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deuxième tableau : à la Conciergerie, où, dans son cachot, calme et tranquille, elle écrit aux siens, lorsqu'on vient la chercher pour la mener au supplice ; troisième tableau : l'échafaud sur la place de la Liberté ; arrivée de la charrette des condamnés, Charlotte en descend, le bourreau la saisit, la toile tombe...

L'histoire de Charlotte Corday peut- elle fournir un bon livret d'opéra ? Il est permis d'en douter. Le fond est dramatique, assurément ; scénique, peu ; musical, absolument pas. Charlotte est une solitaire, une renfermée, une sorte d'hallucinée, intéressante au point de vue psychologique; mais la psychologie n'est pas du domaine du théâtre. Pour lui prêter un peu d'expansion, l'auteur a été obligé de lui supposer une espèce d'amour cérébral pour Barbaroux,- qu'il fait naître d'ailleurs d'une façon assez singulière. Mais de passion, de passion véritable, il ne peut y en avoir en un tel sujet, et sans la passion il n'est point de théâtre, surtout de théâtre musical. Aussi M. Alexandre Georges, qui n'est point le premier venu, n'a-t-il tiré qu'un parti médiocre du livret qui lui était confié. Ancien élève et aujourd'hui professeur de l'excellente École de musique classique, organiste de l'église de Saint- Vincent-de-Paul, M.Alexandre Georges a déjà beaucoup écrit : un opéracomique, le Printemps; un drame sacré, le Chemin de la croix; un oratorio, Notre-Dame de Lourdes; une saynète antique, Myrrha; sans compter le reste. M. Alexandre Georges a de la grâce, de la tendresse, il paraît manquer de force et de puissance, et son orchestre marque encore une certaine inexpérience dans l'art d'accoupler les timbres et les sonorités. Possède-t-il les qualités de vigueur nécessaires au grand drame lyrique? Ne serait-il pas plus apte à traiter certains sujets d'opéra-comique? Diverses pages de sa partition sembleraient le donner à croire, surtout les scènes entre Charlotte et Barbaroux. Chez lui le mouvement n'est pas toujours spontané, et semble déceler l'effort, comme le tableau pittoresque et vivant du Palais-Koyal. Au reste, si son œuvre est inégale, la faute en est beaucoup au poème dont il s'était chargé. Elle n'en reste pas moins celle d'un artiste instruit, distingué, qui sera sans doute plus complètement heureux le jour où il rencontrera un sujet convenant à ses facultés. Interprètes : M"»' Georgeue Leblanc (Charlotte), Sylvain (M0" de Bretteville),Dulac (Simonne Evrard), MM. Cazeneuvo i,L'.arbaroux',Dangès(Marai j i dict le comte de Lux).

* CHARME DE LA STEPPE (le) [Haidezauber], fable lyrique, paroles de M. Morny, musique de M. Saver, représentée au théâtre municipal de Rostock le 26 mars 1900. .

* CHASSE AU BONHEUR (la) [Die Jagd nach dem Glûcke], action théâtrale, paroles, de M. Weiss, musique de M. Fall, représentée à Berlin le 1" février 1900.

* CHASSE LIBRE (la) [Die Freijagd], opéra, musique de M. Cari Hopfe, représenté à Barmen, au théâtre municipal, le 8 février 1898. Le compositeur, âgé seulement de vingt-quatre ans, était alors chef d'orchestre à Remscheid.

* CHAT ET LE chérubin (le), drame de M. Chester Bailey Fernald, avec musique de scène de M. E.-S. Kelly, représenté au Lyric- Théâtre de Londres en novembre 1897, après avoir été joué d'abord à New- York.

* CHAT ET SOURIS [Katze und Alaus], opérette, paroles de MM. Ferdinand Gross et Victor Léon, musique de M. Johann Strauss III", représentée à Vienne, sur le théâtre An der Wien, le 23 décembre 1898. Le compositeur continuait ainsi la dynastie musicale des Strauss de Vienne, qui date déjà d'un siècle; il est le petit-fils de Johann Strauss 1er, le fils d'Edouard Strauss et le neveu de Johann Strauss IIe. C'est pourtant, dit-on, contre le gré de sa famille qu'il est entré à son tour dans la carrière artistique, abandonnant pour elle celle de fonctionnaire au ministère de l'Instruction publique. Le livret mis en musique par lui pour son début à la scène était tiré d'une comédie célèbre de Scribe et de M. Ernest Legouvé, Bataille de daynes.

*CHÂTEAU DE KŒNIGSBURG (LE), légende

alsacienne en trois actes, paroles d'Armand Silvestre, musique de M. Francis Thomé, représentée le 22 avril 1896.

* chatterton , opéra sérieux en trois actes, tiré du drame d'Alfred de Vigny, paroles et musique de M. Rug^ero Leoncavallo, représenté au théâtre National de Rome le 10 mars 1896, et froidement accueilli par le public.

* chavala ( la ) , zarzucla, paroles de M. Fernand Shaw, musique de M. Uuperto Chapi, représentée au théâtre Apolo de Madrid le 28 octobre 1898.

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