Mme Ingeburge de Bronsart, représenté sur le théâtre de la cour grand'ducale, à Weimar, le 26 avril 1873.
JESSONDA , grand opéra allemand , musique de Spohr, représenté avec un grand succès à Vienne en 1825, et à Londres en 1840, avec un succès non moins grand. Les Allemands s'accordent à préférer Jessonda à Faust, du même compositeur. Le sujet du poème est le sacrifice d'une veuve indienne qui va être immolée sur le tombeau de son mari , et que l'arrivée des soldats portugais fait descendre du bûcher fatal. Les chœurs de prêtres et de soldats sont très beaux. Le duo: Schœnes madehen. au deuxième acte, passe pour le chef-d'œuvre de composition dramatique de . Spohr. La troupe allemande donna une représentation de Jessonda , dans la salle de Ventadour, le 28 avril 1842.
JESSY LEA , opéra de salon, paroles de Oxenford, musique de Macfarren, représenté sur la scène de Gallery of illustration, à Londres, en novembre 1863.
* JETS vergeten, opéra flamand, musique de M. Jan Blockx, exécuté à Anvers dans un concert, le 19 février 1877.
JEU DE CACHE-CACHE (le) OU LA FIAN- CÉE, vaudeville en deux actes, musique de Blangini , représenté au théâtre des Nouveautés le 25 mai 1827.
* jeu de dominos (lb), opérette en un acte, musique de M. Willent-Bordogni, représentée aux Folies-Marigny le 13 juillet 1879.
* JEU DE L AMOUR ET DU HASARD (lK),
opéra-comique en trois actes, livret tiré de la comédie de Marivaux, musique de M"* Le Chevabier de Boisval, représenté en province au mois de septembre 1895.
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* JEU DE ROBIN ET DE MARION (le), pastorale musicale, poésie et musique d'Adam de la Halle, représentée à Naples, à la cour de Robert, comte d'Artois, régent du royaume, ■vers 1285. Ceei est comme une sorte de premier essai d'opéra-comique français dû à l'un de nos trouvères le plus justement célèbres. Si cet essai est resté isolé pendant près de cinq siècles, il n'en reste pas moins vrai qu'Adam de la Halle a eu le premier, on peut l'affirmer, la conception de la comédie musicale telle que nous l'avons comprise en France, et qu'il l'a eue au double point de vue littéraire et musical. C'est une gloire qui lui appartient en propre et qu'on ne saurait lui contester.
Adam, que ses contemporains ont surnommé, on ne sait pourquoi, le bossu d'Arras, car il n'était point bossu, et il le déclare luimême dans une de ses chansons :
On m'appelle bochu, mais je ne le suis mie,
Adam avait acquis une grande célébrité en Artois et en Flandre par ses chansons, ses jeux-partis, ses rondeaux et ses motets, que nous pouvons juger aujourd'hui, grâce à l'excellente édition de ses oeuvres, poésie et musique, qu'un érudit infatigable, Ed. de Coussemaker, a publiée en 1872. Né à Arras en 1240, il était donc âgé de quarante-deux ans lorsqu'en 1282 il suivit en Italie Robert d'Artois, qui allait être régent du royaume de Naples en 1284. C'est pour les plaisirs de la cour élégante de ce prince, cour toute française, qu'il écrivit sa jolie pastorale. Il mourut peu de temps après, vers 1286, croit-on, et, lorsque le comte d'Artois revint en France, il n'était plus accompagné de son trouvère favori ; mais du moins il en rapportait le Jeu de Robin et de Marion, qui avait obtenu à Naples un très vif succès, et qui n'en trouva pas moins dans sa patrie. Non seulement ce gentil petit ouvrage fut joué chaque année, dans nos villes de Flandre et d'Artois, à toutes les fêtes publiques, pendant deux ou trois siècles, mais les chansons en sont restées populaires jusqu'à nos jours dans la contrée, où elles sont encore chantées par les citadins et les paysans. Arthur Dinaux constatait, dans ses Trouvères cambrésiens (1834), que celle de ces chansons qui ouvre la pièce : Robin m'aime, Robin m'a, était encore fréquemment dans la bouche des jeunes paysannes du Hainaut, surtout aux environs de Bavai, et Théodore Nisard, en citant dans la Revue de musique ancienne et moderne (1856) le texte musical de ce petit bijou, l'accompagnait de ces réflexions : « Il y a plus de quarante ans que j'ai entendu cette mélodie, avec ses paroles, dans les villages
du nord de la France, et jamais elle n'a pu s'effacer de ma mémoire : il me semble qu'elle retentit encore à mes oreilles avec ces petits tremblements de voix, ces petites fioritures antiques et ce laisser- aller naturel dans la mesure musicale, dont les bonnes femmes de nos campagnes ont conservé l'inimitable tradition. » Et Nisard dit encore : « Je viens de parler de l'originalité mélodique du trouvère artésien et de sa supériorité sur ses devanciers et même ses contemporains, mais c'est surtout dans son Jeu de Robin qu'il est admirable et vraiment supérieur. On peut fouiller le moyen âge musical dans tous ses replis, on n'y trouvera pas une mélodie aussi gracieuse, aussi tendre, aussi franchement populaire que celle que chante Marion au début même de la .pièce. »
Le Jeu de Robin et de Marion, qui met en action douze personnages, est divisé par scènes où les changements de décors sont fréquents, comme dans Shakspeare, sans que cela interrompe la pièce. Je n'en saurais faire ici l'analyse, assez simple d'ailleurs; je dirai seulement qu'il s'y trouve des passages et des vers d'une grâce et d'une naïveté adorables, et que si l'on y rencontre, de-ci, de-là, certaines crudités (il faut d'ailleurs tenir compte du temps), il s'en faut que cela approche de certaines libertés de style familières à nos auteurs du moyen âge. En ce qui touche la musique, de Coussemaker en a bien fait ressortir le caractère et la valeur. « Quand ou examine, dit-il, les diverses mélodies d'Adam, qu'on les analyse, et les compare entre elles, on remarque une différence sensible entre celles des chansons et des jeux-partis et celles du Jeu de Robin et de Marion. Celles-ci sont naturelles, faciles, chantantes ; les autres, au contraire, sont souvent maniérées, d'une forme difficile à retenir. Cette différence provient de ce que les mélodies du Jeu de Robin et de Marion sont le résultat de l'inspiration spontanée, ce qui leur donne un caractère tout à fait populaire, tandis que les autres sont des compositions artistiques, c'est-à-dire soumises à des règles de convention. Dans les premières, le musicien pouvait donner libre carrière à son imagination ; l'inflexion tonale et le rythme étaient abandonnés à sa spontanéité. Nulle contrainte, nulle obligation de se renfermer dans un cadre convenu; liberté pleine et entière dans le mouvement, dans les allures; de là le naturel, la facilité qu'on remarque dans la tournure mélodique de ces airs; de là aussi la popularité dont ils ont joui immédiatement et longtemps après. » Toutes
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ces observations sont très justes en ce qui concerne la partie musicale du Jeu de Robin et de Marion. Mais, ceci dit, ce qu'il faut remarquer surtout, ce qu'il faut faire ressortir, c'est le caractère général de l'ouvrage, si neuf à l'époque où il a été conçu, c'est la nouveauté du spectacle qu'il offrait, en même temps que le charme qui s'en dégageait. Adam de la Halle, on ne saurait trop le répéter, a trouvé presque d'un seul coup et a su réunir dans un ensemble harmonique les éléments qui devaient, cinq cents ans plus tard, constituer l'opéra-comique français, c'est-à-dire l'action scénique, le mélange de chant et de dialogue parlé, avecdes chansons, des airs et même des morceaux à deux voix simultanées. Si l'on ajoute à cela que dans la musique de cette petite pièce il a su donner le sentiment de la tonalité moderne, jusqu'alors inconnue et qui tranchait tant avec celle du plain-chant, on ne peut nier qu'Adam de la Halle peut être classé au nombre des grands précurseurs et que son œuvre est celle d'un homme de génie.
Le 21 juin 1896, on célébrait à Arras, ville natale d'Adam de la Halle, de grandes fêtes en l'honneur du trouvère fameux, et à cette occasion on avait organisé une représentation du Jeu de Robin et de Marion, représentation pour laquelle un arrangement avait été indispensable. Cet arrangement avait été fait avec tact et avec goût par M. Emile Blémontpourles paroles, par M. Julien Tiersot pour la musique. Ainsi mise au point pour la scène à l'aide d'une modernisation nécessaire, mais aussi discrète que possible, l'œuvre était jouée par Mmes Molé-Truffier et Vilma, MM. Ducis, Vialas et Bernaert, et fut accueillie par les compatriotes d'Adam de la Halle avec une joie que l'on peut comprendre.
JEUNE BELLE-MÈRE (la), opéra-comique en trois actes, paroles de Dumersan et Sewrin, musique de Kreubé, représenté à Feydeau le 4 décembre 1816.
•jeune candidat (un), opérette, musique de C.-F. Conradin, représentée le 20 octobre 1866, à Vienne, sur le théâtre de l'Harmonie.
JEUNE COMTESSE (la) , opéra-comique, musique de Schmidt (Louis), représenté à Prague en 1782.
JEUNE ET VIEILLE, opéra-comique en un acte, paroles de Chazet et Dubois, musique de Pradher et de Berton, représenté au théâtre Fcydeau le 12 janvier I8ii.
JEUNE FEMME COLÈRE (la), comédie en
un acte d'Etienne, mise en opéra à Saint- Pétersbourg par Claparède, musique de Boieldieu, représentée à Saint-Pétersbourg au théâtre de l'Ermitage le 18 avril 1805, et le 24 du même mois au Grand-Théâtre de la ville. Cet ouvrage a été donné ensuite à Paris, à l'Opéra-Comique, le 12 octobre 1812. On s'étonne du parti que Boieldieu a su tirer de cette pièce plate et bourgeoise. Il a su y faire vibrer la note du cœur ; il a rendu gracieuses les situations les plus banales, et spirituelles les plus lourdes idées de l'auteur des paroles. Emile de Valrive, colonel de dragons, vient d'épouser Rose de Volmar, jeune personne d'un caractère irascible à l'excès, mais douée d'un excellent cœur. Elle a un frère qui est aussi militaire et l'ami intime de son mari. Emile ne tarde pas à s'apercevoir du défaut de sa femme, qui congédie chaque semaine un domestique, quitte à être obligée de se servir elle-même, qui déchire ses robes et ses chapeaux, brise sa guitare, et se livre enfin à tous les emportements d'une enfant gâtée. De concert avec Volmar, il imagine de renchérir sur les dispositions de sa femme ; à, son tour il casse verres et porcelaines, bat son domestique, provoque en duel son beau-frère, et fait un sabbat de tous les diables. La jeune femme est atterrée. Elle fait un retour sur ellemême et se corrige aussi promptement que dans un conte de Mm° de Genlis ou de M. de Bouilly.
L'ouverture rappelle un peu celle du Calife de Bagdad. Le duo entre Germain et sa femme exprime avec bonhomie et rondeur la situation de M. et de M "ne Denis, écrit en ut avec une simple modulation à la dominante, il puise son intérêt dans le rythme seul. Le rondeau de Rose : Pourquoi négliger l'art déplaire, est charmant et accompagné avec un goût exquis. Le duo de Rose et d'Emile : Aht c'est un défaut bien terrible, est écrit bien haut pour soprano. Ces notes élevées s'accommodent mal avec une scène de sensibilité conjugale. Le quatuor de la clef : Thérèse, Thérèse, il faut qu'elle sommeille, est excellent-, mais la romance qui suit : Ah! que deux époux sont heureux, est bien faible. Le meilleur morceau de l'ouvrage est, à notre avis, le trio andantino : Je vait partir, ne vous déplaise, où se trouve enfin la note émue, assez rare dans la musique du maître, où le cœur de ces braves gens parle un langage sympathique. Le travail de l'instrumentation est la perfection même. Les rôles ont été créés par Andrieux, Claparède, Uées, M"" Philis et Mées.
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JEUNE FILLE D'ELISONDO (la), opérette, •musique de M. Offenbach , représentée au Karl-Theater, à Vienne, en décembre 1859, et à Brunswick en août 186 1.
JEUNE FILLE DU VILLAGE (la), opéracomique en trois actes, musique de Suppé, représenté au théâtre de An-der-Wien, à Vienne, au mois d'octobre 1847.
JEUNE HENRI (le), opéra-comique en deux actes, paroles de Bouilly, musique de Méhul, représenté à Favart le l" mai 1797. Cet opéra a survécu dans son ouverture, belle symphonie de chasse universellement connue et toujours admirée.
Cette ouverture excita un enthousiasme extraordinaire ; aussi, à la première représentation , fut-on obligé de l'exécuter deux fois de suite. Le public , ne goûtant pas la pièce, fit baisser le rideau avant qu'elle fût terminée ; mais, d'autre part, on voulut donner au compositeur un témoignage d'admiration :
on demanda que la magnifique ouverture fût jouée une troisième fois, ce qui eut lieu. L'ouverture du Jeune Henri est restée comme un modèle du genre, et lorsqu'un bon orchestre l'exécute, elle ne manque pas de produire un très grand effet. Dans le grand festival qui eut lieu au Palais de l'industrie pendant l'Exposition universelle de 1867, trois mille musiciens environ exécutèrent, sous la direction de M. Georges Hainl, l'ouverture du Jeune Henri. Elle partagea les honneurs de la séance avec un fragment d'un oratorio de Haendel.
jeune ONCLE (le), opéra en un acte, paroles de Fontenille, musique de Blangini, représenté au théâtre Feydeau le 10 avril 1821.
JEUNE ONCLE (le), opéra allemand , musique de Schoberlechner, rep.à Vienne en 1820.
JEUNE PRUDE (la) OU LES FEMMES EN- TRE ELLES, opéra-comique en un acte, paroles de Dupaty, musique de Dalayrac, représenté à l'Opéra-Comique le 14 janvier 1804. Il n'y a dans cette pièce que des rôles de femmes.
JEUNE SAGE ET LE VIEUX FOU (le), comédie en un acte et en prose , mêlée d'ariettes, paroles de Hoffman , musique de Méhul, représ, à l'Opéra-Comique le 28 mars 1793.
* JEUNE SAUVAGE (le), opéra-comique en trois actes, paroles de Blanchard et ***, musique d'Alexandre Piccinni, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes le 6 sept. 1803.
JEUNE TANTE (la), opéra-comique en un acte, paroles de Mélesville, musique de Kreubé , repr. à Feydeau le 18 octobre 1820.
* jeune téLÉMAque (le), opéra-bouffe en trois actes, paroles de MM. Derriac et Serrez, musique de M. Cunuis, rep. à Lyon, sur le théâtre des Célestins, le 3 avril 1880-
* JEUNE VEUVE (la), opéra-comique en un acte, musique de Désaugiers, représenté au théâtre des Beaujolais en 1788.
* JEUNESSE D'HAYDN (la), opéra-comique en un acte, musique d'Hetzel, représenté au théâtre de Montmartre (Paris) en janvier 1846.
* JEUNESSE D'HAYDN (la), opéra-comique en deux actes, musique de M"e Célanie Carissan, représenté à la salle Duprez le 27 mars 1889.
* JEUNESSE DE BÉRANGER (la), Opérette en un acte, musique de Firmin Bernicat, représentée à l'Eldorado en 1877.
JEUNESSE DE CHARLES XII (la), Opéracomique, musique de Rozet, représenté sur le théâtre de Lyon au mois de sepembre 1845. Interprété par les chanteurs Boulo et Barrielle.
JEUNESSE DE CHARLES-QUINT (la),
opéra-comique en deux actes, paroles de Mélesville et Duveyrier , musique de Montfort , représenté à l'Opéra-Comique le 1" décembre 1841. Le monarque joue un rôle ignoble dans cette pièce. Il cherche à séduire la femme du docteur Magnus. Il a pour rival un soldat nommé Ulrich , qui le blesse d'un coup d'épée à travers un rideau. Le docteur se trouve là tout exprès, au sortir de la maison, pour panser la blessure de celui qui le déshonore et qui a la lâcheté d'en accuser un autre. Après avoir échoué dans son expédition amoureuse, le jeune roi quitte la partie, escorté des regrets et des bénédictions de tous. Un livret d'opéra-comique si mal conçu sous le rapport du caractère historique du principal personnage ne pouvait avoir de succès. La musique de cet ouvrage a paru estimable. On a remarqué l'air d'Ulrich : Je suis archer du roi, dont le rythme est franc et la mélodie bien accusée , Je morceau exécuté pendant l'entr'acte, qui est d'une harmonie élégante et d'un gracieux effet, et la scène dans laquelle le docteur joue le rôle de Georges Dandin , et où le compositeur a fait preuve de verve et d'un bon esprit scénique. Henri, Mocker et Couderc ont joué les rôles