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à son fils. La Nonne sanglante, apaisée par ce sang, pardonne à Luddorf et l'emporte au ciel dans un tableau final. Ce pardon in extremis et cette apothéose de la haine posthume et assouvie terminent d'une manière aussi absurde que ridicule cette pièce légendaire. En assumant la responsabilité d'un tel livret, M. Gounod a fait preuve d'un courage que certaines personnes ont traité de témérité. En effet , la pièce , sous une apparence fantastique et bizarre, offrait au compositeur des situations très connues au théâtre, et empruntées à des chefs-d'œuvres comme la Juive , Othello, les Huguenots , Robert. M. Gounod a abordé résolument ces difficultés, et si le succès n'est pas venu couronner sa tentative, on ne saurait s'en prendre entièrement à lui, car jamais musique n'a été mieux appropriée à la couleur générale du poème. L'introduction a un caractère sinistre obtenu principalement par la sonorité des cors, les gammes chromatiques des violons et le chant des trombones. Un air en la majeur de Pierre l'Ermite, avec chœurs, la romance de Rodolphe, le duo : Mon père, d'un ion inflexible, l'ensemble à douze-huit du finale sont les morceaux saillants du premier acte. Le second acte est le plus intéressant. Les couplets d'Urbain, l'air de Rodolphe : Du seigneur, pâle fiancée, sont suivis d'une sorte de symphonie descriptive pendant laquelle l'oeil du spectateur ne voit sur la scène que ruines et désolation. Derrière la coulisse, des choristes, à bouche fermée, joignent à l'orchestre des accords bizarres. On comprend la fuite de Rodolphe avec son étrange compagne et on songe à la ballade de Lénore : Hurrah! les morts vont vite. Les ruines font place à un palais enchanté resplendissant de clarté. Ici M. Gounod s'est visiblement souvenu du lever du soleil dans le Désert de Félicien David : Cuique suum. A la Marche des trépassés succède un finale d'une grande puissance. Le troisième acte offre des situations plus douces. Nous rappellerons la valse en ré majeur ; l'air : Un jour plus pur, un ciel d'azur brille à ma vue, est instrumenté avec tant de goût et la mélodie en est si gracieuse qu'on remarque peu l'une des innombrables fautes de français dont' Scribe a émaillé ses livrets d'opéra. Le quatrième acte renferme de jolis airs de ballet ; quant au cinquième, l'auditeur, fatigué, no remarque guère que le duo d'Agnès et do Rodolphe, et l'air de Luddorf. Cet ouvrage a été distribué comme il suit : Rodolphe, Gueymard; Luddorf, Merly ; Pierre l'Ermite,

Depassio; la Nonne sanglante, Mlle Wertheimber; Agnès de Moldaw, Mlle Poinsot; le page Urbain, Mue Dussy.

* NORD (LA FATA DEL), opéra fantastique en un acte, paroles de M. Campanini, musique de M. Guglielmo Zuelli, représenté au théâtre Manzoni, de Milan, le 4 mai 1884. La partition avait été couronnée au concours que M. Zonzogno, le fameux éditeur de musique de Milan, ouvre annuellement en cette ville.

* NORDISA, opéra anglais, paroles et musique de M. Frédéric Corder, représenté à Liverpool, par la célèbre troupe Cari Rosa, en janvier 1887. Le poème était, dit-on, une adaptation assez faible d'un ancien mélodrame français, la Bergère des Alpes, et la musique, qui avait des prétentions au style, wagnérien, était d'une médiocre valeur. Celle-ci fut assez maltraitée par la critiqua lorsque, quelques mois après son apparition à Liverpool, l'ouvrage fut joué à Londres, sur la scène de Drury Lane.

NORDLICHT VON KAZAN [VAS) [l'Aurore boréale de Kazan], opéra allemand en quatre actes, livret de Paul Krone, musique de Cari Pfeffer, représenté au Stadttheater, à Leipzig, le 29 août 1880. Cet ouvrage n'a pas été bien accueilli.

* norma, parodie lyrique en trois actes, musique de M. Francisco de Freitas Gazul, représentée à Lisbonne, au cirque Price.

NORMA, opéra en deux actes, poème de Romani, musique de Bellini, représenté à Milan, sur le théâtre de la Scala, le 26 décembre 1831, et chanté par Donzelii, Negrini, Mmts Pasta et Giulia Grisi. Ce chefd'œuvre fut représenté sur- le Théâtre-Italien de Paris le 8 décembre 183.">. Le sujet de Norma appartient à MM. Soumet ut Belmontet, auteurs d'une tragédie do ce nom jouée à l'Odëon. La passion mystérieuse île Norma, fille du chef des druides, pour le proconsul Poliione, qui lui préfère Adalgisa.estle nœud de la pièce et fournit des situations très favorables à la musique. Bellini, tout en restant italien, a su donner à sa partition un caractère original, étrange, pittoresque, suave et passionné qui satisfait l'esprit et se substitue à la couleur locale qui, dans un tel sujet, après tout, ne pouvait être qu'une convention. Après une belle introduction, la cavatine et le chœur, on admire l'invocation de la druide.sse : Casta diva, une des plus suaves cantilènes qui aient été mises en musique.

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