MÉDÉB OU L'ORACLE DE DELPHES
drame lyrique, musique de Georges Krempelsetzer, exécuté à Munich, en 1866, dans une séance de la Société de chant académique.
MÉDÉE ET JASON, tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de l'abbé Pellegrin , sous le nom de La Roque , musique de Salomon , représentée par l'Académie royale de musique le 24 avril 1713. La victoire de Denain venait de jeter un rayon d'espérance au milieu des revers qui attristèrent la vieillesse de Louis XIV. Dans le prologue de l'opéra de Médée et Jason, l'Europe, sous les traits de M'ie Poussin, est rassurée par Apollon (M. Hardouin) et Melpomène (MUo Antier), qui lui annoncent la fin de ses malheurs et le retour de la victoire qui vient de se déclarer pour les drapeaux de la France. Cette scène allégorique, plus que l'opéra proprement dit , assura son succès pendant trente-six ans, quoique les événements lui aient souvent donné des démentis. Salomon avait cinquante-deux ans lorsqu'il aborda la scène lyrique. Il jouait de la basse de viole dans la musique du roi. Les rôles de Médée , Creuse , Nérine et Cléone furent chantés par Miles Journet, Pestel, Dun, Antier, Poussin, Pélissier, Souris, Fel, Chevalier; ceux de Jason, de Créon et d'Arcas, par Cochereau, Thévenard, Dun, Tribou, Chassé, Jélyotte. On cite, au nombre des parodies faites de cet opéra, celle de Dominique Riecoboni fils et Romagnési , jouée au Théâtre-Italien le 28 mai 1727. On en joua encore une autre au même théâtre lo 13 décembre 1736; ce qui prouve le succès durable de Médée et Jason.
MÉDÉE ET JASON, opéra en trois actes, paroles de Milcent , musique de Granges de Fontenelle, représenté à l'Académie royale de musique le 10 août 1813. Ce compositeur était l'élève de Rey et de Sacchini. On remarque dans ses ouvrages, et particulièrement dans Hécube, des tendances élevées; son style était un écho bien affaibli de celui de Gluck et de l'auteur d'Œdipe à Colone.
* medgé , opéra en quatre actes et cinq tableaux, musique de M. Spiro Samara, écrite sur un poème français de M. Pierre Elzéar traduit en italien par M. Ferdinando Fontana, représenté à Rome, sur le théâtre Costanzi, le n décembre 1888.
* medi ci (i), » action historique » en quatre actes, paroles et musique de M. Ruggero Leoncavallo , représentée au théâtre
Dal Verme de Milan le 9 novembre 1893. Interprètes : M<nes Anna Stehle. Gini-Pizzorni et Rossi, MM. Tamagno, Beltrami, Scarneo, Biancardi, Contini, Barbieri et Bellatti. Cet ouvrage n'est que la première partie d'un. « poème épique en forme de trilogie historique » auquel l'auteur donne le titre général de Crepusculum, et dont les deux autres parties porteront pour titres, l'une Jérôme Savonarole, et l'autre César Borgia. On voit d'ici le sujet d'ensemble. M. Leoncavallo, qui est un jeune et presque encore un débutant, a-t-il montré trop d'ambition, a-t-il trop présumé de ses forces en assumant une telle tâche et en se faisant l'imitateur si étroit de "Wagner, jusqu'en voulant être à la fois son poète et son musicien? Toujours est-il que ce nouvel ouvrage est loin d'avoir rencontré la fortune de son premier opéra, i Pagliacci, et que cette première partie de sa grande trilogie, annoncée un peu pompeusement, n'a obtenu qu'un médiocre succès. En ce qui concerne le poème , on lui a reproché la forme trop volontairement archaïque de ses vers; on lui a reproché les notes surabondantes dont il a cru devoir l'accompagner pour indiquer les sources où il avait puisé dans l'histoire et dans la chronique ; on lui a reproché de reproduire textuellement des strophes entières d'Ange Politien et de Laurent de Médicis; on lui a reproché enfin, adoptant un tel sujet et Tétayant d'une érudition au moins inutile, de ne l'avoir pris que par ses petits côtés et de ne lui donner qu'un caractère en quelque sorte anecdo tique. La musique n'a pas beaucoup plus trouvé grâce devant les auditeurs. Elle n'est point, dit-on, sans quelque banalité, outre que, d'une forme un peu trop composite, on y rencontre à chaque pas des réminiscences de tous les auteurs et de toutes les écoles. Il est à croire que M. Leoncavallo, qui, en somme, est un artiste, fera son profit des critiques un peu sévères qui lui ont été adressées à propos de ses Medici.
MEDICINISGHE CONCILIUM (das) [la Consultation médicale], opéra allemand, musique de Haibel, représenté à Vienne vers 1793.
* MEDICO DE' BAONI (il), opéra, musique de Nasolini, représenté à Livourne en 1800.
* MEDICO E LA MORTE (il), opéra-bouffe, musique de Giuseppe Curci, représenté sur le théâtre Nuovo de Naples en septembre 1833.
MEDICO PARIGINO (il) [le Médecin parisien], opéra italien, musique de Astaritta,
MEES
MEFI
représenté pendant le carnaval à Venise en
MEDICO PER FORZA (il) [le Médecin par force], opéra-bouffe, musique de Degola, représenté au théâtre de Livourne en 1779.
MEDO (Médus) , opéra italien en trois actes, livret de Carlo-Innocentio Frugoni, musique de Scarlatti, représenté à Venise en 1708.
MEDO (Médus), opéra italien, livret de Carlo-Innocentio Frugoni, musique de Léo, représenté à Naples en 1740.
MEDONTE, opéra, musique de C.-H.
Graun, représenté à Berlin en 1750.
MEDONTE, opéra italien en trois actes, musique de Sarti, représenté à Florence vers
MEDONTE, opéra italien, musique de Bianchi, représenté à Reggio en 1785.
medonte, RE d'epiro , opéra italien, musique de J. Giordani, représenté à Rome en 1791.
* MEDORA, opéra en quatre a«tes, paroles de M. Angelo Menin, musique de M. Ferruccio Cusinati, représenté à Vérone, sur le théâtre Ristori, le 29 novembre 1894.
MEDORO, opéra italien, livret de Aurelio Aurelj, musique de Francesco Luzzo, représenté au théâtre Saint-Jean-et-saint-Paul, à Venise, en 1658.
MÉDUS, ROI DES MÈDES, tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de Chancel de la Grange, musique de Bouvard, représentée par l'Académie royale de musique le 23 juillet 1702. Le concours de toute l'élite de la troupe d'opéra n'a pas retardé la chute de cet ouvrage. C'était pour le chant , Boutelou , Hardouin, Thévenard , Dun, Cochereau, Mlles Desmâtins, Maupin, Lallemand, Loignon; pour le ballet : Dangeville, Du Mirail, Boutteville, Dumoulin, Baîon, etc., etc.
MÉDUSE, tragédie lyrique en cinq actes, avec un prologue, paroles de l'abbé Boyer,' musique de Gervais, représentée par l'Académie royale de musique le 13 janvier 1697.
MEERKONIG UND SEIN LIEBCHEN (DKR)
[le Roi de la mer et sa maîtresse], opéra allemand, musique de Bœhmer (Charles), représenté à Berlin vers 1816.
MEESTER der liebe (das) [le Modèlt
d'amour], opéra allemand, musique de Bœhm (Jean), représenté vers isoo.
* MÉFIE-TOI DE PHARAON, opérette ;en un acte, paroles de MM. Villemer et Delormel, musique de M. Robert Planquettet représentée à l'Eldorado le 18 octobre 1872.
mefistopele, opéra italien, livret et musique de M. Arrigo Boito, représenté h la Scala de Milan le 5 mars 1868, refait en grande partie par son auteur et donné sous cette nouvelle forme au théâtre Communal de Bologne le 4 octobre 1875. Le prologue se passe dans le ciel. Le drame est divisé en deux parties; la première comprend trois actes : le dimanche de Pâques, le jardin et la nuit du sabbat, la mort de Marguerite ; la seconde est formée d'un quatrième acte : la nuit du sabbat classique, et d'un épilogue : la mort de Faust.
Cet ouvrage est rempli d'étrangetés et de hardiesses poétiques intéressantes, mais qui s'adressent plutôt à l'imagination littéraire qu'au goût musical. Il y a surtout dans le pro» logue un chœur d'anges fort original sur une tierce persistante :
Siam nimbt
Volanti
Dai limbi,
Nei santi
Splendori
Vaganti,
Siam cori
Vi bimbi
D' amori.
Etc.
Ce prologue a la forme de l'oratorio ; le stylo est loin d'en être pur, car les quintes abondent. Malgré sa couleur mystique, le poème est d'un réalisme choquant et d'une audacieuse crudité. On ne peut contester la force dramatique et la verve endiablée de cet ouvrage, le plus bizarre qu'on ait vu sur la scène. Les transitions semblent inconnues à l'auteur. Le drame commence à la promenade ; la séduction de Marguerite a déjà été consommée, puisqu'elle accepte de la main do Faust, qui a pris le nom d'Enrico, un breuvage soporifique pour endormir sa mère pendant qu'elle recevra en cachette son amant. Elle n'y met qu'une seule condition : c'est que ce breuvage no fera aucun mal à la pauvre femme; c'est au moins cela. Comme on le voit, le livret no brille pas par le goût et est bien inférieur à celui qu'a traité avec tant de succès et de talent M. Gounod. Les modulations sont heurtées, la mélodio est rare et la partie musicale offre surtout des effets de sonorité. Quoiquo l'apothéose posthume de Berlioz les ait mis fort à la mode, ce n'est pas suffisant.