‹ Dictionnaire des opérasChapitre 617 sur 928 · PETIT PAGE (LE) OU LA PRISON D'ÉTAT · texte numérisé non relu

PETIT PAGE (LE) OU LA PRISON D'ÉTAT

comédie en un acte, en prose, mêlée d'ariettes, paroles de Guilbert de Pixérécourt, musique de Kreutzer et Nicolo Isouard, représenté au théâtre Feydeau le 15 février

* petit parisien (le), opérette en trois actes, paroles de MM. Paul Burani et Maxime Boucheron, musique de M. Léon Vasseur, représentée aux Folies-Dramatiques le 16 janvier 1882. Interprètes : Me» Simon-Girard, Rose Méryss. Burton, MM. Maugé, Simon- Max et Luco.

* PETIT POUCET OU L'ORPHELIN DE LA FORÊT (le), opéra-féerie en cinq actes, paroles de Cuvelier et Hapdé, musique de Gauthier, représenté au théâtre des Jeunes-Artistes vers 1797.

petit POUCET (le), opéra-bouffe en trois actes et quatre tableaux, paroles de MM. Eugène Leterrier et Albert Vanloo, musique de M. Laurent de Rillé, représenté au théâtre de l'Athénée le 8 octobre 1868. Dans l'analyse donnée par la Gazette musicale, nous lisons: «Le Petit Poucet est en réalité un joli jeune homme, très amoureux de Mlle Aventurine, la fille aînée de l'ogre Krock-Mach-Cru ; mais Mme l'ogresse Aglaé, femme légère, repousse l'amour du faux ogre Rastaboul, pour disputer à sa fille le cœur de ce séduisant garçon. » Les personnages sont donc l'ogre Krock-Mach- Dru, le faux 'ogre Rastaboul, l'ogresse et ses cinq filles jumelles, le Petit Poucet et ses quatre frères; deux acteurs et onze actrices. C'est une exhibition de jeunes filles plus ou moins jolies, avec accompagnement d'une musique légère et animée. Il y a même au deuxième acte un galop final dont l'entrain ne laisse rien à désirer. M. Laurent de Rillé a été nommé, par M. Duruy , inspecteur général du chant dans les lycées et les écoles normales primaires. Etait-ce pour arranger • ainsi les contes de Perrault, ad usum studiosœ juventutis?

petit poucet (le), opérette, musiquo de M. Ed. Audran, fils de l'ancien ténor, représentée à Marseille en avril 1868.

* petit prince (le), opérette en trois

actes, paroles de M. Rosen, musique de M. Mûller, représentée avec succès à Vienne sur le théâtre An der Wien, en novembre 1882

PETIT SOUPER (le), opéra-comique, musique de Dalayrac , représenté au théâtre de la Cour, à Paris, en 1781.

PETIT SOUPER (le), opéra-comique en un acte, paroles de M. Violet d'Epagny, musique de Dourlen, représenté à Feydeau le 22 février 1822.

* petit vert-vert (le), opérette en un acte, musique de M. Georges Douay, représentée en 1872.

PETITE COMTESSE (la), opéra-bouffe en trois actes , livret de M. Gaston Escudier, musique de Luigi Ricci , représenté au théâtre Taitbout le 21 février 1876. C'est une traduction un peu libre de l'opéra italien Chi dura vince (voyez ce mot), représenté à Milan en 1838, avec succès. Il s'agit d'un comte qui, pour éprouver la constance de Fiorina, sa femme, se fait passer pour un artisan et s'expose à beaucoup de mésaventures. Fiorina lui conserve sa tendresse, et le comte reprend son titre et son rang. Le livret est bien traitéT avec esprit et grâce. La musique est charmante, mélodique et pleine de verve. On n'a pu en juger par l'exécution pitoyable de la troupe du théâtre Taitbout. Les meilleurs sujets étaient Mlle Breton et Mme Carlin.

PETITE FADETTE (la), opéra-comique en trois actes et cinq tableaux, livret de Mme George Sand et de M. Michel Carré, musique de M. Théodore Semet ; représenté à l'Opéra-Comique le 11 septembre 1869. Le roman de la Petite Fadette est trop connu pour qu'une analyse de la pièce soit nécessaire : je ferai observer que ce mélange de sentimentalité et de réalisme qui en a fait le succès a nui beaucoup à celui de l'opéra. Le thème de l'œuvre littéraire ne pouvait être goûté qu'à l'aide de détails multipliés, d'épisodes et do longs dialogues. Dans une œuvre dramatique, l'action doit être simple et non entravée par les descriptions et les analyses de sentiment. Là où Sedaine, ou tout simplement Desforges aurait pleinement réussi, Mm* George Sand a échoué. Un musicien laborieux et convaincu, comme M. Semet, a sans doute fait preuve de beaucoup de talent dans cet ouvrage ; mais, malheureusement pour lui, il a perdu sa peine. Des mélodies charmantes, des intentions ingénieuses, une orchestration des plus distinguées n'ont été appréciées que par les amateur*.

PETI

PETI

Je citerai dans le premier acte le chant du Fadet: Fadet, petit Fadet, prends ta cape; la chanson du bois joli et le chœur des enfants : Fadette qui naguère ne dansait. Dans le second acte on a remarqué les souhaits de la grand'mère : Ce soir, oublie en dormant; les couplets de Cadet-Caillaux : Je suis jeune et bel homme. Il y a aussi le choeur dans lequel les effets de cloches sont bien rendus par les cors. Tout est intéressant dans cet opéra, musicalement parlant ; le troisièm e acte renferme aussi des morceaux traités avec beaucoup de goût, entre autres une romance de Landry : Oui, Fadette, quand je t'appelle. Distribution : Landry , Barré ; Cadet-Caillaux, Potel; le père Barbeau, Gailhard; Fadette, Mme Galli -Marié ; la mère Fadet, MUe Révilly ; Madelon, Mlle Bélia.

PETITE FADETTE (la), opéra-comique en deux actes, paroles d'Anicet Bourgeois , musique de Semet , représenté aux Variétés en

* PETITE FRONDE (la), opérette en trois actes, paroles de MM. Chivot et Duru, musique de M. Edmond Audran, représentée aux Folies-Dramatiques le 16 novembre 1888. Interprètes : Mme* Simon-Girard, Ilbert et Riveri, MM. Huguet, Larbaudière et Guyon fils. Auteurs et compositeur ont été souvent mieux inspirés que dans cette pièce assez mal venue. Les premiers ont eu une singulière idée de rapetisser un événement historique aux proportions de l'opérette, et de le transformer en une fable tant soit peu ridicule ; le second, dont le talent n'est pas en cause, n'a écrit cette fois qu'une partition banale, sans couleur, sans saveur et sans fraîcheur.

PETITE LAMPE MERVEILLEUSE (la) , opéra-comique en un acte, paroles de Scribe et Mélesville, musique de Piccini (Alexandre), représenté au Gymnase le 29 juillet 1822.

PETITE MADEMOISELLE (la), opéra-comique en trois actes, livret de MM. Meilhac et Ludovic Halévy, musique de M. Ch. Lecocq, représenté au théâtre de la Renaissance le 12 avril 1879. Le succès toujours croissant des opérettes du genre burlesque depuis vingt ans oblige les auteurs à de grands efforts pour en trouver de nouvelles. Au nombre de leurs inventions récentes figurent les cocasseries historiques. Prendre pour cadre un des faits de notre histoire nationale, le remplir avec une mise en scène très soignée, presque exacte, des décors et des costumes d'une fidélité relative, faire servir tout cela à

la représentation de bouffonneries sans nom débitées dans le langage le plus bas et le plus plat, c'est là un piquant contraste, un assaisonnement offert au public qui dispense du goût littéraire et de l'art dramatique ; car on ne peut donner le nom d'art à une juxtaposition de scènes décousues où l'imprévu est la règle, l'invraisemblance l'élément du succès. Le premier acte se passe aux avantpostes de l'armée royale, devant Paris, en 1652 ; le deuxième à l'hôtel de ville, le troisième à l'hôtel Cameroni. La jeune comtesse Cameroni, veuve d'un mari vieux et infirme, est sollicitée par Mazarin d'épouser le frère jumeau de ce vieillard. Elle embrasse le parti de la Fronde tout aussi bien que la grande Mademoiselle, équipe une troupe à ses frais et intrigue avec l'Espagne. Mais elle veut entrer dans Paris pour mieux lutter contre Mazarin. Elle se munit du passeport d'une certaine Mme Douillet, femme d'un notaire d'Angoulême, chez qui les officiers de la garnison trouvaient facilement bon souper, bon gîte et le reste. La réputation de Mme Douillet s'était répandue jusque sous les murs de Paris, car, à la vue du passeport, les galants officiers entourent la comtesse et veulent la retenir. Celle-ci appelle à son aide le capitaine de Manicamp qui, la trouvant charmante, en devient sérieusement amoureux. La comtesse profite de cette passion subite pour obtenir de lui d'entrer dans Paris. Cet acte est émaillé de scènes burlesques ; des bourgeois, en jouant aux boules, se sont aventurés trop loin et ont été faits prisonniers ; leurs femmes viennent au camp les réclamer. L'un d'eux chante la chanson du cochonnet que le public a trouvée de son goût ; la légende du notaire d'Angoulême et les couplets de Mm° Douillet ont été également remarqués. Pendant le second acte la comtesse, cachée sous le nom de Trompette chez sa sœur de lait, Mme Taboureau, cabaretière, soutient les frondeurs et les paye. Le capitaine Manicamp l'a suivie, déguisé en garçon charcutier, et se cache à son tour chez la tripière Madelon. La bataille s'engage; Manicamp va rejoindre les royalistes ; la petite Mademoiselle fait élever des barricades que Manicamp attaque et escalade. La comtesse est faite prisonnière. C'est dans cet acte que se trouvent les intermèdes les plus bouffons et d'un réalisme de parti pris qui plaît à beaucoup de gens. Il paraît qu'on aime voir la comtesse Cameroni, qui joue un rôle politique, crier aux buveurs qui appellent la fille? la fille?: Eh té! la fille, la

PETI

PETI

voilà! Pas besoin de crier comme ça! Il paraît qu'il est agréable d'entendre chanter à une tripière : Quand le cervelas va, tout va! Je riconnais qu'ça. Le septuor de la conspiration a été traité en charge et le musicien a rappelé, en les parodiant, quelques passages du septuor des Huguenots :

Demain donc, demain à l'hôtel de ville .! Nous y serons cent, nous y serons mille, Tout ce que Paris a de flibustiers, De coupeurs de bourses et d'aventuriers, Les gueux, les filous, toute la racaille, Nous les pousserons tous à la bataille; Nous les lancerons, Les ameuterons, Et par ce moyen nous réussirons.

Et là-dessus, Dieu nous assiste, Bien qu'il soit triste D'user de moyens violents, Dieu soit pour nous et favorise,

Dans cette crise, La cause des honnêtes gens.

Des rythmes anciens et populaires, des timbres de la Clef du caveau fournissent au musicien, pour ces nombreux couplets d'opérette , des passe-partout utiles ; ici c'est la Faridondaine, ailleurs c'est une autre chanson. Une scène, comique à cause même de sa platitude, est celle dans laquelle la itripière harnache son mari pour la patrouille :

Prends garde au froid, prends garde au chaud,

Il y a là un souvenir de la garde nationale assez exact.

Les meilleurs morceaux, au point de vue de la comédie musicale, sont les couplets de Trompette et Lambin et ceux de Trompette. La comtesse, déguisée en servante, arrose à ses frais les gosiers des émeutiers et leur chante cette drôlerie, qui a eu un succès de fou rire et de bon aloi :

Notre patron, homme estimable, Voyant l'état où s' trouve Paris, Veut qu'un' diminution notable Soit faite aujourd'hui dans les prix.

Tant qu' dur'ra la cris' politique, Par ma voix il vous avertit, Qu'à tous ceux qui boiv'nt, sa boutique Va rester ouvert' chaque nuit, Et qu'avec ça, ça n'est pas tout, Et qu'avec ça, j' suis pas au bout, Et qu'avec ça, v'ià la merveille, Et qu'avec ça 1' prix d' la bouteille Ça n' s'ra pas vingt sous, ça n' s'ra pas dix sous, Ça n' s'ra pas cinq sous, ça n' s'ra pas deux sous, Ça s'ra, ça s'ra ce que chacun voudra.

A la fin de l'ouvrage l'actrice, s'adressant au public, lui annonce dans une variante :

Que pour voir la p'tit' demoiselle

Ça n' s'ra pas vingt sous,

Ça n' s'ra pas dix sous, etc.

Ça s'ra beaucoup plus cher que ça!

Et en effet cette opérette, pendant le premier mois de ses représentations, a fait encaisser au théâtre de la Renaissance la somme de 139,125 francs; ce qui donne une moyenne de 4,600 francs de recette quotidienne.

La mazarinade qui sert de thème au finale est commune. La comtesse a été conduite dans l'hôtel Cameroni, où elle doit épouser le préféré de Mazarin. Grâce aux manœuvres du cabaretier Taboureau et de Manicamp, elle échappe à un mariage odieux et finit par épouser son capitaine.

Les morceaux les mieux accueillis sont les couplets de Jacqueline, Jeunes et vieux, le motif joué par les petits violons, et le virelai de la comtesse, Arrivé dans Bordeaux. Les principaux interprètes de cet ouvrage ont été : Mmes J. Granier, Desclauzas, Mily-Meyer , MM. Berthelier, Vauthier, Urbain , Lary , Libert. L'habitude d'écrire a donné à M. Ch. Lecocq une souplesse et une dextérité qui lui font suivre les paroles presque à la lettre, comme accent et comme rythme. En sa qualité de bon harmoniste, il sait faire tomber la parole et la bonne note sur l'accord avec précision. Il en résulte pour l'auditeur une satisfaction un peu commune, mais qui répond bien à son degré de culture musicale. C'est de l'art à la hauteur de l'idée qu'on se fait de la musique dans le haut et petit commerce, chez les gens oisifs ou occupés qui ne demandent qu'à se distraire. Les amateurs d'art et les gens de goût n'ont rien à voir dans ce genre de plaisir, dont le plus grand mérite est d'être lucratif pour ceux qui le cultivent.

* PETITE MAISON (la), opéra-comique en trois actes, paroles de Dieulafoi et Gersin, musique de Spontini, représenté pour la première et dernière fois à l'Opéra-Comique le 12 mai 1804. Spontini n'avait pas été heureux avec le premier ouvrage écrit par lui pour la France, Julie ou le Pot de (leurs, donné au même théâtre. Il le fut moins encore avec celui-ci, dont la chute fut éclatante et la représentation singulièrement orageuse. La pièce, détestable, paraît-il, avait déjà considérablement indisposé le public, lorsqu'une incartade d'Elleviou, chargé du principal rôle, vint mettre le comble à la colère de celui-ci. Il s'ensuivit un tapage épouvantable, des huées, des cris, des sifflets, à tel point que l'ouvrage ne put être achevé et que jamais plus il n'en fut question.

PETITE MARIE (la), opéra, musique de Jester, représenté à Berlin vers 1780.

Page 1