RING
Le troisième acte est le chef-d'œuvre du compositeur. Nous passons légèrement sur les couplets : La donna è mobile , qui joignent à une mélodie facile et gracieuse le mérite de maintenir au duc le même caractère que ceux du premier acte : Questo o quella, avaient déjà exprimé. Le quatuor ; Un di, se ben rammento mi, réunit toutes les qualités d'une invention musicale. La mélodie est constamment inspirée ; chaque personnage conserve son caractère propre ; et, en outre, les deux groupes restent bien distincts, comme l'exige la situation. Quant à l'harmonie, sans offrir beaucoup de variété, elle soutient bien l'édifice vocal. Le rythme surtout donne à cet ensemble un entraînement tout à fait exceptionnel. La galanterie du duc, la coquetterie de Maddalena, l'horreur qu'éprouve Gilda à ce spectacle, les sentiments de compassion de Rigoletto pour sa fille et de vengeance à l'égard du duc, tout cela a été coordonné par une conception forte, hardie et d'un effet admirable. Les scènes qui suivent sont. encore traitées avec un grand talent. Nous signalerons la description de l'orage , des rafales de vent obtenues au moyen de tierces chromatiques vocalisées par les chœurs à bouche fermée derrière la scène. D'autres maîtres ont employé tous ces procédés au théâtre ; mais ils en ont atténué l'effet en les prolongeant outre mesure. M. Verdi est toujours rapide et bref. Quand il a produit la sensation qu'il se propose, il n'insiste pas et passe à autre chose.
Le rôle de Rigoletto a été créé par Corsi, et a fait sa réputation en Italie. Mario, Mmes Frezzolini et Alboni ont joué ceux du duc de Mantoue, de Gilda et de Maddalena. Mlle Battu a chanté le rôle de Gilda avec distinction. Cet ouvrage, traduit en français par M. Edouard Duprez et mis en quatre artes , a été représenté au Théâtre-Lyrique le 24 décembre 1863.
La partition de Rigoletto est, à notre avis la meilleure que le maître ait écrite, et il est regrettable qu'elle soit associée à une pièce qui ne peut manquer de devenir insupportable en vieillissant, tant les situations en sont exagérées, violentes et causent de malaise aux spectateurs. Le Roi s'amuse peut se lire, mais il ne peut être remis en scène. Rigoletto, grâce à la musique et à la transformation des personnages, a résisté et résistera encore à l'épreuve du temps; mais un jour viendra où le public demandera à ne plus voir ce triste bouffon trompeur et trompé, ce spadassin et sa coquine de sœur, cet assassinat, ce cadavre apporté dans un sac ; où l'on
ne craindra pas de trouver puéril et grossiei cet expédient du trou dans le mur qui rend possible le magnifique quatuor du quatrième acte. Traduit en français par M. Edouard Duprez, Rigoletto fut représenté avec beaucoup de succès, le 24 décembre 1863, à l'ancien Théâtre- Lyrique, où il était fort bien joué par Montjauze, Ismaël, Wartel Mlles Léontine de Maësen et Dubois. Cet ouvrage fait aujourd'hui partie du répertoire de l'Opéra, où il a paru pour la première fois,avecla même traduction, le 27 fév. 1885.
RIGOLO, opéra-comique en un acte, livret de Pellier, musique d'Albert Grisar ; ouvrage posthume et inédit.
RIGUEURS DU CLOÎTRE (les), opéracomique en deux actes, paroles de Fiévée, musique de Berton, représenté à la Comédie- Italienne le 22 août 1790.
* RIKIKI, opérette en trois actes, paroles de MM. Richard Gênée etMannstadt, musique de M. Hellmesberger jeune, représentée avec succès au Cari-Théâtre de Vienne, en octobre 1887. Il semblerait bien étonnant que le livret de cet ouvrage ne fût pas simplement emprunté au vieux vaudeville français qui avait pour titre Riquiqui.
RINALDO, opéra italien, musique de Tozzi, représenté à la cour de Brunswick en 1775.
RINALDO , opéra italien , musique de P.
Guglielmi, représenté à Venise en 1789.
RINALDO, opéra italien, musique de Hamdel, représenté à Londres le 24 février isn. Un air admirable de cet opéra est resté justement célèbre et se chante encore aujourd'hui dans les concerts.
RINALDO D'ASTI {Renaud d'Ast), opéra italien, livret imité de la pièce française de Radet et Barré, musique de Nicolo Isouard, représenté à Malte vers 1796.
RINALDO D'ASTI (Renaud d'Ast), opéra
italien, musique de Coccia, représenté à Rome en 1816.
RINALDO E ARMIDA, musique de Eccles (Jean), chef d'orchestre de la reine d'Angleterre, représenté à Londres vers 1698.
RINALDO E ARMIDA, opéra allemand, musique de Jean-Antoine André, représenté à Dresde en 1799.
RING DER LIEBE ( ler ) [la Rague de l'amour], suite de Zémire et Azor, représenté à Vienne en 1793.
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