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marquis de Fronsac. Cette circonstance a fait donner à la pièce ce titre, qui ne répond nullement à l'ensemble de l'intrigue. La musique est bien faite et a été entendue avec plaisir. Le duo d'introduction entre Fronsac et la marquise est agréable : Il lui disait : je vous adore. Nous remarquerons le quatuor dit de la Courtepaille, la prière : Reine du ciel, vierge divine, et l'air de soprano du troisième acte , bien chanté par Mme Anna Thillon : Je crois encore entendre. C'est de la musique facile qui obtient un facile succès lorsque la pièce est amusante. Mais on se ferait volontiers une autre idée d'un ouvrage qui a pour titre le nom de la patronne des musiciens.
* sainte-cégile, cantate pour voix de soprano et chœurs, musique de Julius Benedict. exécutée au festival de Norwich en novembre 1866, et quelques années plus tard à l'Opéra de Paris, où Mme Christine Nilsson en chantait la partie principale.
* SAINTE-CÉCILE, mélodrame - oratorio , musique du R. P. Adolphe de Doss, représenté au collège Saint -Servais, par les élèves de l'établissement, en décembre 1883.
* SAINTE-CÉCILE, drame lyrique en quatre tableaux, poème et musique de M. G. de Salelles, exécuté à Lille en 1894.
* sainte-freya, opérette en trois actes, paroles de M. Maxime Boucheron, musique de M. Edmond Audran, représentée aux Bouffes- Parisiens le 4 novembre 1892. Interprètes : MM. Maugé, Piccaluga, Minart, Jannin, Désiré, Mmes Biana Duhamel, Maurel, Guitty, Burty.
* SAINTE-GENEVIÈVE DE PARIS, mystère en quatre parties et douze tableaux, paroles et musique de MM. Claudius Blanc et Léopold Dauphin, représenté au théâtre d'ombres chinoises du Chat -Noir, en janvier 1893.
* sais (le), « conte arabe » en quatre actes, paroles et musique de Mme Marguerite Olagnier, représenté à la Renaissance le 18 décembre 1881. Ceci était un drame d'amour, dont le héros était un « sais » (coureur,, chef d'une tribu arabe), et qui contrastait singulièrement par son sujet avec les opérettes qui formaient alors le répertoire habituel du gentil théâtre de la Renaissance. Pour tout dire, et pour simple qu'il fût, le livret que Mmo Olagnier s'était construit elle-même ne manquait pas d'intérêt; et si la musique,
sous prétexte d'orientalisme, imitaitunpeu les formes de celle de Félicien David (le choix eût pu être plus mauvais), elle n'en contenait pas moins des pages heureuses, et quelquesunes même vraiment empreintes de passion et d'un bon sentiment dramatique. L'œuvre était estimable en son ensemble et méritait l'accueil sympathique qu'elle a rencontré auprès du public. Elle avait pour excellents interprètes MM. Capoul, Jolly, Vauthier, Alexandre, Mme" Landau et Desclauzas.
SAISONS (les), opéra-ballet en quatre entrées, avec un prologue, par l'abbé Pic, musique de Louis Lulli et Colasse, représenté à l'Académie royale de musique le 18 octobre
SAISONS (les), opéra-comique en trois actes et quatre tableaux, paroles de MM. Jules Barbier et Michel Carré , musique de M. Victor Massé, représenté à l'Opéra-Comique le 22 décembre 1855. Le titre de la pièce n'est motivé que parce que le mariage de Simonne avec Pierre se prépare au temps de la moisson, est rompu pendant les vendanges, se renoue en hiver et est conclu au printemps. Il y a des détails réalistes de la vie des paysans que les auteurs auraient pu laisser au Journal amusant, parce que le public de l'Opéra-Comique ne s'y divertira jamais, fort heureusement. L'épisode de la cécité de Simonne n'a pas paru bien imaginé. La partition est la plus riche en motifs et en effets saillants de celles que le compositeur ait données au théâtre. L'ouverture a du caractère, surtout dans la première partie. Le chœur des moissonneurs : Les blés sont coupés; l'air de chasse ; le chœur des vignerons; les couplets du vin nouveau ; le tableau de la veillée d'hiver, où le compositeur a introduit les refrains populaires : Il court, il court, le furet, et Nous n'irons plus au bois; enfin lechœur du printemps, forment la partie des- À'!, criptive de l'ouvrage, et c'est la mieux trai- ■, tée. Cependant la grande scène du finale du second acte est dramatique et fort belle. Dans le même ordre d'idées, nous rappellerons aussi le duo du troisième acte entre Simonne et Pierre. Les rôles ont été créés par Bataille, Couderc, Sainte-Foy, Delaunay- Ricquier, Mlles Caroline Duprez et Lemercier.
* SAKUNTALA, poème symphonique pour voix seules, chœur et orchestre, musique de M. Philippe Scharwenka, exécuté par l'Association de Sainte-Cécile, de Berlin, le 9 mars
SALA
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* SAL E PIMENTO, zarzuela-revue, paroles de M. Souza Bastos, musique composée et arrangée par M. Freitas Gazul, représentée au théâtre de la Trinité de Lisbonne, en juillet 1894.
SALADINO, opéra italien, musique de Vaccaj, représenté à Florence vers 1829.
SALAMMBÔ, drame lyrique italien en quatre actes, paroles de M. Zanardini, musique de M. Nicolo Massa, représenté au théâtre de la Scala de Milan le 15 avril 1886.
* SALAMMBÔ, opéra en cinq actes et huit tableaux, poème de M. Camille du Locle d'après le roman de Gustave Flaubert, musique de M. Ernest Reyer, représenté à l'Opéra le 16 mai 1892. De même que le Sigurd du même auteur, Salammbô avait été représentée à Bruxelles avant d'être jouée à Paris, ce .qui n'a pas empêché l'œuvre d'obtenir ici le succès qu'elle méritait. Voici l'analyse du poème, avec les titres que le librettiste a donnés à chaque tableau :
Acte premier (le Festin des Mercenaires dans les jardins d'Hamilcar). Hamilcar, le suffète carthaginois, fait traiter somptueusement les chefs de ses mercenaires, pour leur faire prendre patience sur les retards apportés à leur solde. Mais ses largesses ne suffisent pas à apaiser leur mécontentement, et bientôt l'un d'eux, Matho, chef des Lybiens, ayant enfoncé les portes de la prison qui retient les captifs du suffète, une révolte générale éclate. C'est alors qu'apparaît au haut de la terrasse, dans toute la splendeur de sa beauté sévère- Salammbô, la fille d'Hamilcar. Éblouis à sa vue, les révoltés s'arrêtent. Salammbô descend, et de sa blanche main emplit une coupe qu'elle présente à Matho en guise d'apaisement et de réconciliation. Matho prend la coupe, fasciné par le regard de la jeune femme, mais Narr- Havas, roi des Numides, qui est épris de celle-ci, se jette, jaloux, sur le Lybien et le blesse d'un coup de poignard. Voici pourtant que s'approche l'armée carthaginoise pour punir les révoltés, et ceux-ci, se pressant autour de Matho, l'acclament pour leur chef. Le second acte (l'Enceinte sacrée du. temple de Tanit), nous montre l'intérieur du temple. Au fond, le sanctuaire mystérieux où les prêtres gardent avec un soin jaloux le zaïmph, c'està-dire le voile sacré de la déesse, auquel est attaché In salut de Carthage, et que nul ne peut toucher sans s'exposer à la mort. Matho, ciché avec un des siens, a conçu le projet de s'emparer du zaïmpu, dont la possession doit
amener son triomphe. Il assiste aux pratiques religieuses des prêtres de Tanit, puis à l'arrivée de Salammbô, qui vient confier au grand prêtre Shahabarim l'inquiétude mortelle que lui causent des visions mystérieuses, en lui faisant entendre que Carthage est en danger et le zaïmph en péril. Le prêtre, saisi d'effroi, la laisse seule, et, tandis que Salammbô se lamente, Matho pénètre dans le sanctuaire, enlève le voile sacré et, s'en enveloppant, se présente aux yeux de la jeune femme, qui croit à une apparition divine. Mais Matho la détrompe et lui déclare qu'il l'aime. Salammbô alors, ivre de fureur, repousse le sacrilège. Ses cris attirent les prêtres courroucés, qui veulent se saisir de Matho ; mais celui-ci leur échappe, grâce au voile qui le rend inviolable.
Acte troisième, premier tableau (le Conseil des Anciens dans le sanctuaire du temple de Moloch). Le conseil tient séance pour parer aux événements que présage la disparition du zaïmph. Au milieu du désarroi général et en profitant, Hamilcar paraît et n'a pas de peine à se faire nommer dictateur. — Deuxième tableau (la Terrasse de Salammbô). Seule, mélancolique et pensive au bord de la terrasse qu'éclairent les derniers feux du jour, Salammbô songe au jeune barbare qui tient en ses mains les destinées de sa patrie et que son père s'apprête à combattre. Elle est tirée de sa rêverie par l'arrivée de Shahabarim, qui lui dit qu'elle peut sauver Carthage en s'emparant à son tour du voile qu'un infâme à dérobé. Qu'elle mette ses plus beaux habits, qu'elle se pare comme une jeune épousée, lui-même la conduira à la tente de Matho, et grâce à la puissance de sa beauté elle pourra reconquérir la sainte relique. Salammbô consent.
Acte quatrième, premier tableau (le Camp des Mercenaires). Narr-Havas, celui-là même qui a frappé Matho, vient pour se réconcilier avec lui et lui offre une alliance et le concours de ses guerriers pour combattre les Carthaginois. Matho accepte sans défiance. — Deuxième tableau (la tente de Matho). Salammbô pénètre dans la tente du chef lybien, que sa vue seule fait bondir de joie. Elle lui réclame fièrement le voile sacré, et Matho, subjugué, est près de le lui rendre. Mais lorsqu'il apprend qu'elle retourne à Carthage, Matho se répand contre elle en injures el la repousse durement. Fuis, frappé de sa beauté et de son impassibilité, il s'agenouille • elle en lui demandant pardon. El touchée de son amour, sent qu'elle l'aime à
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son tour, et oubliant tout, se laisse tomber dans ses bras. Tout à coup on entend des clameurs. C'est Narr-Havas, qui a trahi son serment et qui, avec Hamilcar, a surpris le camp des mercenaires. Matho s'arrache aux bras de Salammbô et court au combat. — Troisième tableau (le Champ de bataille). Les Carthaginois ont vaincu, grâce à Narr-Havas, qui, pour prix de sa trahison, a obtenu d'Hamilcar la main de sa fille. Des prisonniers sont amenés, parmi lesquels Matho, blessé, sanglant, et qui sait qu'il va mourir, comme les siens. Non pas comme eux pourtant, car, par un raffinement de cruauté, Hamilcar décide qu'il sera immolé au pied même de l'autel de Tanit, où sera consacrée l'union de Salammbô et de Narr-Havas.