MARS
adopté une jeune orpheline, Hortense. La voyant devenir l'objet des assiduités de son amant , elle obtient un régiment pour le comte, l'éloigné, et pendant son absence fait épouser à Hortense un fermier général. Saint- Bris écrit à sa maîtresse qu'il l'aimera tant qu'elle vivra, et lui fait parvenir cette déclaration dans un bouquet. Il tombe entre les mains de la marquise. Qu'elle meure donc, dit-elle, et elle verse un poison violent sur les fleurs. C'est le fermier général qui, cédant à un sentiment de méfiance, saisit le premier le fatal bouquet; il tombe foudroyé. Un certain Galifar, complice de la marquise , veut échanger sa charge d'intendant contre le titre d'époux ; la Brinvilliers le lui promet et l'empoisonne. Avant de rendre le dernier soupir, cet homme dénonce sa maîtresse, qui est arrêtée au nom du roi. Tel est le drame imaginé par Scribe et Castil-Blaze. La partition est un pot-pourri de toutes les manières et de tous les styles, ainsi que l'annonce le nom des auteurs. Carafa a fourni l'ouverture et le finale du deuxième acte, Cherubini l'introduction, Boieldieu et Berton des couplets, Paër l'air du premier acte , chai»té par Mlle Prévost, Blangini a écrit un air accompagné de danses et un joli duo, Batton un duo également et le finale du premier acte, Herold le finale du troisième. L'honneur du succès, dans ce tournoi musical, a été pour M. Auber, qui a doté cet ouvrage d'un de ses meilleurs duos scéniques. La troupe de l'Opéra-Comique était à cette époque des plus médiocres; l'exécution de cet ouvrage fut trouvée très faible. Féréol et Mlle Prévost chantèrent les principaux rôles.
MARQUISE DES RUES (la), opéra-comique en trois actes, livret de MM. Siraudin et Gas ton Hirsch, musique de M. Hervé, représenté aux Bouffes-Parisiens le 22 février 1879. Cetto pièce est une opérette, s'il en fut. Le style des paroles et celui de la partition ne s'élèvent pas au-dessus de ce mauvais genre. On pouvait cependant traiter ce canevas autrement et le broder avec goût et même avec sentiment, au lieu de le couvrir de paillons.
Le marquis des rues, chansonnier ambulant, a associé à sa vie errante une jeune fille, nommée Mirette, qu'il fait passer pour sa femme, mais dont il se propose de retrouver les parents. C'est donc la marquise des rues. Elle est, en réalité, la nièce du comte de La Palud, qui la reconnaît et veut lui faire épouser Hercule, son fils. La jeune Mirette a promis son cœur à Patrice, fifre dans un régiment
suisse, et de son côté le vicomte aime i Anglaise Albina. La marquise des rues, qui a appris plus d'un tour dans ses pérégrinations de bohémienne, pratique la chiromancie, devient la protectrice des jeunes amoureux et favorise l'enlèvement de l'Anglaise par le vicomte, tandis qu'elle se prétend mariée ellemême au marquis des rues. Margotte, la vraie femme de celui-ci, revendique son titre, et il y a là une scène de gifles tout au plus digne de la foire. Mirette finit par épouser Patrice, le gentil fifre suisse. Pour plaire au goût régnant, les auteurs ont accumulé les scènes grotesques et adopté la langue des opérettes de M. Offenbach, à laquelle il serait temps de renoncer enfin. Comment peut-on donner le titre d'opéra-comique à un ouvrage où l'on chante ceci :
J'ai du bon tabac Dans ce petit sac, De peur de micmac, Je 1' porte sur mon frac; D' t'en offrir un' prisa Mon coeur fait tic tac.
C'est du maroumac, Bon pour le nez et l'estomac.
Cela passe toute permission, et messieurs les paroliers ne devraient pas trouver de compositeur pour mettre en musique de pareilles fadaises. Au reste, la partition de la Marquise des rues est des plus médiocres. On a applaudi, toutefois, les couplets des Maris de Paulin, la chanson de la chambrée, Quand je quittai mon village , et un chœur comique de conspirateurs; une assez jolie valse sert d'entr'acte. Distribution : Mirette, Patrice, Albina, Margotte, Mmcs Bennati, Marie Albert, Kate Munroë, Claudia; le marquis des rues, Hercule, le comte de La Palud, Champagnac, MM. A. Jolly, Jannin, Bonnet, Desmonts.
* marrazevi, opérette, paroles etmusique de M. Adolphe Wilt, représentée au théâtre Cari Schultze de Hambourg en mai 1888.
MARRIED BEAUTIFULL (the) [le Beau marié], opéra anglais, musique de Purcell, représenté en Angleterre en 1694.
MARS JALOUX, opéra-ballet , musique de Batistin (Struck), repr. à Versailles vers 1720.
* MARSA, drame lyrique, paroles d'Emanuele Bidera, musique de Carlo Coccia, représenté à Naples, sur le théâtre San Carlo, en 1835. Le rôle de ténor dans cet opéra fut créé" par notre grand chanteur Duprez.
* MARSELLESA [la), zarzuela, musique de M. Fernande! Caballero, représentée à Madrid en juin 1876.
MART
MART
MARTE DELUSO , opéra italien, livret de Rinaldo Ciallis, musique de Ziani, représenté à Venise en 1691.
* martes TRECE, zarzuela en deux actes, musique de MM. Espino et Angel Rubio, représentée au théâtre de la Zarzuela, à Madrid, en février 1880.
MARTHA OU LE MARCHÉ DE RIGHMOND, opéra semi-seria en trois actes, paroles de Friederick, musique de M. de Flottow, représenté pour la première fois à Vienne le 25 novembre 1847. Une grande dame, qui par désœuvrement et par l'attrait piquant de la curiosité, se lance étourdiment dans quelque aventure dont elle a toutes les peines du monde à se retirer saine et sauve ; c'est un sujet qu'on a souvent traité. MM. de Flottow, Burgmûller et Deldevez avaient déjà, le le 21 février 1844 , donné la musique d'un ■ballet intitulé : Lady Henriette, qui avait été conçu d'après cette donnée. M. de Flottow en a fait un opéra dont le livret, allemand à l'origine, a été traduit en italien et représenté salle Ventadour, le il février 1858, puis récemment en français pour le Théâtre-Lyrique et représenté le 18 décembre 1865. Dans chaque traduction, l'époque de l'action a été changée. Dans la pièce allemande , elle se passe au temps de la reine Anne, c'est-à-dire au commencement du xvme siècle ; dans le livret italien , c'est au xve ; dans la pièce française, elle semble avoir été de beaucoup rapprochée de nous. Lady Enrichetta et son amie , accompagnées de lord Tristano di Mickleford, déguisés tous trois, se rendent au marché de Richmond , où les servantes arrivent en foule pour chercher des maîtres. Deux jeunes gens, nommés Lionello et Plumkett, remarquent les jeunes filles et les choisissent pour servantes. Le marché est conclu devant le shérif. Les jeunes ladies ont trouvé la chose plaisante ; mais, malgré les protestations de lord Tristano, il n'y a plus à se dédire. Elles partent pour la ferme de leurs maîtres et prennent les noms de Marta et de Betty. En présence d'un rouet, elles se montrent aussi inhabiles que possible à soutenir leurs rôles , ce qui a fourni au compositeur l'occasion d'écrire un des plus jolis quatuors qui soient au théâtre. Lionello et Plumkett sont devenus sérieusement amoureux. Marta se laisse un moment attendrir par la déclaration d'amour de Lionello ; elle consent à lui donner une rose qu'elle porte et qu'il lui demande avec instance, et, dans cette scène charmante, le compositeur a introduit une
mélodie irlandaise empreinte delà plus suave rêverie. La poésie, due à Thomas Moore : The last rose ot svmmer (La dernière rose d'été), est d'une simplicité charmante ;
Qui sol?., ver gin rosa, Co^ne puoi tu fioiir?
Ancora mezzo ascosa E presso gid à morir.
Lady Enrichetta et sa compagne parviennent à s'esquiver de cette maison , grâce à Tristano, qui arrive avec une voiture. Lionello et Plumkett se mettent à la recherche des deux fugitives. Ils les retrouvent dans une partie de chasse princière et sous les habits de grandes dames. La situation est embarrassante pour la prétendue Marta. A la suite d'une si grande surprise et d'une telle déception, le pauvre Lionello perd momentanément la raison. Marta, en bonne princesse, ne songe plus qu'à réparer le mal qu'elle a causé. Elle recule encore devant une mésalliance. Heureusement que Lionello est aussi d'une grande naissance et que la reine consent à lui restituer, en même temps que ses biens, ses titres et sa faveur. Lionello ne peut croire à son bonheur qu'en revoyant lady Enrichetta habillée en servante et dans la même situation qu'au premier acte , c'està-dire au marché de Richmond , et lorsqu'il l'entend repéter cette romance de la Rose , dont la mélodie n'a cessé de vibrer dans son cœur.
Marta est, sinon par sa facture , du moins par son caractère, un ouvrage à la fois poétique et doux, mélancolique et rêveur, bien digne d'être l'opéra favori des Allemands. Son succès a été immense et peut offrir quelque analogie avec celui de la Dame blanche chez nous. Remarquons que c'est encore un sujet de provenance anglaise, aidé d'une mélodie irlandaise, qui a contribué à cette heureuse fortune. On ne peut cependant pas mettre cet ouvrage au rang des chefs-d'œuvre. Le travail harmonique est loin d'être irréprochable. Les intonations ne sont pas partout naturelles pour les voix; l'instrumentation n'offre guère de remarquable que l'accompagnement du quatuor du Rouet. Mais c'est un opéra gracieux, très bien conduit , et dans lequel l'intérêt ne languit jamais. Nous signalerons d'abord l'ouverture; dans le premier acte, le chant des servantes et le chœur :
Ecco suono mezzodi; 11 mcrcato s'apre gia.
Dans le second acte', le quatuor du Rouet, le duo de Lionello et de Marta , dans lequel se
MART
MART
trouve la célèbre mélodie irlandaise et le finale du bonsoir. La chanson du Porter, chantée par Plumkett, le chœur des chasseresses, le morceau d'ensemble sont les morceaux saillants du troisième acte. Les deux duos du dernier acte sont peu remarquables. On a introduit dans la représentation au Théâtre-Lyrique la jolie romance : Depuis le jour j'ai paré ma chaumière, de Y Ame en peine, du même auteur, dont on a changé les paroles. Les rôles furent créés en Allemagne par le ténor Ander, la basse Formés et M'le Zerr; au Théâtre-Italien, par Mario, Graziani, Zucchini , Mn>es Saint-Urbain et Nantier- Didiée ; au Théâtre-Lyrique par Montjauze, Barré et MUe Nilsson.