‹ Dictionnaire des opérasChapitre 601 sur 928 · PATT · texte numérisé non relu

PATT

PAUL

divisé en plusieurs épisodes dont l'un des plus émouvants est la phrase si douloureuse de Rysoor :

Ah ! malheureux que j'aimais tant, Voilà ce qu'il a fait pourtant!

dont le ton désespéré arrache des larmes à l'auditeur. A partir de ce moment, l'action se précipite. La rentrée des conjurés, la prise d'armes, la charge qui sonne, les premiers bruits cle trahison, le combat, les coups de feu, l'entrée des Espagnols, la tentative d'évasion de Rysoor et de ses amis, arrêtée par l'arrivée du duc d'Albe, la scène du sonneur, le meurtre de celui-ci, le transport de son cadavre percé de balles, les plaintes de Rysoor sur son corps, tout cela est rendu, musicalement, avec une grandeur, un élan, une chaleur, et en même temps une fermeté et une sûreté de main qui feraient honneur à un grand maître. De cet ensemble vraiment héroïque, je détacherai la scène où Jonas, sachant qu'il marche à la mort en allant donner avec ses cloches le signal qui doit faire s'éloigner le prince d'Orange, dit à Rysoor :

Seigneur, ils. me tueront. Ce n'est pas pour ma vie, Mais ma femme, les miens!..

et l'admirable déploration que Rysoor, un instant après, fait entendre sur le corps inanimé du malheureux :

Pauvre martyr obscur, humble héros d'une heure, Je te salue et je te pleure!

Ce chant de douleur et de regret est l'une des plus belles, des plus nobles, des plus touchantes inspirations du musicien.

Patrie! a été admirablement jouée pour ses deux rôles principaux, ceux de Dolorès et de Rysoor, par Mme Krauss et M. Lassalle. L'interprétation générale était d'ailleurs excellente, et comprenait les noms de Mme Bosman et de MM. Edouard de Reszké, Duc, Bérardi, Dubulle, Muratet, Sentein, Sapin et Balleroy.

PATRIE RECONNAISSANTE (la) OU L'A- POTHÉOSE DE beaurepaire, opéra héroïque en un acte, paroles de Lebœuf, musique de Candeille, représenté à l'Opéra le 3 février 1793. Cet ouvrage fut sifflé.

PATRIOT AUP DEM LANDE (dee) [le Patriote campagnard], opéra allemand, musique de Holly, représenté en Allemagne en 1775.

PATRITIUS , opéra allemand, musique de J.-Michel Haydn, écrit à Salzbourg vers 1790.

PATTES BLANCHES, opérette en un acte, livret de MM. Constantin et L. Coron, musique de M. Laurent de Rillé , représentée aux Bouffes- Parisiens le 21 mai 1873. Les aven-

tures bouffonnes de deux Européens au milieu d'une tribu de nègres sont accompagnées d'une musique appropriée aux lazzi les plus extravagants. Ces bamboulas grotesques et ces parodies de boléros sont sans doute considérées par le musicien accrédité du ministère de l'instruction publique comme un délassement de ses fonctions d'inspecteur de l'enseignement du chant dans les lycées et d'examinateur dans la commission des bibliothèques scolaires. Cette opérette a été jouée plutôt que chantée par Ed .-Georges et Potel.

* PATTO di nozze (il), opéra semi-sérieux, musique de M. Giulio Brocchi, représenté au théâtre Gerbino de Turin le 18 mai 1885.

PAUL ET JULIE ou LA LETTRE SUP- POSÉE , opéra-comique de Mlle Péan de la Rochejagu, représenté au Casino Paganini dans le mois de mars 1851.

* PAUL ET PIERRE, opérette en un acte, paroles de M. Gabriel Prévost, musique de M. Emile Louis, représentée à la salle des Familles le 26 mars 1874.

PAUL ET VIRGINIE, opéra en trois actes, paroles de Favières, musique de Kreutzer, représenté à la Comédie-Italienne le 15 janvier 1791. Le poème n'est qu'une faible imitation de quelques épisodes du célèbre roman de Bernardin de Saint-Pierre , et encore le dénoûment est-il complètement de l'invention de Favières. La tempête a lieu au départ de Virginie. Paul, monté sur un rocher, aperçoit le naufrage du vaisseau. Il se jette à la mer, sauve Virginie et l'apporte dans ses bras sur le rivage. Ce troisième acte se passe presque tout entier en pantomime. La musique de Paul et Virginie a obtenu un grand succès. On y remarque une couleur locale assez remarquable pour l'époque, et des airs gracieux. L'ouverture, en ut, débute par un motif très simple et un peu monotone; mais la seconde partie se distingue par de beaux développements pleins de chaleur. Nous citerons encore la romance dialoguée de Paul et Virginie : De ta main tu cueilles le fruit, et la chanson nègre : Quand toi s'en va de la case , dont l'accompagnement est assez piquant.

La scène de l'orage se distingue par une bonne harmonie et des effets d'orchestration assez dramatiques. Cet opéra a été repris en 1846 , sans grand succès. Toutefois, le finale du deuxième acte a réussi; Jourdan et MUe Lemercier ont joué Paul et Virginie; Henri, le vieux noir; Grignon, Mme» Félix et Saint- Ange, les autres rôles.

PAUL

PAUL

Page 1