‹ Dictionnaire des opérasChapitre 602 sur 928 · PAUL ET VIRGINIE OU LE TRIOMPHE · texte numérisé non relu

PAUL ET VIRGINIE OU LE TRIOMPHE

DE LA VERTU, drame lyrique en trois actesparoles de Dubreuil, musique de Lesueur, représenté sur le théâtre Feydeau le 13 janvier 1794. Le roman de Bernardin de Saint- Pierre n'a guère fourni que son titre à cef ouvrage, car les épisodes sont tout différents. Ainsi Virginie ne quitte pas l'île ; elle est arrachée des mains du capitaine par des insulaires, qui font sauter le vaisseau. Quant à la musique, elle offre, à un degré plus marqué que dans les autres opéras , les défauts et les qualités de Lesueur : de la grandeur et de la monotonie ; de la froideur dans le récitatif et la mélodie , mais aussi un rythme qui s'impose magistralement à l'auditoire ; enfin de la puissance dans l'harmonie des chœurs.

Lesueur a eu le malheur de devancer son temps. Doué d'une grande, originalité, d'un sentiment très élevé de l'art, et d'une puissance de travail extraordinaire, il n'a jamais rien écrit sans se proposer d'atteindre à un idéal que l'état du théâtre à son temps ne comportait pas. C'est ce qui explique le peu de succès de la plupart de ses opéras. Trente années plus tard, lorsque l'école romantique eut mis à la mode ce qu'on appelle la couleur locale, son génie, puissamment aidé des conquêtes que l'art musical avait faites pendant cet intervalle, aurait enfanté des chefs-d'œuvre. Les modulations hardies, l'indépendance de son style, les sonorités étranges de son orchestre, qui avaient autrefois motivé l'opposition et la critique souvent excessive des musiciens, auraient alors été prônées comme autant de qualités. Les idées, les intentions abondent dans ses partitions ; mais la grâce et la vigueur font défaut. C'est un génie incomplet, il est vrai, mais sa place restera marquée à côté de Méhul, de Spontini et de Cherubini.

L'ouverture de Paul et Virginie annonce le lever du jour, et l'acte premier débute par un hymne des sauvages indiens au soleil levant : Divin soleil, âme du monde. C'est un chœur d'un beau caractère. Le duo de Paul et de Virginie : Quel air pur, quel beau jour! a pour accompagnement des gammes ascendantes et descendantes qui lui don- . nent de la suavité. La romance du bon nègre Domingo, languissante et sans esprit, est tout à fait manquée, et celle de la négresse Sara ne vaut guère mieux. Dans le second acte, on remarque un duo original et fort bien fait entre Babet et Domingo : Je n'ai pas encore eu d'amant et m'en suis passée â

merveille. Lesueur, que la manie de l'antiquité possédait et qui s'imaginait naïvement avoir retrouvé la musique des Grecs, émail- i lait ses partitions de mots scientifiques, de termes empruntés aux anciens modes, et on ne peut s'empêcher de sourire en lisant les mots doriens, hypophrygiens, lydiens, appliqués à des morceaux conçus dans la tonalité moderne, et des phrases comme celle-ci : In tutto guesf allegro, eseguite ancora col carattere locale, e col sentimento délia ritmopœia, ebraica dei profeti; e coll' espressione e l'accento délia melopœia diastaltica, mescolata délia systaltica, etc. Il a même prétendu que des morceaux de son opéra de la Mort d'Adam expliquaient plusieurs textes des anciens sur la musique des Hébreux, des patriarches, sur celle des prophètes, des Egyptiens, des Chaldéens, des plus anciens grecs. (Voir page 1 14 de la grande partition). Poui en revenir à Paul et Virginie, citons encore le grand duo du deuxième acte : Est-ce donc là la récompense? et le quatuor du troisième acte : 0 rage, ô douleur infinie! qui est le plus beau morceau de l'ouvrage. La scène de la tempête paraîtrait faiblement rendue si on l'exécutait maintenant. Elle a paru émouvante autrefois. Comme nous l'avons dit plus haut, les auteurs ont changé le dénoûment de Bernardin de Saint-Pierre. Virginie est sauvée du naufrage et de l'incendie du vaisseau par les Indiens, dont sa bonté l'avait rendue l'idole.

PAUL ET VIRGINIE, opéra anglais, musique de Reeve, en société avec Mazzinghi, représenté à Londres en 1800.

PAUL et VIRGINIE, opéra en un acte, livret et musique de M. Denis Robert, représenté au théâtre de Port-Louis (île Maurice) le 30 octobre 1876. Ce petit ouvrage a été orchestré par M. Laban.

PAUL et Virginie, opéra en trois actes et sept tableaux, livret de MM. Michel Carré et Jules Barbier, musique de M. Victor Massé , représenté à l'Opéra- National- Lyrique le 15 novembre 1876. Cet ouvrage est, à mon avis, le plus distingué, le plus poétique, le plus fortement inspiré qui ait été représenté au Théâtre-Lyrique depuis bien des années. Le chef-d'œuvre littéraire de Bernardin de Saint-Pierre a été habilement arrangé pour la scène, et la couleur générale est bien celle que l'imagination conçoit en lisant lo récit touchant des amours de ces infortunés enfants. Dans le premier tableau, l'action se pass»

PAUL

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dans la case de Marguerite, cabane de bambous, ouverte sur un paysage de l'île de France. Mme de La Tour et Marguerite sont occupées à filer du coton. Les deux mères s'entretiennent de leurs enfants et se font part de leurs remarques sur leur attachement mutuel.

Mme de La Tour annonce l'intention d'envoyer Paul aux Indes pour quelque temps, moins pour éprouver son amour pour Virginie que pour préparer leur bonheur futur. Ce duo des deux mères est d'un effet charmant. C'est un dialogue et un ensemble dans la forme du nocturne d'une teinte pleine de tendresse et de calme. Domingue, le vieux serviteur dévoué à ses maîtres et presque de la famille, a entendu le projet d'éloigner Paul. Il intervient clans la conversation et chante des couplets dont la mélodie est parlante et originale : N'envoyez pas le jeune maître vers les pays lointains! On annonce l'arrivée d'un navire venant de France. M^e de La Tour se rend à Port-Louis avec l'espérance de recevoir une lettre de sa famille. Le chœur des habitants de l'île : Un navire entre dans le port, est à la fois populaire et distingué. On voit le balancement du navire, on entend le chant monotone des matelots, on se souvient de ces accents dont ils accompagnent leurs efforts lorsqu'ils retirent les ballots de la cale. C'est ainsi qu'un véritable artiste sait poétiser les détails les plus vulgaires, en évitant également deux écueils, la banalité et le réalisme. Paul et Virginie surpris par l'orage accourent abrités sous une large feuille de bananier. Lt duo qu'ils chantent: 0 joiel ô douceur d'aimer qui nous aime ! aie mérite particulier d'exprimer par un heureux mélange des voix l'union parfaite et mystérieuse de deux cœurs confiants l'un dans l'autre. La poésie de Félicien David et les formes harmoniques de Mendelssohn semblent se condenser dans ce morceau. Méala, épuisée de fatigue, les bras meurtris et les vêtements en lambeaux se présente sur le seuil. Elle vient implorer un asile contre la poursuite d'un maître impitoyable. Virginie, compatissante, lui donne du lait, du pain, des paroles de consolation. Elle se charge avec Paul de la ramener chez son maître et d'obtenir sa grâce. Dans ce trio, on distingue surtout une belle phrase :

Oui, les cœurs que Dieu même inspire Dans l'innocence des champs Trouvent bien ce qu'il faut dire Pour émouvoir les méchants.

Le deuxième tableau transporte le spectateur dans la plantation de M. de Sainte-Croix, riche planteur de la Rivière-Noire. Ce mauvais colon n'est pas nommé par Bernardin de Saint-

Pierre. Pourquoi l'auteur du livret l'a-t-il baptisé du nom de Sainte-Croix? C'est sans doute par antiphrase ; car c'est sur les rameaux de l'arbre de la croix que l'égalité des droits des âmes humaines a été promulguée dans le monde. Le choix at ce nom n'est pas heureux. Les esclaves font entendre des accents douloureux sous les ardeurs du soleil ; un négrillon chante sur un mode mineur et avec des intonations plaintives sa misère. Virginie et Paul arrivent avec Méala. Ici les récitatifs sont d'une expression excellente et passent tour à tour de la rudesse à une douceur exquise. Pardonnez-lui, s'écrie Virginie en s'adressant à Sainte-Croix. Son chant large et soutenu part du cœur. C'est une magnifique inspiration Le chœur est ravi :Ohl la douce voix! oh! le doux, sourire, c'est un chant d'oiseau dans l'air envolé ; à peine elle parle, et chacun l'admire. Sainte-Croix est subjugué. A travers la distance des âges et en tenant compte de la différence des moyens employés, cette page rappelle la puissance d'expression de Gluck. Sainte-Croix accorde la grâce de Méala. Mais la beauté de Virginie allume dans son cœur grossier une passion brutale. L'intelligente et reconnaissante Méala s'en aperçoit la première, et lorsque Sainte- Croix, en l'honneur de ses deux hôtes, improvise une sorte de fête et ordonne à Méala de chanter, celle-ci les. avertit qu'un danger les menace :

Parmi les lianes, Au fond des savanes, Le tigre est couché.

Son regard flamboie, Il guette sa proie, Dans l'ombre caché.

Le jour va s'éteindre,

Voici la nuit; Il peut vous atteindre,

Fuyez ! — tout fuit.

Cette chanson âpre et sauvage reste musicale malgré ses intonations hardies et son rhythme heurté, ce qui prouve qu'il n'est nullement nécessaire de sortir du domaine de l'art pour produire l'effet cherché, lorsque le musicien a de l'imagination et du goût. Sainte-Croix, furieux du départ précipité de Virginie et de Paul, en rend Méala responsable et la livre à un nouveau châtiment. Je trouve que dans cette scène, les auteurs ont été trop loin. La danse delà bamboula, l'orgie du planteur, son ivresse, les cris de la malheureuse qui dominent le chœur, produisent une impression trop pénible pour une œuvre lyrique. Il faut se garder de confondre l'émotion avec la sensation physique. Une symphonie intéressante intitulée : la Forêt, sert d'entr'acte.

PAUL

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Le premier tableau du deuxième acte représente l'habitation de Mme de la Tour. Elle achève d'habiller Virginie et de la parer de quelques bijoux. Elle l'informe qu'une vieille parente la mande auprès d'elle et consent à lui laisser sa fortune à la condition qu'elle partira pour la France. Virginie ne veut pas quitter sa mère. Elle lui fait la confidence de son amour. Mme de La Tour, après de douces exhortations, la laisse seule à ses réflexions. Tout cela a été traité parle compositeur avec une délicatesse infinie. Ici se place une scène très poétique dans sa naïveté, scène pleine de naturel, qui suffirait seule pour faire le succès d'un acte d'opéra. La jeune fille veut savoir ce que pense de son départ Domingue, ce vieil ami qui l'a vue naître, qui l'aime ainsi que Paul. Pour toute réponse, sans la regarder et tout en travaillant à sa natte de jonc, Domingue chante :

L'oiseau s'envole Là-bas ! là-bas !

L'oiseau s'envole Et ne revient pas.

Ah! pauvre folle I Reste à la maison, Crois à ma chanson

L'oiseau s'envole Et ne revient pas.

Oiseau fidèle

Que Dieu bénit,

Oiseau fidèle, Reste en ton doux nid.

Ferme ton aile, Tu dormiras mieux Que sous d'autres cieu:^

Oiseau fidèle,

Que Dieu bénit,

Oiseau fidèle, Reste en ton doux nid.

La mélodie de cette cantilène est expressive et touchante.

Le désespoir de Paul apprenant la fatale nouvelle forme la contre-partie de cette scène. Elle est rendue plus dramatique encore par l'aveu que Marguerite fait à son fils de sa faute et de la honte de sa naissance. Cette situation difficile à rendre est d'une déclama* tion si juste qu'elle a pleinement réussi. Rien d'attendrissant comme les consolations que Paul, malgré sa douleur et dans son affection, prodigue à sa mère. Les phrases les plus remarquées sont celles-ci : Ahl ne brises pas mon courage, et Je vous honore; je vous aime. Méala revient encore une fois chercher un refuge ; mais cette fois, elle est suivie de près par Sainte-Croix. Paul le reçoit. Une discussion s'engage; elle se termine par la rançon de l'esclave avec l'argent envoyé de France à Virginie. Le grand duo dans lequel Paul et Virginie font le serment d'ùlre l'un à l'autre I-arait un peu long à cause de la succession

des mouvements divers, andante, allegretto, allegro maestoso, entrecoupés de récitatifs, à la façon delà mélopée en vogue de l'autre côté du Rhin , et heureusement fort contestée en deçà; mais la péroraison en la bémol majeur est admirable d'inspiration. Cette belle phrase a été choisie par le compositeur pour caractériser l'amour de Paul et de Virginie, amour noble et pur, au-dessus des vicissitudes humaines, plus fort que la mort.

Par le ciel qui m'entend, par l'air que je respire. Par ce Dieu que je prends" à témoin de ma foi.

Par tes larmes, par ton sourire,

Je jure de n'être qu'à toi !

Au second tableau, il fait clair de lune et on voit la mer à travers les arbres. Le chœur que j'ai signalé plus haut est répété en fanfare par les cors ; bien écrite pour ces instruments, elle produit le plus charmant effet. Elle se poursuit développée par un chœur lointain. Après le grand air de Virginie, Méala chante des couplets auxquels des appogiatures donnent beaucoup de caractère. C'est un hors-d'œuvre , mais on l'entend avec plai" sir. Virginie s'est endormie sur un banc de gazon. M. de La Bourdonnais arrive et presse le départ; Mmede La Tour réveille sa fille. La toile tombe. Le troisième acte renferme d'aussi beaux morceaux que les deux autres. La chanson de Méala : En vain sur cette lointaine rive, est une mélodie fort jolie, toute en syncopes sur lesquelles M. Victor Massé aurait pu obtenir de son poëte des paroles mieux adaptées à ce genre de rythme. Le quatuor: Que l'enfant que j'aime, composé de mesures alternées à quatre et à deux temps, est gracieusement accompagné par les instruments à cordes, en pizzicato. Le pauvre Paul, inconsolable de l'absence de son amie, lit et relit une lettre de Virginie; la déclamation en est mélodieuse et d'une sensibilité exquise. Je la donne ici, parce qu'elle me semble avoir un parfum de candeur qu'il est doux de respirer en ces temps où l'amour est si mal exprimé au théâtre :

Chère mère, vous m'avez dit

De vous mander les jour» de joie

Ou de chagrin que Dieu m'envoie;

C'est à grand'peinc : on m'interdit

De vous écrire; et moi, sans armes

Contre un si rigoureux arrêt,

Je vous fais tenir en secret

Ces mots arrosés de mes larmes.

D'autres tourments que je prévois

Me tiennent le cœur en alarme*;

J'ai trop pleuré, rappelez-mou

Au sein même de la richesse,

Ju suis plus pauvre qu'autrefois.

Ne pouvant vous foire lar

De tous les biens que je recuis;

Il » fallu que votre fille

8e cachât des regarda jaloux

PAUL

PAUL

Pour recourir à son aiguille .

Et travailler au moins pour vouf.

Hélas! c'est là tout le mérite De menus objets faits par moi Que j'ai pu joindre a mon envoi Pour vous et maman Marguerite.

A Paul cette petite fleur Que l'on appelle violette, Du nom même de sa couleur; Elle semble éclose en cachette Sous le buisson où la trahit Le doux parfum qu'elle recèle; Par les soins de Paul puisse-t-elle Prospérer en cet humble nid De fleurs, de mousse et de verdure, Où notre fontaine murmure, Où nos oiseaux chantent en chœur, Hélas! où j'ai laissé mon cœur!

Le fond du théâtre s'ouvre et laisse voir à travers une gaze un salon aristocratique. Virginie est invitée à chanter. Elle s'accomgagne sur la harpe :

Que ma chanson vers toi s'envole, O doux ami que j'ai quitté, etc.

La mélodie est ravissante de grâce et de mélancolie. On l'entoure, on la félicite. Un personnage lui est présenté. C'est Sainte-Croix. Virginie repousse avec dédain ses hommages. La vieille parente témoigne son indignation et congédie Virginie. Paul a suivi cette vision et s'écrie: a Elle revient vers nous!» Domingue accourt; en effet, on annonce l'arrivée d'un navire ; mais il est ballotté par la tempête et ne peut aborder. Paul se précipite sur la plage. Le théâtre change. A quelque distance en mer, on voit le Saint-Géran à demi submergé. Virginie est étendue inanimée sur le sable ; Paul est agenouillé près d'elle. Tous les personnages et les habitants de l'île sont accablés de douleur. Le chœur chante :

Pauvres amants!

Séparés sur la terre Et longtemps malheureux, L'amour que rien n'altère Les attend dans le ciel et commence pour eux!

Cette partition, le chef-d'œuvre de M. Victor Massé, est désormais associée au poème de Bernardin de Saint-Pierre et s'ajoute glorieusement aux meilleurs opéras de l'école française. Distribution : Paul, Capoul ; M. de Sainte - Croix , Melchisédech ; Domingue, Bouhy ; M. de La Bourdonnais, Bonnefoy; Virginie, M'ie C. 'Ritter; Méala, Mme Engalli; Mme de La Tour , Mm» Sallard ; Marguerite, Mme Téoni ; un négrillon, Miles Par.ent et Marcus.

* PAUL, faut rester, parodie en un acte de Paul Forestier, de Siraudin et Marc Leprévost, avec airs nouveaux de Victor Robillard, représentée au Palais-Royal le 22 février

PAUL 1er, opéra en trois actes', paroles de Luce et Victor Lefebvre, musique de Bovery, représenté à Douai vers 1830. Ce fut presque le début de ce bon musicien qui lutta pendant de longues années contre la fortune et qui est mort récemment chef d'orchestre d'un des plus modestes théâtres de Paris. L'auteur de Jacques Artevelde, du Giaour, était un mélodiste distingué et plusieurs de ses romances sont devenues justement populaires.

PAULIN ET CLAIRETTE OU LES DEUX ESPIÈGLES, comédie en deux actes , paroles et musique de Dezède, représentée au Théâtre-Français le 5 janvier 1792, l'année même de la mort du compositeur.

PAULINE , opéra , musique de Drechsler (Joseph), représenté à Vienne vers 1815.

PAULINE, opéra anglais, livret tiré du roman de lord Bulwer Lytton, musique de M. Fr. Cowen , représenté avec succès au Lyceum theater de Londres en décembre 1876.

PAULINE ET henri, comédie en un acte, en prose, mêlée d'ariettes, paroles de Boutillier, musique de Rigel, représentée à Feydeau le 9 novembre 1793. C'est une pièce empreinte de cette fadeur et de cette fausse sensibilité particulières à cette époque, et auxquelles la Terreur répondait par son ironie sanglante.

PAULUS, oratorio, musique de Mendelsshon-Bartholdy, écrit en partie à Dusseldorf et terminé en 1835. Cet oratorio est lœuvre la plus importante du compositeur. Elle est souvent exécutée en Allemagne ; mais le public n'en connaît en France que de beaux fragments. Le livret allemand se compose destrophes poétiques, reliées entre elles par des périodes en prose , reproduisant les récits extraits des Actes des apôtres. La mort de saint Etieune est le sujet du prologue de l'oratorio. Le récit des persécutions exercées contre les disciples du Christ précède la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas et ses premières prédications. Dans la dernière partie , saint Paul dit adieu aux fidèles de Milet et d'Ephèse , en leur faisant un tableau des luttes de l'Eglise naissante. M. Maurice Bourges a traduit en vers français tout ce livret écrit en prose. La musique de cet ouvrage est d'une originalité hardie et puissante. L'expression et la couleur y dominent plus que la mélodie et l'unité de style. Les contrastes sont fréquents, l'instru-

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